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La structure des revenus des plus de 65 ans dans le monde 12/11/2019

Les faibles taux d'intérêt et le vieillissement de la population exercent des pressions sur les systèmes de retraite des pays de l'OCDE. Des réformes sont nécessaires car le rapport entre le nombre de personnes âgées de plus de 65 et la population en âge de travailler augmente. Comme au Japon, le niveau faible des prestations de retraite pourrait inciter les seniors à continuer à travailler après 65 ans. Toutefois, il existe un risque qu’ils soient plus nombreux à passer sous le seuil de pauvreté, à 50% du revenu médian.

TRANSCRIPT // La structure des revenus des plus de 65 ans dans le monde : novembre 2019

François Doux

Dans le Graphique du mois, on va parler des retraites et du profil de revenus des plus de 65 ans.

Raymond Van Der Putten, bonjour.

Raymond Van Der Putten

Bonjour.

François Doux

Quels sont sur ce graphique les différents types de revenus des plus de 65 ans ?

Raymond Van Der Putten

Le revenu des seniors provient d'abord des retraites de l'Etat, c'est la barre bleue, puis des caisses professionnelles, en vert. Ils perçoivent aussi des revenus de leurs investissements, en orange, et du travail, en rouge.

François Doux

Ceux qui continuent à travailler sont des indépendants.
Vous avez classé des pays selon quelles règles ? Du côté droit, du côté gauche du graphique ?

Raymond Van Der Putten

Ils sont ordonnés selon l'importance de leur système d'Etat. Côté gauche, ce sont des pays où ce système est le seul système de retraites. C'est surtout le cas dans la zone euro. Côté droit, on a la retraite de base de l'Etat, plus une retraite complémentaire des caisses professionnelles. On le retrouve dans les pays anglo-saxons et aux Pays bas.

François Doux

Ces deux systèmes présentent des problèmes de viabilité à long terme, pourquoi ?

Raymond Van Der Putten

Actuellement, les fonds de retraite professionnelle sont un peu malmenés par des taux d'intérêt assez bas. Il sera très difficile pour eux de générer suffisamment de recettes à l'avenir et cela les obligent à augmenter les contributions.

Côté gauche, les problèmes vont se jouer dans les dix ans à venir. Actuellement nous avons trois personnes en âge de travailler pour un retraité, et dans dix ans ce ne sera plus que deux personnes. Si on veut garder le  même niveau de prestation, il faudrait augmenter les cotisations de 50% or ce n'est pas réaliste.

François Doux

Et donc, quelles sont les solutions pour résoudre ces problèmes ?

Raymond Van Der Putten

Il n'y a pas mille solutions. Pour garder les cotisations et les prestations au même niveau, il faut augmenter l'âge de départ à la retraite. Quelques pays ont déjà commencé comme les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Italie.

La France veut garder l'âge minimum de départ à la retraite, mais elle va mettre en place des incitations pour que les gens travaillent beaucoup plus longtemps. Ce qui est peut-être intéressant, c'est l'exemple du Japon où il y a déjà deux travailleurs pour un retraité. Les dépenses de retraite sont autour de 15% du PIB, ce qui est comparable avec la France.

Quel est le secret des Japonais ? Les prestations sont très basses, ce qui incite les seniors à travailler après l'âge de la retraite. En moyenne, 40 % des revenus des retraités viennent de leur travail, contre moins de 5% en France.

François Doux

Pour conclure, Raymond Van Der Putten, sur l'échelle de droite on a le risque de pauvreté pour les plus de 65 ans. On voit qu'en France, on est sur le haut donc ce risque est faible. Et au Japon, dont vous venez de nous parler, le risque est élevé.

Raymond Van Der Putten

Oui. Et c'est le danger. Avec la réforme des retraites, les gens commencent à travailler plus. Dans ce cas, la colonne rouge devient beaucoup plus grande. Et l'on voit dans le graphique que là où il y a beaucoup de rouge, le risque de pauvreté est aussi le plus élevé.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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