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Perspectives 2020: croissance faible mais avec un potentiel de surprise favorable 10/01/2020

Pour l’économie mondiale, l’année 2019 a été marquée par, entre autres, un fort ralentissement dans le secteur manufacturier, une résilience dans les services et, récemment, une stabilisation d’indicateurs d’enquête. Tout au long de l’année, l’incertitude a été un thème dominant. L’ensemble de ces facteurs a poussé les banques centrales à de nouveaux assouplissements. Nos prévisions tablent sur une croissance en 2020 qui serait assez lente. Nous estimons toutefois qu’il existe un potentiel de surprise favorable vu l’environnement monétaire et budgétaire accommodant et à condition que l’incertitude, qui a récemment baissé, ne réaugmente pas.

TRANSCRIPT // Perspectives 2020: croissance faible mais avec un potentiel de surprise favorable : janvier 2020

FOCUS

François Doux

De quoi l'année 2020 va-t-elle être faite sur un plan macroéconomique ?

C'est le thème de cette interview avec William De Vijlder. Bonjour.

William De Vijlder

Bonjour François.

François Doux

Vous êtes le chef économiste de BNP Paribas. Avant de parler de 2020, parlons un tout petit peu de 2019. Cela a ralenti, cela s'est stabilisé sur fond d'incertitudes.

William De Vijlder

Tout à fait. C'est le résumé que l'on peut faire de 2019. Une année somme toute difficile. La tendance lourde était le ralentissement. On prend comme indicateur de prédilection l'indice des directeurs d'achat (les PMI),  on le voit ici à l'écran. Le pic a été atteint au niveau européen, la ligne orange, fin 2017 déjà. Depuis lors, cela a été une longue descente.

La bonne nouvelle, bien évidemment, c'est que tout récemment avec un peu de bonne volonté, on peut dire qu'il y a des signes de stabilisation, que l'on voit d'ailleurs aussi dans d'autres indicateurs qui ne sont pas mentionnés à l'écran. L'autre point important est qu'après la tendance baissière vue aux Etats-Unis - en bleu -, au niveau de la Chine et au niveau mondial tout dernièrement il y a même eu une ré-accélération. On l'a clairement vue en Chine, au grand soulagement des investisseurs financiers et aux États-Unis.

François Doux

Mais il y avait de l'incertitude. Les banques centrales ont donc assoupli leurs politiques monétaires.

William De Vijlder

Effectivement. La baisse des indicateurs de confiance au niveau des entreprises a été provoqué entre autres choses par cette incertitude d’un niveau très élevé tout au long de l'année. Cela a forcé la main des banques centrales qui, bien évidemment, étaient préoccupées par ce ralentissement de croissance qui met en péril, ou exclut même, la réalisation de l'objectif d'inflation.

En conséquence, la BCE a assoupli, et surtout il y a eu le grand revirement de tendance de la banque centrale américaine qui a procédé à plusieurs baisses des taux d'intérêt.

François Doux

Parlons de 2020 William. Cette incertitude, est-ce qu'elle devrait s'estomper un petit peu ?

William De Vijlder

J'ai envie de dire qu'on a dépassé le pic mais ce type de commentaires est "entouré" de beaucoup de risques et d'incertitude. Donc l'incertitude du niveau d'incertitude. Ici on voit les acteurs principaux. Disons que je suis moins préoccupé par le manque de visibilité au niveau monétaire, où elle est très grande. En revanche, du côté politique, il y a le Brexit bien sûr, une source d’incertitude qui ne va pas disparaître. Et bien évidemment la perspective des élections américaines. De même que les relations commerciales entre les États-Unis et le reste du monde.

François Doux

On parle aussi, et c'est le sujet d'un podcast des Études Économiques de BNP Paribas, du soutien de la politique budgétaire dans la zone euro et ailleurs, qui revient dans le débat. Est-ce que ça, ce sera aussi un facteur à suivre en 2020 ?

William De Vijlder

Tout à fait. En fait, il y a deux facteurs à suivre.

Le premier, que vous venez d'évoquer, et dont on se félicite, est une prise de conscience en 2019 que la marge de manœuvre au niveau de la politique monétaire est devenue extrêmement restreinte, même du côté américain. C’est ce qui est à la base de cette évaluation en cours du côté de la Réserve fédérale : « qu'est-ce que l'on va faire en termes de politique monétaire : les objectifs, les instruments, la communication ? » Une même initiative va bientôt démarrer du côté de la BCE, c’est un premier développement très important.

L'autre facteur, c'est bien évidemment la redécouverte des mérites à la politique budgétaire qui va être un sujet dominant en 2020.

François Doux

La prudence reste de mise. On a parlé des élections aux États-Unis. On peut aussi parler de l’accélération qui peut se dessiner d’après les PMI que l'on a vus, mais là encore on reste prudent.

William De Vijlder

On reste prudent parce qu'il y a un manque de visibilité. Tout est tellement dominé par la confiance, la psychologie. Par exemple, les directeurs financiers américains restent très circonspects. On est donc un peu dans une situation où on se félicite de cette stabilisation des indicateurs économiques, mais on a hâte de voir qu’elle sera suivie d'une ré-accélération. Bien évidemment, c'est un sujet qui va être dominant dans nos analyses dans les tous prochains mois de 2020.

François Doux

Les agents économiques y croient encore.

William De Vijlder

Effectivement et on en reparlera.

François Doux

Merci William.

Dans un instant, on va parler des conséquences du Brexit sur l'économie britannique et sur l'économie européenne. C’est le Graphique du mois avec Jean-Luc Proutat.

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