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Zone euro : le consensus des économistes table sur une accélération de la croissance. Pour quelles raisons? 11/02/2020

Les contributeurs aux prévisions du consensus de Bloomberg s'attendent à une reprise de la croissance dans la zone euro au cours de cette année. Une prévision médiane plus élevée pour le 4ème trimestre par rapport au 1permet de le constater ; en outre, l’ensemble des prévisions se déplace vers la droite. Ces prévisions s’appuient sur une baisse de l'incertitude, un environnement monétaire très accommodant, le soutien budgétaire mis en place dans certains pays et une amélioration des commandes à l'exportation.

TRANSCRIPT // Zone euro : le consensus des économistes table sur une accélération de la croissance. Pour quelles raisons? : février 2020

LE GRAPHIQUE DU MOIS

Françoix Doux :

Dans le Graphique du mois, nous allons parler de la croissance dans la zone euro.

William De Vijlder bonjour.

William De Vijlder :

Bonjour François.

Françoix Doux :

Vos prévisions, c'est 0,7 % de croissance au premier trimestre et cela accélère 1,1 % de croissance au quatrième trimestre en rythme annuel. Ce sont vos prévisions William. Dans ce graphique, on va s'intéresser aux prévisions des autres économistes, y compris vous. Un sondage de 35 prévisionnistes. Quel est votre analyse de ce graphique ? Eux aussi prévoit une accélération de la croissance dans la zone euro ?

William De Vijlder :

Effectivement. C'est ce qui se dégage de ce graphique. Donc c'est un sondage qui est fait par Bloomberg. La médiane pour le T1 est à 0,9% et pour le T4, elle est à 1,1%. La raison pour laquelle j'ai amené ce graphique, c'est que typiquement on regarde la médiane de la croissance ou la moyenne. Moi, je suis très intéressé par la distribution. Ce qui frappe lorsqu'on regarde plus en détail le graphique, c'est que les bâtonnets bleus montrent donc cette distribution pour le T1. Donc là vous voyez par exemple qu'il y a, tout à fait à gauche, qu'il y a trois prévisionnistes qui tablent sur une croissance de 0,6% et il y en a 11 qui tablent sur 0,90%. Ce qui frappe c'est lorsqu'on compare le T1 en bleu avec le T4 en rouge pointillé, c'est que là, la distribution "s'écrase" et puis elle passe vers la droite.

Cela montre très bien donc qu'il y a cette idée des économistes, que l'économie va plutôt se porter mieux dans la seconde partie de l'année.

Françoix Doux :

Et pourquoi ?

William De Vijlder :

Il y a une conjonction d'éléments. Tout d'abord, il y a cette idée que l'incertitude a quand même baissé. On l'a vu avec l'accord chino-américain, on l'a vu avec le Brexit, premier facteur. Le deuxième facteur, c'est qu'il y a un vrai soutien qui vient de l'environnement monétaire avec des taux extrêmement bas. Les marchés financiers qui se comportent bien, ce qui implique des conditions de financement très bonnes pour les entreprises. Il y a également un certain soutien budgétaire et un autre facteur qui est extrêmement important, c'est qu'on voit un certain mieux du côté des exploitations où les carnets de commandes commencent à s'améliorer aussi. Donc c'est un mouvement qui est plutôt mondial, qui est plutôt global, mais sachant que l'économie européenne est très ouverte, bien évidemment elle en bénéficiera plus que d'autres pays.

En conséquence, on a donc ces prévisions d'une économie qui se portera mieux au second semestre.

Françoix Doux :

0,7% au premier trimestre et 1,1% dans la médiane pour le T4.

Dernière question. Aux États-Unis, la configuration est la même ?

William De Vijlder :

Oui et non. Oui dans le sens ou là encore, on a quand même la majorité de prévisionnistes qui tablent sur une croissance qui se porterait mieux au second semestre, pour des raisons qui sont largement similaires,avec les facteurs qui s'appliquent au niveau de la zone euro.

En revanche la partie gauche, la queue à gauche se rallonge aussi et ça c'est très important. Il y a effectivement 4 contributeurs sur un échantillon de 75 contributeurs au consensus qui tablent sur une récession au T4 2020. Ce n'est pas du tout notre scénario, mais quand même cela illustre l'utilité de regarder ce type de graphique.

Françoix Doux :

Les jeux sont ouverts. Merci William De Vijlder. Dans un instant on part en Afrique, avec Stéphane Alby pour parler de la fin du franc CFA dans huit pays, remplacé par l'ECO.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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