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Équipe Économies émergentes

26/01/2022

L'équipe en charge des pays émergents vous présente ses sujets d'attention pour 2022. Toute l'année vous pourrez lire, écouter et regarder les publications de ses économistes sur des pays comme la Chine, le Brésil, l'Égypte, l'Inde ou la Russie.

TRANSCRIPT // Équipe Économies émergentes : janvier 2022

Économies émergentes

François Faure, Pays émergents : Pour les pays émergents, l’année 2021 s’est terminée sur une balance perspectives/risques détériorée avec le ralentissement et crise du secteur immobilier en chine, les pénuries dans l’industrie, l’accélération générale de l’inflation au-delà de l’effet prix matières premières, le durcissement des politiques monétaires et les tensions géopolitiques. Pour 2022, il faut s’attendre au mieux à un ralentissement de la croissance plus important que prévu, au pire à de l’instabilité sociale.

 

Christine Peltier, Chine : En Chine, les autorités renforcent leur soutien monétaire et budgétaire suite au ralentissement marqué de la croissance au S2 2021. La demande intérieure devrait s’en trouver aidée à très CT. Néanmoins la correction sur le marché immobilier devrait se poursuivre. La performance du secteur exportateur devrait quant à elle rester solide.

En 2022, le défi pour Pékin sera d’améliorer la coordination entre mesures de politique économique, durcissement réglementaire dans les services et assainissement des pratiques financières. Son objectif est de continuer à ajuster le modèle économique pour le rendre plus ‘soutenable’ et pour construire une société plus ‘égalitaire’, tout en contenant les risques baissiers sur la croissance.

 

Pascal Devaux, Égypte & Pays du Golfe : En Égypte, des tensions pourraient apparaitre sur la liquidité en devises. En 2022, on s’attend à une aggravation du déficit courant et à une hausse du coût de l’endettement extérieur.

Dans le Golfe, dans un contexte de niveau soutenu des prix du pétrole, la volonté des gouvernements de poursuivre les réformes budgétaires sera testée. C’est un élément déterminant de la diversification de ces économies.

 

Salim Hammad, Brésil : L’environnement économique au Brésil en 2022 devrait allier une activité qui stagne et une inflation qui perdure même si celle-ci devrait ralentir. On devrait continuer d’assister à une course contre la montre en matière de resserrement monétaire - d’autant que la remontée anticipée des taux aux États-Unis devrait faire baisser la monnaie et peser sur l’inflation.  Sur le plan politique, le point d’attention sera évidemment les élections générales en octobre.  On devrait assister à une élection très clivante, marquée par des retournements judiciaires et une mise à l’épreuve continue des institutions brésiliennes. L’entame du cycle électoral va fortement ralentir le programme de réformes et davantage accentuer la volatilité sur les marchés financiers.

 

Hélène Drouot, Mexique : Au Mexique, les faiblesses structurelles de l’économie (montée du risque politique, faiblesse de l’investissement et baisse du potentiel de croissance) ont été exacerbées par la crise et ont lourdement pesé sur la reprise en 2021, et continueront en 2022. Nous surveillerons cette année l’évolution finances publiques, qui se dégradent malgré un soutien à l’économie très limité au cours de deux dernières années. Nous surveillerons également l’augmentation de la dette contingente liée à compagnie nationale de pétrole, PEMEX.

 

François Faure, Turquie & Russie : En Europe, la Turquie restera la principale inconnue. La politique monétaire et de change qui privilégie la croissance par les exportations au prix d’une forte instabilité financière peut en effet faire basculer le pays dans la stagflation et entamer la solvabilité des entreprises endettées en devises.

La Russie sera l’autre point d’attention en raison des tensions géopolitiques et la menace de sanctions économiques. Le potentiel de croissance de l’économie russe est déjà contraint par des investissements privés structurellement bas. De plus, l’inflation élevée pourraient conduire le gouvernement à privilégier les dépenses sociales au détriment des dépenses de développement.

 

Christine Peltier, Inde : En Inde, le début d’année sera marqué par des élections régionales, notamment dans l’État le plus peuplé, l’Uttar Pradesh. La mise en place de réformes clés adoptées à l’automne 2020 devrait se poursuivre, notamment celle du marché du travail, à moins que le gouvernement ne fasse marche arrière comme il l’a déjà fait pour la réforme agricole.

Nous surveillerons l’inflation, dont la hausse pourrait peser sur la demande intérieure et générer un durcissement monétaire, alors même que les mesures de soutien aux ménages et aux entreprises les plus fragiles arriveront à leur terme. Nous suivrons également de près l’évolution des finances publiques indiennes.

 

Pascal Devaux, Afrique sub-saharienne : En Afrique sub-saharienne, en 2022, nous surveillerons de près le rythme de vaccination qui demeure nettement insuffisant ainsi que l’émergence de possible tensions financières. Après 2 années de crise qui ont durement éprouvées les finances publiques de la plupart des États Africains, la réaction de la communauté internationale sera une nouvelle fois décisive. L’accélération de l’inflation sur la deuxième partie de 2021 inquiète également. De ces trois grands facteurs dépendra essentiellement la reprise de l’activité, qui après un net rebond l’an dernier en dehors des grandes économies africaines, pourrait décrocher par rapport à la tendance pré-pandémie...

 

Conclusion – William De Vijlder : Les points à retenir dans nos perspectives pour 2022 seront le rôle clé joué par la perturbation de l’offre – qui devrait s’atténuer graduellement –, et la façon dont celle-ci influe sur les perspectives d’inflation et la croissance des salaires. Cela orientera à son tour les décisions prises par les banques centrales ; le ton a déjà été donné par la Réserve fédérale, qui devrait relever ses taux directeurs à plusieurs reprises cette année. Par conséquent, d’après l’expérience passée, on peut s’attendre à ce que la volatilité des marchés financiers augmente. Cette question sera suivie de près dans les économies émergentes, compte tenu de l’influence possible sur les flux de capitaux

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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