eco TV

EcoTV – Novembre 2020

13/11/2020

TRANSCRIPT // EcoTV – Novembre 2020 : novembre 2020

Bonjour à tous et bienvenue dans cette édition de novembre 2020 d'EcoTV, le magazine des économistes de BNP Paribas. Au sommaire de cette édition, un contexte sanitaire qui pèse sur les incertitudes notamment. On verra cela en début d'émission avec William De Vijlder. Il va nous parler de la croissance en Europe. Des incertitudes aussi sur le marché des changes avec la livre turque qui atteint un des plus bas historiques face au dollar. Pour terminer, on va parler du budget de la France en 2021. Là aussi beaucoup d'incertitudes. Hélène Baudchon nous détaillera les prévisions en Trois questions en fin d'émission.

 

FOCUS

 

FRANÇOIS DOUX

On fait le point à présent sur la conjoncture économique sur fond de crise sanitaire.

William De Vijlder, bonjour.

 

WILLIAM DE VIJLDER

Bonjour François.

 

FRANÇOIS DOUX

Avant de parler des mois à venir, parlons du passé récent, le troisième trimestre de l'année 2020. C'était le trimestre du déconfinement, avec une très belle performance même si elle était attendue.

 

WILLIAM DE VIJLDER

Spectaculaire, cela va entrer dans les annales, tout comme le T2 est entré dans les annales mais pour les mauvaises raisons. Donc effectivement, comme attendu - fantastique - mais maintenant...

 

FRANÇOIS DOUX

On a un rebond effectivement mécanique, avec un trou d'air au deuxième trimestre, et un rebond au troisième trimestre. Le quatrième, vous le percevez comment ?

 

WILLIAM DE VIJLDER

En fait, il y a un sentiment d'essoufflement de la croissance. En conséquence, on regarde à peine le T3 qui est pourtant important. Pourquoi ? Parce qu'il crée un acquis de croissance. La dynamique était tellement forte pendant le trimestre que si l'activité ne devait plus évoluer pendant le T4, il y aura quand même une croissance en glissement trimestriel.

 

FRANÇOIS DOUX

On a beau momentum.

 

WILLIAM DE VIJLDER

On avait un très beau momentum, au moment donc d'entamer le T4.

 

FRANÇOIS DOUX

Et vous, en tant qu'économiste, vous regardez les agents économiques qui consomment, qui investissent pour créer de la croissance. Dans le contexte sanitaire actuel, tout cela est un petit peu remis en question.

 

WILLIAM DE VIJLDER

Pas tout à fait. Il y a déjà quelques indicateurs et enquêtes pour le mois d'octobre qui montrent un essoufflement, notamment au niveau des anticipations. Donc les entreprises deviennent beaucoup plus prudentes dans l'évaluation des anticipations. Bien sûr c’est à mettre en rapport avec la très forte hausse du nombre de nouvelles infections dans beaucoup de pays européens.

Un autre point qui est très important, et que nous regardons comme tout le monde, ce sont les données de haute fréquence. Par exemple la mobilité via Google. Là aussi depuis plusieurs semaines, on voit qu'il y a eu un vrai tassement, voire un fléchissement du trafic, donc c'est très corrélé avec l'activité économique. Donc on est un peu inquiet.

 

FRANÇOIS DOUX

Est-ce que cela veut dire que dans un contexte d'incertitude sanitaire, on remet à demain ou à après-demain les décisions d'achat, d'investissement ? C'est un peu cela qui se passe ?

 

WILLIAM DE VIJLDER

Il y a une distinction à faire : est-ce qu'il s'agit d'achats au quotidien ou est-ce que ce sont de grosses dépenses, des dépenses importantes ?

Pour les dépenses importantes, du côté des ménages beaucoup dépend bien évidemment des perspectives du marché du travail. On a vu pendant le confinement une très forte hausse des craintes de pertes d'emploi. Depuis, cela s'est amélioré mais le niveau reste élevé, donc cette inquiétude reste importante. Avec un T4 qui s'annonce difficile en termes de dynamique économique, il y aura un réflexe plus défensif.

Un autre facteur va jouer : même pour des achats au quotidien, on va être plus prudent parce qu'on se dit « il y a un risque sanitaire et j’y suis plus exposé que par le passé ».

 

FRANÇOIS DOUX

Dernière question. 2021 se présente comment ?

 

WILLIAM DE VIJLDER

Pour le T1 2021, j'ai envie d'être optimiste. On a cette reprise qui est une reprise par à-coups. On l'a vu, le T3 est très important du point de vue de la croissance. Au T4, gros point d'interrogation. Mais tout ceci est dicté par la dynamique des nouvelles infections. Donc avec les mesures prises, on arrivera à faire baisser le nombre de nouvelles infections, ce qui permettra un assouplissement. Et lorsque l'on assouplit, cela provoque un effet de rebond de l'activité. Donc j'ai vraiment envie de dire que c'est ce que l'on verra au T1. Mais cette reprise par à-coups a un très gros inconvénient : sa visibilité dans la durée est assez réduite, et ce facteur va freiner l'investissement des entreprises. Donc, au final, tout le monde attend le vaccin avec une impatience grandissante, parce que cela va complètement changer la donne. En attendant, il faut plutôt retenir l’idée d'une reprise par à-coups.

 

FRANÇOIS DOUX

En tout cas, les autorités tant politiques qu'économiques et monétaires sont toujours très réactives. C’est aussi un facteur qui penche pour un peu plus de confiance.

 

WILLIAM DE VIJLDER

Tout à fait. Il y a le soutien monétaire, le soutien budgétaire, toutes les mesures déjà prises au niveau des pays individuellement, et au niveau européen. Les Américains aussi se préparent maintenant à sortir un nouveau plan de relance. Et n'oublions pas que la Chine est un partenaire commercial important pour beaucoup de pays européens. C'est vraiment le seul pays qui a réussi sa reprise en "V" et c'est un élément de dynamique pour les exportations, et notamment celles des pays européens.

 

FRANÇOIS DOUX

Une lueur d'espoir quand même William De Vijlder. Dans un instant, Le graphique du mois sur la livre turque qui a beaucoup souffert face au dollar. On est avec Stéphane Colliac.

 

LE GRAPHIQUE DU MOIS

 

FRANÇOIS DOUX

On parle à présent dans Le graphique du mois, du marché des changes et plus spécifiquement de la livre turque face au dollar. Une livre qui ne cesse de se déprécier. À la fin du mois d'octobre, on a touché les plus bas historiques, à 8 livres pour un dollar.

Stéphane Colliac, bonjour.

 

STÉPHANE COLLIAC

Bonjour.

 

FRANÇOIS DOUX

Pourquoi cette baisse depuis plusieurs mois de la livre turque face au dollar ?

 

STÉPHANE COLLIAC

Oui et c'est même une baisse depuis plusieurs années qui ne fait que se prolonger.

Ce que l'on observe, c'est que le pays a un déficit extérieur structurel qui s'était un peu réduit en 2019 mais qui "grosso modo" est structurel et qui est réapparu fortement en 2020. Donc ce déficit extérieur est la première des causes, puisque ce sont autant de devises qui sortent du pays plutôt qu'elles n'y rentrent. Le fait que l'on ait des flux de capitaux qui ne financent pas totalement depuis quelques années est un élément qui s'ajoute. Et puis, il y a les écarts d'inflation que l'on constate.

 

FRANÇOIS DOUX

Il y a plus de 12% d'inflation, c'est ça en Turquie.

 

STÉPHANE COLLIAC

À peu près 12%. Ces écarts d'inflation sont, eux aussi, structurels donc ils militent pour une dépréciation de la livre vis-à-vis du dollar.

 

 

FRANÇOIS DOUX

Et on voit sur le graphique, en 2018, une forte baisse. Cela s'est un petit peu calmé, qu'est-ce qui s'est passé ?

 

STÉPHANE COLLIAC

C'est une crise de change. Les États-Unis ont resserré leur politique monétaire. Tous les pays émergents qui avaient des déséquilibres d'inflation, de déficit extérieur ou de budget ont été moins bien traités que les autres. S'ils ne resserraient pas assez leur politique monétaire, ils subissaient des pressions de change, d'où cette crise de change en 2018.

 

FRANÇOIS DOUX

La politique monétaire justement. On a une décision de la Banque centrale turque fin octobre qui n'a pas forcément plu aux marchés.

 

STÉPHANE COLLIAC

Pas vraiment. En fait, au mois de mars 2020, lorsque le Covid s'est déclenché, on a eu une baisse de taux directeurs tout à fait normale puisqu'il fallait soutenir l'économie. Toutefois l'inflation qui était autour des 12% en mars 2020 n'a pas baissé par la suite et donc cette politique monétaire est devenue très accommodante, d'autant plus que l'économie est repartie en parallèle. Cela a fait s'accroître les pressions à la dépréciation sur la livre. Et donc en septembre, il y a eu un début de resserrement monétaire. On s'attendait à ce qu'en octobre cela se poursuive et, en fait, ça n'a pas vraiment été fait.

Un taux un peu annexe a été relevé mais pas le taux principal, d'où la déception et d'où le fait que l'on ait cassé le seuil des 8 livres par dollar.

 

FRANÇOIS DOUX

Parlons des conséquences de cette faiblesse de la livre turque. En termes d'image forcément ce n'est pas terrible, mais en termes économiques il y a des bons côtés ?

 

STÉPHANE COLLIAC

Oui, c'est vrai en termes d'image quand on voit une devise qui se déprécie même pour les Turcs en eux-mêmes, c'est une promesse d'inflation par la suite, puisqu'on sait que cela se transmet de l'un à l'autre. Maintenant, c'est aussi le signe que les déséquilibres qui sont derrière ne disparaissent pas. Cela va dans le volet négatif des choses. Le déficit extérieur s'est maintenu avec la baisse des recettes touristiques, par exemple. Mais c'est vrai qu'en parallèle, un taux de change qui se déprécie, c'est la compétitivité qui s'améliore.

En 2021, par exemple, si, espérons-le, on est sorti du Covid, à ce moment-là on va réfléchir où on va aller en vacances. Peut-être ira-t-on en Turquie parce que cela ne sera pas cher ?

 

FRANÇOIS DOUX

Effectivement et puis les exportations turques, elles sont moins élevées. Pour terminer, parlons des mois à venir. Quels indicateurs allez-vous regarder en tant qu'économiste pour anticiper un glissement continu ou pas de la livre turque ?

 

STÉPHANE COLLIAC

Ces indicateurs sont assez simples. Le solde extérieur, donc la balance commerciale, se dégrade ou pas ? L'inflation, on n'en voudrait un peu moins. Et puis les réserves de change de la banque centrale, parce que c'est ce qui permet d'intervenir pour défendre la devise.

 

FRANÇOIS DOUX

Stéphane Colliac, merci. Dans un instant, Trois questions sur le budget de la France en 2021 avec Hélène Baudchon.

 

 

3 QUESTIONS

 

FRANÇOIS DOUX

Trois questions sur le déficit budgétaire de la France. Pour vous donner un ordre d'idée en 2019, on a eu 3% de déficit. En 2020, le gouvernement s'attend à 10,2% de déficit et sur 2021 on devrait être à 6,7%.

Hélène Baudchon, bonjour.

 

HÉLÈNE BAUDCHON

Bonjour.

 

FRANÇOIS DOUX

Première question. Que vous inspirent ces chiffres énormes ?

 

HÉLÈNE BAUDCHON

Le fait est qu'ils donnent une bonne première idée du caractère hors norme de ce budget 2021 qui porte tout de même la double trace du choc récessif massif provoqué par la pandémie de Covid-19 et de la réponse budgétaire apportée, également massive, tant pour soutenir la reprise que pour amortir la crise.

 

FRANÇOIS DOUX

Et derrière ces chiffres, qu'est-ce qu'il faut retenir ?

 

HÉLÈNE BAUDCHON

Il y a un certain nombre de détails intéressants. En 2020, la détérioration très importante du déficit est essentiellement due à celle du déficit conjoncturel, liée au plongeon de l'activité.

Vous avez aussi un effet négatif des mesures d'urgence prises au printemps pour faire face au choc du confinement, qui sont comptées en mesures ponctuelles et temporaires, ce qu'on appelle les « one-offs ». Mais cet effet négatif est en partie contrebalancé par une amélioration du déficit structurel pour des raisons techniques sur lesquelles je passe.

En 2021, vous avez un schéma un peu en miroir. L'amélioration du déficit est quasi intégralement due à l'amélioration du solde conjoncturel, grâce au rebond attendu de la croissance, tandis que la diminution des one-offs et le creusement du déficit structurel (sous l'effet du plan de relance) se neutralisent à peu près.

 

FRANÇOIS DOUX

Alors justement, deuxième question.

Ce fameux plan de relance : France Relance. Qu'est-ce qui se cache derrière ?

 

HÉLÈNE BAUDCHON

Les grandes lignes sont de trois types. Tout d'abord, il se caractérise par ses objectifs, qui sont ambitieux, puisqu'ils visent, à la fois, à soutenir la croissance à court terme (avec en ligne de mire un retour du PIB à son niveau d'avant-crise en 2022). Ce qui est un horizon assez court. Il vise également à soutenir la croissance à long terme (avec pour objectif de « construire aujourd'hui la France de 2030 »).

Un autre marqueur de ce plan, ce sont ses trois piliers : l'écologie, la compétitivité et la cohésion et la répartition du montant total du plan (100 milliards d'euros sur 2020-2022) en trois enveloppes à peu près égales sur chacun de ces trois piliers.

 

FRANÇOIS DOUX

Et la troisième caractéristique de ce plan ?

 

HÉLÈNE BAUDCHON

Il y a effectivement une troisième caractéristique. Il se définit aussi par l'accent mis sur les mesures d'offre plus que sur les mesures de demande. Sauf que cet accent est pour partie apparent car un certain nombre de mesures (notamment le chômage partiel et la rénovation énergétique) sont autant des mesures d'offre que de demande, des mesures de soutien aux entreprises qu'aux ménages, du court terme que du long terme.

 

FRANÇOIS DOUX

En parlant du court terme, quels vont être les impacts, et c'est ma dernière question, de ce plan de relance sur la croissance en 2021 ?

 

HÉLÈNE BAUDCHON

C'est toute la question. Il est certain que ce plan de relance aura un effet positif sur la croissance. Ce sont l'ampleur et la rapidité de cet effet qui sont incertaines. En prévoyant une croissance de 8% en 2021, le gouvernement se montre "volontariste", ce qui est compréhensible. Derrière ce chiffre, il estime à 1,1 point le surcroît de croissance grâce au plan de relance en 2021. Et ce surplus de croissance proviendrait pour 80% du volet demande, qui est lui-même constitué des mesures de soutien aux ménages et des mesures de dépenses et d'investissements publics. Les mesures d'offre (innovation, compétences, fiscalité des entreprises) prendraient le relais à partir de 2023 et ajouteraient à long terme environ 1 point à la croissance française. Donc les effets attendus sont importants, il faut bien sûr espérer qu'ils seront au rendez-vous.

 

FRANÇOIS DOUX

Et bien sûr, tout cela reste sujet aux évolutions sanitaires. Je rappelle qu'on a eu quatre lois de finances rectificatives en 2020, donc on verra ce qui se passera en 2021. Merci Hélène Baudchon pour ce point.

On se retrouve dans un mois pour un nouveau numéro d'EcoTV.

Voir plus de vidéos Eco TV

Sur le même thème

Monnaie numérique de banque centrale : de quoi parle-t-on ? 10/06/2021
  Alors que les banques centrales réfléchissent à l’opportunité d’introduire leur propre monnaie numérique pour contrer les crypto-actifs privés, les conséquences de ces dernières sur le financement de l’économie et la transmission de la politique monétaire dépendront étroitement de leurs caractéristiques.
La zombification des économies 18/05/2021
Le sujet de la zombification des économies n’est pas nouveau mais la crise du Covid-19 l’a remis à l'ordre du jour. La crise sanitaire pourrait en effet entraîner une hausse du nombre des entreprises zombies, ce qui ravive les inquiétudes relatives à ce phénomène. Nous présentons ici un sketchnote qui en résume les principaux enjeux.   Pour aller plus loin :  Voir la série de podcasts : Entreprises zombies : qui sont-elles, où sont-elles ? (bnpparibas.com) Voir l'article de Conjoncture : Europe : Covid-19 et zombification accélérée | Etudes Economiques-BNPParibas
Conjoncture économique : un sentiment de printemps 09/04/2021
Les statistiques économiques de ces premiers mois sont meilleures que prévu, y compris au Japon et dans la zone euro. Cette embellie gagne, en outre, toujours plus de secteurs. Comme le montrent les enquêtes de conjoncture, les chefs d’entreprise ont de plus en plus le sentiment de commencer à « voir le bout du tunnel ».
Les turbulences du marché obligataire : causes et conséquences 11/03/2021
Ces derniers mois, les rendements des Treasuries se sont envolés sous l’effet de l’augmentation des anticipations d’inflation. Plus récemment, cependant, la hausse des taux réels a été le principal facteur de la poussée des taux américains, une hausse qui s’explique, à son tour, par la perspective d’une nouvelle relance budgétaire massive.
La remontée des rendements obligataires implique-t-elle un contrôle de la courbe des taux ? 05/03/2021
Aux États-Unis, la perspective d’une nouvelle relance budgétaire massive sur fond de campagne de vaccination rapide a récemment entraîné une hausse significative des rendements des Treasuries. 
La migration du risque en 2021 15/01/2021
Le risque et l’incertitude ne disparaissent jamais mais leur nature, leur intensité et les conséquences économiques évoluent au fil du temps. 2021 devrait en être la parfaite illustration.
Vaccination lente ou rapide : quelle différence pour l’économie ? 07/01/2021
L’introduction d’un vaccin permettra à l’économie mondiale de faire la transition d’une reprise par à-coups avec une succession de vagues de confinement et déconfinement, vers une dynamique de croissance plus pérenne. Un facteur important est la baisse progressive de l’incertitude qui poussera les ménages à dépenser plus et les entreprises à recommencer à investir. Plus vite qu’on atteint le stade de l’immunité collective, plus forte devrait être cette dynamique économique. 
Édition spéciale – 2021 : espoirs et défis 05/01/2021
2021 est l'année de l'espoir porté par les vaccinations. L'incertitude sanitaire et économique devrait significativement baisser et une meilleure visibilité devrait soutenir la confiance des ménages et entreprises et donc la croissance de l'activité. C'est aussi une année d'espoir pour le climat grâce aux initiatives européennes et à la perspective d'un changement de cap de la politique américaine. Avec ces espoirs viennent des défis. Comment gérer l'endettement public ? Comment vont réagir les marchés financiers si la croissance devait surprendre favorablement ?
2020 : début d’une ère nouvelle 18/12/2020
D’un point de vue économique, l’année 2020 restera dans l’histoire pour des raisons évidentes – les conséquences de la pandémie de Covid-19 – mais aussi parce qu’elle marque le début d’une ère nouvelle.
Le bilan économique de 2020 : l’agilité pour faire face au choc Covid-19 11/12/2020
La pandémie de Covid-19 constitue un choc exogène pour l’économie mondiale aux proportions inédites depuis plusieurs décennies. La réaction a été vive et agile. Les banques centrales ont assoupli leur politique monétaire et injecté des liquidités, tandis que les gouvernements ont mis de côté la prudence budgétaire et utilisé leurs finances publiques pour apporter un soutien indispensable à l’économie. Ces mesures ont contribué à atténuer le choc de la pandémie. Les entreprises ont également joué un rôle important par l’agilité avec laquelle elles ont su adapter leurs modèles de production et/ou de distribution pour faire face à la rupture des chaînes d’approvisionnement ainsi qu’à l’impact des restrictions sur les ventes, mais aussi autoriser le télétravail pour une bonne partie de leur personnel. Plus important encore, la mise au point d’un vaccin est porteuse d’espoir au terme de cette année si difficile et éprouvante. La vaccination devrait conduire à une reprise économique durable même si des questions demeurent quant à l’impact potentiel de la pandémie à plus long terme sur le chômage et l’endettement du secteur des entreprises comme du secteur public.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2730 articles et 721 vidéos