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Politique monétaire de la BCE : une approche plus prudente

25/01/2019

Selon la BCE, les risques qui pèsent sur la croissance économique en zone euro progressent, mais aucune décision nouvelle n'a été actée.

Louis BOISSET

TRANSCRIPT // Politique monétaire de la BCE : une approche plus prudente : janvier 2019

Le Conseil des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne s’est réuni jeudi dernier. Peu de nouveautés étaient à attendre, la réunion était destinée à corriger l’appréciation du risque de la BCE, comme rappelé par le Président. Pour rappel, d’importantes décisions avaient été actées lors de la réunion de décembre dernier, notamment la fin des achats nets d’actifs dans le cadre de son Quantitative Easing et le réinvestissement des titres arrivant à maturité.

 

Quels sont les principaux points à retenir de la réunion de jeudi ?

Un discours plus prudent. Le Conseil a acté la faiblesse des derniers signaux conjoncturels concernant l’activité économique en zone euro. Jusqu’ici globalement équilibrés, les risques entourant le scénario de croissance en zone euro sont donc désormais orientés à la baisse. En cause notamment, la persistance des incertitudes sur le plan géopolitique et les pressions protectionnistes. La prudence est donc mise, du côté de la BCE comme du côté des investisseurs.

De fait, ces derniers sont de plus en plus nombreux à anticiper une hausse de taux qu’en 2020.

Le Conseil a adopté une approche pragmatique. Certaines causes du ralentissement peuvent être temporaires, et certains risques pourraient ou non se matérialiser La déviation du sentier de normalisation monétaire dépendra donc de la publication de nouvelles données.

 

Quels sont donc les indicateurs à suivre d’ici à la prochaine réunion de Mars ?

Le Conseil des gouverneurs reste confiant concernant la convergence de l’inflation vers sa cible de 2%. Mario Draghi a indiqué que la transmission de l’accélération observée des salaires vers la dynamique sous-jacente des prix peut prendre du temps.

C’est cette dynamique des prix qui sera déterminante et qui dépendra en effet de plusieurs facteurs macroéconomiques, notamment la dynamique des coûts salariaux unitaires et de l’évolution des marges des entreprises.

 

Si la détérioration de l’activité économique persistait, la BCE pourrait réactiver les différents instruments monétaires de sa boîte à outil, notamment ses prêts à long terme. Bien que Mario Draghi en fasse mention, et indique que les discussions sont sur la table du Conseil des gouverneurs, les décisions sur ce sujet sont repoussées à plus tard.

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