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États-Unis : des raisons de faire la fête ?

05/07/2019

Il y a eu, cette semaine, deux raisons de se réjouir aux États-Unis, avec, tout d’abord, la célébration du 4 juillet et, ensuite, le début du 121e mois d’expansion économique, la plus longue de l’histoire américaine.

William DE VIJLDER

TRANSCRIPT // États-Unis : des raisons de faire la fête ? : juillet 2019

Il y a eu, cette semaine, deux raisons de se réjouir aux États-Unis, avec, tout d’abord, la célébration du 4 juillet et, ensuite, le début du 121e mois d’expansion économique, la plus longue de l’histoire américaine. Dans le premier cas, il s’agit d’un événement festif par excellence, mais pour ce qui est de l’économie, on peut se demander s’il y a toujours des raisons de se réjouir. Cela dépend de la perspective dans laquelle on se place. Devant le chemin parcouru depuis la dernière crise, les Américains ont, certes, de bonnes raisons de déboucher une bouteille : l’économie américaine traverse une période faste?! Mais, à y regarder de plus près, les signes de faiblesse s’accumulent. Ils sont, pour une bonne part, dus à des facteurs extérieurs : la croissance mondiale marque le pas et le coût des confrontations commerciales se fait de plus en plus sentir.

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D’une manière générale, au bout de quelques années, les cycles américains sont marqués par une hausse du taux officiel qui, en conséquence, atteint un niveau élevé en termes réels. Ceci influence les marchés financiers et pèse sur la croissance. Dans le cycle actuel, le taux réel a atteint son pic à un niveau faible et a depuis lors baissé, suite aux assouplissements de la Réserve fédérale.
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Rendements obligataires et marchés actions : les raisons de la récente hausse 15/11/2019
Ces dernières semaines, les marchés actions ont affiché de solides performances. Aux États-Unis en particulier, il est difficile d’y voir une amélioration des anticipations de bénéfices ou la perspective de baisses du taux officiel supérieures aux anticipations. L’évolution des marchés actions serait, alors, principalement due au repli de la prime de risque demandée. Les rendements des Treasuries ont aussi bondi, ce qui serait largement imputable à l’augmentation de la prime de terme. La diminution de la prime de risque actions et la hausse de la prime de terme obligataire ont la même origine : la réduction du risque de perte économique extrême (tail risk), suite aux progrès des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine et à la stabilisation de certaines données d’enquête. La moindre probabilité d’évolutions économiques très négatives a dopé les marchés actions et réduit l’attrait des obligations comme couverture face au risque inhérent aux actions. Résultat : les rendements obligataires ont évolué à la hausse en synchronie avec les marchés actions.
Une progressivité accrue de la réglementation bancaire américaine 04/11/2019
Le 10 octobre dernier, les régulateurs bancaires américains relevaient les seuils d’application des exigences de capital et de liquidité imposées aux grandes banques. Si le nouveau cadre ne modifie pas les exigences prudentielles des huit principaux groupes bancaires, il allège en revanche celui des grandes banques régionales. Le nombre de banques soumises à la contrainte de liquidité bâloise LCR va être réduit et la définition des fonds propres durs sera en partie assouplie. De manière générale, les règles finalisées au cours des deux derniers mois vont sensiblement resserrer le périmètre d’application de Bâle 3 aux Etats-Unis. Compte tenu des inquiétudes suscitées par la dynamique du crédit sur certains segments et de la poursuite du ralentissement américain, ce mouvement de déréglementation interpelle.
Halloween, la peur et l’économie 31/10/2019
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Un outil de gonflement des réserves à portée de main 23/10/2019
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La contraction des échanges mondiaux, aggravée par l’offensive tarifaire du président Trump, rattrape les Etats-Unis et participe au ralentissement de son activité, qui a aussi ses raisons propres. L’atterrissage de l’économie s’est poursuivi dans le courant de l’été 2019, les enquêtes de conjoncture n’annonçant aucun mieux dans les mois à venir. L’investissement des entreprises, notamment, resterait mal orienté, tandis que la consommation des ménages, résistante jusqu’ici, freinerait. Dans ce contexte, la Réserve fédérale, qui ne donne plus d’indication quant à l’évolution à venir de sa politique, baissera encore les taux d’intérêt.
Comment appréhender le risque de récession aux États-Unis ? 07/10/2019
L’inversion de la courbe des taux est, historiquement, un indicateur majeur et fiable des récessions aux Etats-Unis. Le sujet a largement été débattu dans les médias ces derniers mois quand les rendements obligataires ont chuté sous le niveau des taux à court terme. Toutefois, des années de conduite politique monétaire non conventionnelle ont pu fausser ce signal ;  il convient donc d’analyser d’autres indicateurs. L'indice économique avancé du Conference Board s’impose comme le candidat idéal.  A noter, toutefois, qu’il ne signale pas encore un risque de récession à court terme.
Entre grosse frayeur et soulagement 04/10/2019
L’indice des directeurs des achats du secteur manufacturier de l’Institute for Supply Management (ISM) a poursuivi sa baisse en septembre, atteignant 47,8%. L'ISM non-manufacturier a enregistré une forte contraction de 3,8 points de pourcentage et se situe maintenant à 52,6%. Hormis en période de récession, il s’agit d’un chiffre assez faible. Dans ce contexte, les rendements obligataires ont nettement faibli, reflétant les inquiétudes grandissantes quant au risque de récession, les anticipations d’assouplissements monétaires par la Fed, et la fuite vers des valeurs refuges. Les données sur le marché du travail pour septembre ont toutefois apporté un soulagement. Nous prévoyons néanmoins que la Réserve fédérale continuera à réduire ses taux.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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