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France : les chiffres du choc, le choc des chiffres

30/04/2020

D’après la première estimation de l’INSEE, le PIB français s’est contracté de 5,8% au premier trimestre 2020. Cette baisse lève un coin du voile sur l’ampleur du choc récessif provoqué par la pandémie de Covid-19.

Hélène BAUDCHON

TRANSCRIPT // France : les chiffres du choc, le choc des chiffres : avril 2020

D’après la première estimation de l’INSEE, le PIB français s’est contracté de 5,8% au premier trimestre 2020. Cette baisse lève un coin du voile sur l’ampleur du choc récessif provoqué par la pandémie de Covid-19. La prévision de la Banque de France (-6%) avait préparé les esprits à un mauvais chiffre. C’est effectivement le cas. Cette baisse trimestrielle est la plus importante jamais enregistrée depuis 1949, battant le record de
5,3% du deuxième trimestre 1968. Au niveau du détail des composantes du PIB, seules les variations de stocks apportent une contribution positive. Consommation des ménages, consommation publique, investissement, exportations et importations sont toutes en chute. Concernant la consommation des ménages, l’ampleur du choc est aussi clairement visible dans la chute mensuelle de 18%, au mois mars, de leurs dépenses en biens.

Sur le front du marché du travail, trois statistiques nous donnent également une mesure de l’ampleur du choc. Tout d’abord, le nombre de demandeurs d’emplois en catégorie A qui a bondi de 7% en mars, du jamais-vu. 70% de la baisse engrangée depuis début 2016 se trouve ainsi effacée en un seul mois. Ensuite, les déclarations d’embauche de plus d’un mois ont, elles, plongé de 23% en mars, également du jamais-vu. Enfin, les demandes de chômage partiel poursuivent leur envolée et concernent désormais un peu plus de 11 millions de salariés, soit près d’une personne sur deux.

Au deuxième trimestre, la baisse du PIB devrait être plus importante encore que celle du premier. Celle-ci porte, en effet, la trace d’une quinzaine de jours de confinement quand le deuxième trimestre, en plus de l’acquis négatif, portera la trace d’un mois entier de confinement – avril – plus une dizaine de jours en mai. L’INSEE estime toujours à 35% la perte d’activité instantanée due au confinement. L’absence d’aggravation de son estimation, par rapport aux deux précédentes de fin mars et début avril, peut être vue comme une bonne nouvelle, certes toute relative. Car, côté climat des affaires, l’heure reste à la détérioration, et considérablement : l’indice composite de l’INSEE s’est, en effet, écroulé de 32 points en avril après en avoir déjà perdu 11 en mars. Et la confiance des ménages est également frappée de plein fouet, avec une chute inédite de 8 points en avril. Pour conclure ce numéro d’EcoTV week sur une possible note d’espoir, disons qu’avril devrait marquer le creux de l’activité et qu’un début de mieux devrait s’esquisser en mai. Merci de votre attention et à la semaine prochaine pour vos deux minutes d’économie.

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04/02/2020

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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