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L’impulsion du crédit demeure négative au T3 malgré le rebond de la demande de financements 29/11/2021
En septembre 2021, la légère accélération des encours de prêts aux sociétés non financières (SNF) dans la zone euro (+2,1% sur un an, contre +1,9% en juin) a interrompu la dégradation de l’impulsion du crédit bancaire (qui reflète la variation, sur un an, de la croissance annuelle de l’encours). Cette dernière demeure toutefois négative (-1,4% en septembre 2021, après -1,9% en juin) en raison d’un fort effet de base.   
Marché du travail européen : aspects structurels des goulets d’étranglement 22/11/2021
Les entreprises de la zone euro font état de pénuries records de main-d’œuvre. Si celles-ci sont en partie de nature cyclique, certains facteurs structurels interviennent. D’après l’enquête annuelle 2020 de la BEI sur les investissements, la?disponibilité de personnel qualifié arrive en deuxième position des principaux facteurs pesant sur les décisions d’investissement à long terme dans la zone euro. Les pénuries structurelles de main-d’œuvre pèsent sur la croissance du PIB, en affectant la formation de capital, l’innovation et la productivité. La politique économique et, surtout, l’éducation, qui inclut la formation professionnelle tout au long de la vie, ont un rôle essentiel à jouer pour qu’à l’avenir, les qualifications soient en adéquation, en quantité et en qualité, avec les besoin du marché de travail.
Une dégradation de la situation conjoncturelle limitée par une hétérogénéité sectorielle et géographique 22/11/2021
D’après notre baromètre, la situation conjoncturelle de la zone euro s’est dégradée au cours des trois derniers mois (la zone en bleu est en retrait par rapport à celle délimitée par les pointillés). Si cette dégradation ressort très nettement dans les indicateurs d’activité, elle est moins perceptible au niveau des enquêtes sur le climat des affaires.
Marché du travail de la zone euro : aspects conjoncturels des goulets d’étranglement 15/11/2021
Dans la zone euro, les enquêtes auprès des entreprises font ressortir des pénuries records de personnel. Elles constituent un frein pour la croissance économique et laissent entrevoir une augmentation plus rapide des salaires et une hausse de l’inflation. À ce jour, la progression des salaires reste modérée mais, compte tenu de sa relation historique avec les goulets d’étranglement sur le marché du travail, une accélération semble probable. Malgré les difficultés des entreprises à pourvoir les postes vacants, le sous-emploi reste supérieur aux niveaux pré-pandémie. Cette situation devrait s’améliorer dans les prochains mois. Toutefois, pour alléger les tensions sur le marché du travail, les intentions d’embauche des entreprises seront déterminantes. Or, d’après des enquêtes récentes, celles-ci devraient rester élevées.
L’augmentation du taux de rémunération des dépôts, les marchés et la BCE 08/11/2021
Les marchés anticipent un tour de vis monétaire dès la fin 2022. Une position que ne partage pas la BCE compte tenu de ses prévisions d’inflation. Cette divergence de point de vue pourrait refléter une perte de crédibilité de la banque centrale ou, plus vraisemblablement, un désaccord en matière de prévisions d’inflation entre cette dernière et les acteurs du marché. Autre explication possible : le focus des investisseurs sur les scénarios possibles d’inflation et leurs inquiétudes concernant les risques à la hausse de l’inflation.
Stabilisation de l’encours des prêts garantis par l’État (PGE) 03/11/2021
L’encours brut avant dépréciation[1] des prêts garantis par l’État (PGE[2]), accordés dans la zone euro en raison de la pandémie de Covid-19, s’est stabilisé à EUR 375 mds au deuxième trimestre 2021. Cette stabilisation s’explique notamment par la baisse - une première depuis leur mise en place au deuxième trimestre 2020 -  des encours de PGE accordés par les banques françaises (EUR -13 mds) et espagnoles (EUR -2 mds) ; celles-ci ayant contribué à elles seules à 64% des PGE de l’ensemble de la zone euro au premier trimestre 2021. Cette baisse, associée à celle sensiblement moins prononcée des encours de PGE accordés par les banques belges et lettones, ont neutralisé les effets de la poursuite de l’augmentation des encours de PGE observée dans les autres pays, plus particulièrement en Italie et en Allemagne (EUR 10 mds et EUR 1,5 mds, respectivement), sur l’encours global de PGE dans la zone euro. En France, depuis la mise en place des PGE, seules 0,6% des entreprises bénéficiaires (0,3% de l’encours[3]) ont déclaré une cessation de paiement tandis que 12% de l’encours a été remboursé durant le deuxième trimestre 2021. Ces remboursements, qui sont en premier lieu le fait d’entreprises relativement solides, induisent une augmentation mécanique de la part des prêts non performants dans l’encours total des PGE et s’ajoutent à l’effet lié à la matérialisation des difficultés de certains débiteurs. Le ratio des PGE non-performants est ainsi passé en France de 2,2% au premier trimestre 2021 à 3,2% au deuxième trimestre 2021, soit un niveau comparable au ratio médian observé en zone euro. [1] Plus précisément, la valeur comptable brute. [2] « Nouveaux prêts et avances émis qui sont soumis à des régimes de garantie publics » selon la terminologie de l’Autorité bancaire européenne. [3] Selon les derniers chiffres de la Banque de France.
Les enquêtes de confiance font preuve d’une certaine résistance en septembre 11/10/2021
D’après notre baromètre, la situation conjoncturelle de la zone euro reste bonne (la zone en bleu dépasse l’hendécagone gris délimitant la valeur moyenne de long terme des différents indicateurs) et s’avère relativement stable par rapport au trois mois précédents (la zone en bleu est proche de celle délimitée par les pointillés), à l’exception notable des ventes au détail.
Poussée de croissance et d’inflation 08/10/2021
Le rebond vigoureux au T2 (2,2% t/t) devrait se poursuivre au T3. Les contraintes d’offre viennent amputer la croissance de quelques dixièmes de point de pourcentage par rapport à ce que nous anticipions en juin. Les enquêtes sur le climat des affaires de septembre en portent plus nettement la trace, en particulier dans l’industrie et en Allemagne. Mais ces enquêtes restent à un niveau élevé et la croissance dans la zone euro peut compter sur le soutien de l’important stimulus monétaire et budgétaire, du déblocage de l’épargne forcée, de la bonne orientation du marché du travail et des besoins d’investissement. La croissance en 2022 devrait ainsi dépasser de peu celle de 2021 (5,2% en moyenne annuelle, après 5%). La poussée de l’inflation, même si elle est largement transitoire, vient entacher quelque peu l’optimisme du tableau général. La BCE devrait continuer de donner la priorité à la croissance, n’amorçant qu’une normalisation a minima de sa politique monétaire en laissant le PEPP prendre fin en mars 2022. En outre, cela serait compensé par un APP plus important et plus flexible. Mais la BCE a d’ores et déjà envoyé des signaux de vigilance à l’égard du risque inflationniste.
Zone euro : l’inflation au plus haut depuis 2008 06/10/2021
Depuis la fin 2020, l’inflation dans la zone euro remonte de façon quasi verticale. Il y a un an, elle était légèrement négative en glissement annuel ; en septembre 2021, selon l’estimation préliminaire d’Eurostat, elle s’élevait à 3,4%, un plus haut depuis septembre 2008. Cette remontada est particulièrement vive en Allemagne, suivie de l’Espagne, et, dans une moindre mesure, de l’Italie et de la France. En Allemagne, l’évolution de l’inflation porte la trace de l’abaissement temporaire de la TVA au second semestre 2020. En Espagne, la hausse des prix de l’énergie est notamment accentuée par un niveau de TVA sur l’électricité plus élevé que dans la plupart des autres pays européens. L’actualisation des pondérations dans l’indice des prix a également joué un rôle important en début d’année. Cette poussée signifie-t-elle que l’inflation est de retour ? Non, pas pour l’instant en tout cas, la hausse des prix n’étant ni généralisée ni auto-entretenue. L’inflation sous-jacente est moins élevée (1,9%). La hausse de l’inflation est, pour l’essentiel, le résultat d’une déformation relative, que l’on pense temporaire, des prix. Un effet de base important dû aux prix du pétrole est à l’œuvre. Il est accentué par la forte progression récente des prix du gaz. S’y ajoutent l’effet des contraintes d’offre sur le prix d’un certain nombre de matières premières et d’intrants industriels et l’effet du surcroît de demande en sortie de confinement sur certains produits. Ces facteurs de hausse devraient se dissiper en 2022 mais avant de refluer, l’inflation devrait encore grimper d’ici la fin de l’année. Nous prévoyons qu’elle atteigne son pic au T4 (frôlant 4% en glissement annuel). Et aussi temporaire et circonscrite soit-elle, cette poussée d’inflation n’est pas sans conséquences sur les marges des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages, et donc sur la croissance. La transmission à l’ensemble des prix à la consommation, l’enclenchement d’une boucle prix-salaires sur fond des fortes difficultés de recrutement, entraînant un dérapage plus durable de l’inflation, est un autre point d’attention mais il n’y a pas encore de signes en ce sens.
Les PGE représentent 6,9% des prêts aux entreprises 22/09/2021
Au premier trimestre 2021, les encours de prêts garantis par l’Etat (PGE) distribués par les banques de l’ensemble de la zone euro atteignaient EUR 376,4 mds contre EUR 184,7 mds au deuxième trimestre 2020. Le rapport entre les montants accordés, en cumul, de PGE et le total des prêts aux sociétés non financières (dont l’encours est demeuré relativement stable) est ainsi passé de 3,3% à 6,9% durant cette même période. Les banques françaises, espagnoles et italiennes ont tout particulièrement contribué à soutenir l’activité économique durant la pandémie de COVID-19. Elles ont en effet distribué 90,6% de l’encours des PGE de l’ensemble de la zone euro (respectivement EUR 131,7 mds, EUR 108,7 mds et EUR 100,5 mds) tandis que leur part dans l’encours total des prêts aux SNF de la zone euro n’était que de 57,7% en moyenne entre le deuxième trimestre 2020 et le premier trimestre 2021. La distribution de PGE ralentit toutefois sensiblement depuis le début de l’année 2021. En France, elle s’établissait ainsi à EUR 5,8 mds au premier trimestre 2021, puis EUR 3,8 mds au deuxième trimestre 2021 contre EUR 11,1 mds au quatrième trimestre 2020.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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