Graphiques de la semaine

Information économique : un économiste commente un graphique

Au T4 2020, troisième trimestre de l’exercice budgétaire 2020/2021 qui s’achèvera le 31 mars 2021, l’Inde est officiellement sortie de récession. Le PIB réel est en hausse de 0,4% par rapport au T4 2019. La reprise a été favorisée par une augmentation des investissements publics et la reconstitution des stocks des entreprises. En revanche, la consommation des ménages – plus forte composante de la croissance – affichait encore une baisse alors que les pressions inflationnistes ont ralenti depuis le mois de novembre. L’activité dans les services restait d’ailleurs en repli de 1% alors qu’elle a accéléré dans l’agriculture, la construction et, dans une moindre mesure, l’industrie manufacturière.

Les indicateurs d’activité du mois de janvier restent bien orientés. La production dans les industries de base a enregistré une croissance positive pour le deuxième mois consécutif, le transport de marchandises a accéléré, les ventes de véhicules automobiles ont fortement augmenté et le taux de chômage a baissé à un niveau inférieur à celui qui prévalait il y a un an (6,9% en février). En revanche, la contraction des prêts aux entreprises, pour le quatrième mois consécutif, ne laisse pas entrevoir de reprise de l’investissement privé. Or, même si un rebond mécanique de la croissance est à attendre pour 2021/2022, stimuler les investissements privés sera indispensable pour accroître la croissance à moyen terme et le niveau d’emploi sans risquer de fragiliser les finances publiques.

Tandis que les premiers remboursements des Prêts Garantis par l’Etat devraient intervenir à la fin du mois de mars 2021, les montants accordés atteignaient, en cumul, un encours de EUR 132,2 mds au 12 février 2021 selon les chiffres de la Banque de France.

Depuis leur lancement, les PGE ont plus largement bénéficié aux secteurs les plus pénalisés par la pandémie de COVID-19. Sans surprise, la branche hébergement – restauration, qui fait toujours l’objet de fermetures administratives, compte ainsi parmi celles ayant eu le recours le plus intensif aux PGE[1] au regard des montants octroyés et du nombre de bénéficiaires.

Notre graphique illustre le constat général selon lequel le recours au PGE est d’autant plus grand que la baisse de valeur ajoutée en 2020 fut sensible. Pour certaines branches d’activité, le recours au PGE a été supérieur à la baisse de la valeur ajoutée, témoignant de stratégies opportunistes liées au faible coût du PGE ou de comportements de précaution (le PGE visant à compenser une éventuelle perte d’activité ultérieure au moment de sa souscription, sans que celle-ci ne se soit concrétisée). Il convient également de garder à l’esprit que les évolutions générales d’un secteur sont susceptibles de masquer de grandes disparités entre entreprises.

 

[1] L’intensité du recours au PGE est le rapport entre la part de l’encours total des PGE qui sont accordés à un secteur d’activité et la part de la valeur ajoutée totale qui a été produite par ce secteur.

COMMERCE MONDIAL DE MARCHANDISES : RETOUR RAPIDE AUX NIVEAUX PRÉ-PANDÉMIE Publié le 17 févr. 2021 par Raymond VAN DER PUTTEN
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Les échanges mondiaux de marchandises se sont redressés beaucoup plus vite que prévu après la forte baisse enregistrée lors de l’apparition de la pandémie de Covid-19. En mars-avril 2020, au plus fort de la crise, les échanges étaient en repli de près de 20 % par rapport à l’année précédente. Malgré le maintien de mesures de confinement et de distanciation sociale dans une grande partie du monde industrialisé, le commerce mondial a poursuivi son expansion.

En novembre 2020 (dernières données disponibles), le commerce de marchandises avait retrouvé son niveau de fin 2019. Après la crise financière de 2008, il avait fallu plus de deux ans pour que les échanges de biens renouent avec leurs niveaux d’avant-crise. La raison de cette reprise rapide tient à la nature spécifique du choc qui a affecté en particulier des services, tels que le commerce de détail et la restauration. Les mesures de soutien accordées par les pouvoirs publics ont permis d’en atténuer l’impact sur l’économie, permettant ainsi aux importations de biens de se redresser assez rapidement.

L’activité dans le secteur des porte-conteneurs illustre le fort rebond des flux commerciaux. Récemment, le géant danois du transport maritime international A.P. Møller Mærsk, a publié un résultat d’exploitation net quasiment multiplié par deux au quatrième trimestre 2020. Compte tenu des goulets d’étranglement des chaînes d’approvisionnement et de la pénurie d’équipements, la compagnie s’attend à des chiffres encore meilleurs au premier trimestre 2021.

Malgré le redressement rapide du commerce de marchandises, certains services, en particulier les voyages et le tourisme, restent impactés, en grande partie en raison des restrictions sur les déplacements internationaux. Ainsi, l’aéroport de Francfort a fait état d’une chute du nombre de passagers de 80 % en glissement annuel en janvier 2021. En revanche, le fret a grimpé de 18 %.

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