Graphiques de la semaine

Information économique : un économiste commente un graphique

NOUVELLE DÉTÉRIORATION DES PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES Publié le 1 juil. 2020 par Hélène DROUOT
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Le PIB mexicain s’est effondré en avril (-19,9% en g.a.). Dans le même temps, la production industrielle a chuté de près de 30% (la composante manufacturière de plus de 35%). Outre l’effet des mesures de confinement sur la demande interne, l’activité économique est affaiblie par la baisse du prix du pétrole, les ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, ainsi que par la forte baisse de la demande externe (principalement en provenance des États-Unis) et des recettes du tourisme. Les mesures annoncées par la banque centrale et la baisse du taux directeur (-225 points de base depuis janvier, à 5%) ne suffiront pas à atténuer l’ampleur du choc. En effet, désireux de maintenir l’austérité budgétaire à laquelle il s’était engagé, le gouvernement n’a pas annoncé de plan de soutien à l’économie. Au total, le PIB devrait reculer de plus de 10% en 2020.

Contrairement à d’autres pays émergents, la capacité de rebond de la croissance mexicaine est limitée. Les perspectives de croissance pour 2021 (à moins de 3,5%) et les années suivantes sont affaiblies par des facteurs qui prévalaient avant la crise. La détérioration du climat des affaires, liée aux signaux contradictoires envoyés par le gouvernement, va notamment continuer de peser sur l’investissement.

ETATS-UNIS : L’OCTROI DE PRÊTS GARANTIS S’ESSOUFFLE Publié le 24 juin 2020 par Céline CHOULET
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En réponse à la crise liée à la pandémie de Covid-19, le Congrès américain a mis en place, en avril dernier, un programme de prêts aux petites et moyennes entreprises (Paycheck Protection Program, PPP) garantis par l’État fédéral. L’enveloppe globale atteint près de USD 650 mds.

Sous certaines conditions, ces prêts seront convertibles en subventions dans la limite de la masse salariale, des intérêts sur prêts hypothécaires, des loyers et frais de fonctionnement supportés durant les 24 semaines suivant l’obtention du crédit. L’annulation partielle ou complète des créances sera conditionnée au maintien de l’emploi et des salaires d’ici la fin de l’année. Au 22 juin, 4,6 millions de PME avaient emprunté plus de USD 515 mds par ce biais, un niveau quasi-atteint dès la mi-mai.

Si, jusqu’à la mi-avril, les tirages sur les engagements confirmés de crédit ont stimulé la croissance des prêts bancaires, ce programme a permis, depuis lors, de compenser la contraction des encours des crédits commerciaux et industriels et des prêts à la consommation.

L’INDICE DESI, UNE FEUILLE DE ROUTE POUR L’UNION EUROPÉENNE Publié le 17 juin 2020 par Guillaume DERRIEN
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La Commission européenne a publié les chiffres, pour 2020, de l’indice DESI relatif à l’économie et à la société numériques. Il s’agit d’une moyenne pondérée de cinq indicateurs : connectivité, compétences des citoyens dans le numérique, usage des services internet, numérisation des entreprises et numérisation des services publics.

Les pays scandinaves dominent le classement, la Finlande, la Suède et le Danemark occupant les trois premières places. L’Italie n’est que 25e, tandis que la France (16e), l’Allemagne (12e) et l’Espagne (11e) sont proches de la moyenne européenne. La crise du Covid-19 et la période de confinement auront certainement permis d’accélérer la numérisation de l’économie. À l’heure où d’importantes transformations technologiques s’opèrent (intelligence artificielle, 5G, e-commerce), la montée en puissance des pays européens dans l’économie numérique est cruciale afin de créer des sources nouvelles de croissance et d’emploi.

 

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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