Graphiques de la semaine

Information économique : un économiste commente un graphique

LA CHUTE DU TOURISME, UNE MENACE POUR L’ÉCONOMIE Publié le 8 avr. 2020 par Stéphane ALBY
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Le tourisme constitue le principal canal de transmission de la pandémie de Covid-19 à l’économie marocaine. L’activité est à l’arrêt depuis le début du mois de mars et le restera a minima jusqu’en mai. Les pertes seront significatives pour un secteur dont la contribution au PIB dépasse 8%, soit le niveau le plus élevé dans la région. Point positif, les deux tiers de la saison touristique s’effectuent à partir de juin, ce qui pourrait correspondre à la levée des restrictions sur les voyages dans certains pays même si la reprise de l’activité touristique ne sera que graduelle.

La contraction de l’activité touristique va peser sur la croissance et les comptes extérieurs. Les revenus générés par le secteur représentent en effet 15% des recettes courantes. Cependant, la stabilité extérieure n’apparaît pas menacée. Les réserves de change sont confortables et l’endettement extérieur modéré. La chute des cours du pétrole devrait aussi permettre de contenir le déficit courant à moins de 5% du PIB. Le Maroc pourra enfin s’appuyer sur la ligne de précaution et de liquidité du FMI en cas de besoin.  

À l’instar de ce que la BCE demande aux établissements bancaires importants[1], la Banque d’Italie a décidé de recommander aux banques placées sous sa supervision directe (les établissements moins importants) de ne pas distribuer, ou de ne pas s’engager à distribuer, de dividendes au moins jusqu’au 1er octobre 2020[2]. En outre, les rachats d’actions devront être restreints et les établissements italiens les moins importants devront être « prudents » dans le versement des rémunérations variables.

Les cinq plus grands groupes bancaires italiens, qui concentrent près de la moitié de l’actif total du système bancaire domestique, sont ainsi susceptibles de mobiliser (en plus des bénéfices qui n’auraient pas été distribués de toute façon), au titre de l’exercice 2019, EUR 4,8 mds de fonds propres supplémentaires éligibles au titre de CET1[3], soit 4,1% de leur encours actuel (EUR 116,9 mds). Ces mises en réserve vont permettre d’absorber une partie de la hausse du coût du risque en 2020 et limiteront la baisse des fonds propres dont le montant a augmenté de 61% depuis 2008.

 

[1] BCE, ECB asks banks not to pay dividends until at least October 2020, 27 mars 2020

[2] Banca d’Italia, Recommendation of the Bank of Italy on the dividend distribution policies of less significant Italian banks during the Covid-19 pandemic, 27 mars 2020

[3] Montant estimé sur la base des taux de distribution proposés par les banques ou de ceux observés au cours des années les plus récentes.

LES PMI CONFIRMENT LE PLONGEON DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE MONDIALE Publié le 25 mars 2020 par Guillaume DERRIEN
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Les indices PMI publiés cette semaine offrent un premier aperçu de l’ampleur du choc économique lié au Covid-19. Les indices composites pour le Japon (35,8), l’Allemagne (37,2), la France (30,2), le Royaume Uni (37,1) et les États-Unis (40,5) plongent en mars. Le PMI composite pour la zone  euro est le plus bas jamais enregistré (31,4). La détérioration est particulièrement marquée pour les sous-indices liés à l’emploi et aux commandes de biens et services.

Les chiffres pour le mois d’avril, tout en restant à des niveaux historiquement bas, pourraient diverger de plus en plus entre les régions. En Asie de l’Est, la demande intérieure devrait commencer à se redresser avec un début de reprise de l’activité en Chine. À l’inverse, la propagation de l’épidémie s’accélère aux États-Unis, en Inde et en Afrique, et les mesures de confinement restent en place dans de nombreux pays européens.

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