Graphiques de la semaine

Information économique : un économiste commente un graphique

CROISSANCE POTENTIELLE ET CYCLE DES MATIÈRES PREMIÈRES Publié le 28 juil. 2021 par François FAURE
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La crise de la Covid-19 devrait avoir un effet durablement négatif sur la croissance potentielle des pays émergents. Les économistes du FMI prévoient ainsi une croissance du PIB par habitant de seulement 2,5% en 2025. Certes, c’est plus qu’au cours de la décennie passée (+1,8% par an en moyenne), mais loin des 4% de croissance enregistrés au cours des années 2000, période durant laquelle les pays émergents avaient bénéficié du « super cycle » des prix des matières premières. Peut-on espérer une réédition de cette performance passée ? C’est très peu probable. Selon nos estimations, même dans un scénario de nouveau cycle de prix, la croissance potentielle des pays d’Amérique latine, tous producteurs et exportateurs de matières premières à des degrés divers, ne dépasserait pas 3% à l’horizon 2025. De plus, ce scénario suppose implicitement que la croissance potentielle de la Chine, grande consommatrice de matières premières, se redresse elle-aussi. Or, le consensus table plutôt sur un plafonnement autour de 5%.

La position des cinq plus grands groupes bancaires britanniques par les fonds propres Tier 1 (HSBC, Barclays, NatWest [ex-RBS], Lloyds et Standard Chartered) s’est globalement repliée au sein du classement The Banker depuis 2013. Ce recul, commun à l’ensemble des grandes banques européennes et qui s’explique notamment par des différences de croissance entre zones géographiques, est encore plus marqué au Royaume-Uni depuis 2016 et le vote du Brexit. HSBC a quasiment conservé son rang à la faveur de sa grande diversification géographique.

Le repli des banques britanniques procède à la fois d’une diminution absolue de leurs fonds propres Tier 1 (-12,6% entre 2013 et 2020) mais également d’une augmentation de ceux des autres grandes banques de la zone euro (+29,6%). Cette variation de l’encours des fonds propres des banques britanniques est toutefois à nuancer par un effet de change négatif lié à leur conversion en dollar. En effet, entre 2015 - soit juste avant le Brexit -, et 2020, la livre sterling s’est dépréciée de 8% face au dollar, tandis qu’elle se dépréciait de 18% face à l’euro.

Les incertitudes entourant le Brexit, la persistance de taux historiquement bas ainsi que les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19 ont lourdement pesé sur le résultat net agrégé des banques britanniques (-53,2% en 2020). Ce dernier a subi en 2020 un effet de ciseau négatif découlant d’une baisse du produit net bancaire de 7,3% et d’une hausse de 70,1% du coût du risque. L’amélioration des résultats des grandes banques britanniques observée au premier trimestre 2021, permise notamment par des reprises sur provisions, devrait être confirmée par les résultats du deuxième trimestre, attendus à partir de la fin du mois de juillet.

LE TIMIDE RETOUR DES DISPARUS DE LA CRISE Publié le 15 juil. 2021 par Jean-Luc PROUTAT
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Avec l’arrivée de la Covid-19, le taux d’activité des Américains, soit la part dans la population des personnes qui exercent ou recherchent un emploi, est tombé à un niveau historiquement bas : à peine 74% des 20-64 ans en avril 2020, du jamais vu aux États-Unis. Si ce taux rebondit depuis quelques mois, il n’a pas retrouvé son niveau d’avant-crise. Ainsi, près de 3 millions d’Américains qui étaient présents sur le marché du travail avant la pandémie, manquent toujours à l’appel. Cette « sortie des radars » touche surtout les catégories sociales peu qualifiées et faiblement rémunérées. D’après les chiffres du Bureau of Labor Statistics, les populations disposant d’un niveau d’études inférieur ou égal au secondaire ne représentent que 30% de la population active mais expliquent 75% de sa chute post-Covid. Certaines catégories d’actifs ( « extras » rémunérés aux pourboires, saisonniers, etc.) privés d’activité ont eu plus de mal que d’autres à justifier de revenus leur ouvrant droit aux indemnités-chômage ; en raison de la fermeture des écoles et services de garde, beaucoup de femmes seules avec enfants n’ont eu d’autre choix que de différer leur recherche d’emploi ; enfin, la « fracture numérique » et les difficultés d’accès à internet ont pu accentuer le phénomène. La reprise des embauches, très marquée dans les secteurs comme l’hôtellerie-restauration, les loisirs, ou les transports, devrait toutefois permettre un retour progressif à la normale. Pour la Réserve fédérale, qui a fait du plein emploi une priorité de sa politique monétaire, la remontée des taux d’activité constituera un élément clé.

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Près des 2/3 de la dette publique des pays d’Amérique centrale* est détenue par des non-résidents. Le Costa Rica dépend le moins de financements extérieurs. Le Nicaragua et le Panama en sont les plus dépendants – toutefois le profil de leurs créanciers est diamétralement opposé. Les engagements extérieurs du premier sont contractés quasi exclusivement auprès de créanciers publics (dette multilatérale ou bilatérale auprès de Taiwan par exemple) tandis que les ¾ de la dette externe du second est détenue par des créanciers privés (créanciers obligataires principalement). Cette part est comparable à celle de la République dominicaine – troisième plus gros émetteur d’obligations souveraines en Amérique latine en 2020. Dans un contexte de hausse des ratios de dette (+12 points de pourcentage dans la région en 2020), une forte dépendance vis-à-vis des financements extérieurs est une source de vulnérabilité financière - en particulier pour les pays dont la dette extérieure est majoritairement détenue par des créanciers privés (par exemple le Salvador, le Costa Rica, la République dominicaine, le Panama). Malheureusement, pour de nombreuses économies, des facteurs structurels continueront de freiner le développement des marchés locaux de la dette publique : faible bassin d’investisseurs, insuffisances du cadre institutionnel et juridique, manque d’infrastructures financières, fragilité des politiques macroéconomiques. Des niveaux élevés de dollarisation et d’importants déficits des comptes courants obligent également de nombreux pays à s’appuyer sur les flux de dette en devises étrangères pour combler leur besoin de financement extérieur. * Comprend aussi ici la République dominicaine. Bien que faisant partie des Caraïbes, le pays est aussi membre du Système d’intégration centraméricain (SICA).
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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