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Information économique : un économiste commente un graphique

DÉBUT DE NOUVELLE VAGUE Publié le 25 nov. 2020 par Hélène DROUOT
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Le nombre de nouveaux cas confirmés de Covid-19 augmente une nouvelle fois en Corée, dépassant les 300 cas par jour en moyenne depuis mi-novembre (349 cas le 24 novembre). Le nombre journalier d’infections était resté inférieur à 100 depuis le milieu du mois de septembre. Les autorités ont déjà renforcé les mesures de distanciation sociale à deux reprises (les 19 et 24 novembre), élevant le niveau d’alerte à 2 (sur une échelle de 5) dans la région de Séoul, principal siège des infections récentes.
S’il reste contenu, ce début de nouvelle vague ne devrait pas remettre en cause la reprise graduelle de la croissance entamée au T3 (+1,9% t/t après -3,2% au T2). Les mesures de distanciation sociale pèseront sur la demande interne au dernier trimestre, mais l’effet devrait être limité et rester comparable à celui observé aux mois d’aout et septembre (lorsque les mesures de restriction ont été élevées à un niveau équivalent). Par ailleurs, le ralentissement de la croissance aux États-Unis et l’évolution en dents-de-scie de celle de l’Union européenne dans les trimestres à venir, serait compensée par la vigueur du rebond de la croissance chinoise et l’évolution rapide de la nature des exportations (produits directement liés à l’épidémie de Covid-19, tels que composants d’ordinateurs portables, matériel médical, masques, tests…). Après avoir reculé de 1% en 2020, le PIB coréen devrait progresser de 2,7% en 2021.

Tandis que le PIB réel italien reculait de 12,8% t/t au deuxième trimestre 2020 (après -5,5% au premier trimestre), les ratios de prêts non performants (PNP) aux secteurs d’activité ayant fait l’objet de fermetures administratives, notamment, ont poursuivi leur baisse. Pour surprenante qu’elle paraisse, cette évolution s’explique. D’une part, les mécanismes de garantie publique des nouveaux prêts ont contribué à la hausse de l’encours des prêts « sains » en faveur de ces secteurs[1], diluant les ratios de PNP. D’autre part, les cessions de créances douteuses se sont poursuivies en 2020 (quoique à un rythme moins soutenu qu’en 2019), ce qui a réduit l’encours des PNP et participé à l’assainissement des bilans bancaires.

La baisse des ratios de PNP en Italie pourrait néanmoins être en passe de s’achever puisque la plupart des délais de moratoires accordés ont expiré. Certains prêts pourraient ainsi faire prochainement l’objet d’un arriéré de paiement supérieur à 90 jours ; ce qui constitue l’un des deux critères de classement d’un prêt en catégorie non performante[2].

 

[1] Banca d’Italia, 2020, Economic Bulletin, Number 4 – October

[2] L’autre critère étant l’improbabilité que le débiteur s’acquitte intégralement de ses obligations de crédit, ce qui peut impliquer la réalisation de la sûreté.

D’après l’estimation flash de l’INSEE, l’emploi salarié privé en France a rebondi de 1,8% t/t au T3 2020 après avoir chuté de 2,5% au T1 et de 0,8% au T2. Un peu plus de la moitié des emplois détruits au S1 a ainsi été récupérée (345k sur 650k). L’emploi se situe 1,5% en-deçà de son niveau d’avant-crise contre 4% pour le PIB. L’évolution très amortie du premier par rapport au second, à la baisse comme à la hausse, est remarquable. Il faut y voir l’effet du recours massif au chômage partiel permis par l’important renforcement du dispositif décidé par le gouvernement dans le cadre des mesures d’urgence prises au printemps pour faire face au choc du confinement.
Au T4, l’emploi devrait rechuter dans le sillage de l’activité, sous l’impact du nouveau confinement. Ensuite, l’ampleur de son redressement est très incertaine, pour partie parce que la vigueur de la reprise l’est également. En 2021, la croissance de l’emploi sera certes soutenue par le plan France Relance. Toutefois, elle restera aussi et surtout contrainte par l’effet retard de la chute de l’activité en 2020, par l’hétérogénéité sectorielle (les secteurs les plus durablement affectés par la crise de la Covid-19 étant d’importants employeurs), par le retour en activité des personnes en chômage partiel et par les efforts de reconstitution des gains de productivité et des marges des entreprises (plus ils seront importants, moins le redressement de l’emploi le sera). C’est en 2022 que la situation devrait plus visiblement s’améliorer.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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