Graphiques de la semaine

En 2018, le Danemark, petite économie ouverte, a enregistré son plus faible taux de croissance (+1,2%) depuis 2013. L’exportation d’un brevet au T1 2017 a fortement affecté le profil du PIB danois en 2017 et en 2018. L’évolution moyenne du PIB (+1,7%) ces deux mêmes années permet de mieux rendre compte de la dynamique de croissance relativement soutenue du Danemark qui a bénéficié d’un environnement international favorable et d’une forte progression de la demande intérieure.

Le Danemark peut s’attendre à un acquis de croissance relativement élevé en 2019. Le pays pâtira, en revanche, du tassement de la croissance de ses principaux partenaires commerciaux au cours des prochains trimestres. L’ampleur de ce ralentissement dépendra de l’évolution des politiques protectionnistes et du commerce mondial. De même, le Brexit, dont les modalités doivent encore être définies, fait peser un risque sur l’économie danoise en raison des liens étroits entre le Danemark et le Royaume-Uni.

Grâce à la reprise des prix du pétrole, la croissance du crédit au secteur privé accélère depuis mi-2017 dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Les revenus pétroliers y sont, en effet, un déterminant majeur de l'activité économique et bancaire.

Néanmoins, les évolutions sont contrastées. La forte hausse au Qatar est due à un rebond de l’activité commerciale 18 mois après le début de l’embargo. A Bahreïn, la construction et les ménages soutiennent le crédit. Par contraste, la progression est très faible au Koweït par manque d’opportunités économiques, et Oman ne parvient pas à rétablir ses comptes budgétaire et extérieur. En Arabie Saoudite, les réformes pèsent sur l’activité du secteur privé et la progression du crédit y est timide. Enfin, aux Emirats Arabes Unis le secteur de l’immobilier pèse sur l’activité bancaire. A court terme, le risque limité de hausse des taux d’intérêt devraient soutenir la demande de crédit.

Le président de la commission bancaire du Sénat, Mike Crapo, a esquissé, le 1er février dernier, les contours de son projet de réforme du marché hypothécaire. Celui-ci intègre l’idée que les garanties publiques sont indispensables à la liquidité et à la stabilité du marché mais que l’Etat fédéral ne saurait, à lui seul, assumer l’essentiel des risques de défaut de paiement.

Le modèle des titrisations Ginnie Mae* (originateurs et émetteurs multiples) serait généralisé mais le rehaussement de crédit serait confié au seul secteur privé. Ginnie Mae apporterait sa garantie (celle de l’Etat) aux titrisations adossées aux prêts couverts par des garants privés agréés. Les dispositifs de transfert des risques de crédit « non extrêmes » seraient approfondis. Pour limiter l’exposition des contribuables aux risques de crédit, un fonds d’assurance serait créé et abondé par les garants.

Selon nous, le volume des capitaux privés à mobiliser pour mener à bien cette réforme serait colossal, d’autant plus s’il s’avérait nécessaire de remettre à flot les garants actuels, Fannie Mae et Freddie Mac (lesquels seraient « reprivatisés »), en épongeant le cumul des pertes et distributions de dividendes ayant excédé leurs fonds propres.

* voir Choulet C., Le sort de Fannie Mae et Freddie Mac n’est pas scellé, BNP Paribas, Conjoncture, mars 2018

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