Graphiques de la semaine

Information économique : un économiste commente un graphique

L’Europe centrale a enregistré au 1er trimestre 2020 une performance de croissance meilleure que celle de la moyenne de l’Union européenne, avec un repli limité à -1% (trimestre sur trimestre) contre -3,3% pour l’UE. La Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie sont même parvenues à maintenir une croissance positive.

Il devrait en aller différemment au 2ème trimestre. Les chiffres de la production manufacturière montrent que le ralentissement économique s’est nettement renforcé en Europe centrale au mois de mars. Il est même devenu plus conséquent que celui de la moyenne européenne en Hongrie et en Roumanie, rejoignant en cela la Slovaquie (plus précocement touchée).

Les exportations devraient être le vecteur prédominant de transmission de la récession vers les pays de la région. Ces pays sont très ouverts et la baisse de leurs exportations est plus sévère que pour la moyenne de l’Union européenne. en particulier dans l’industrie automobile.

En conséquence, le PIB de l’Europe centrale devrait se replier de -3,8% en 2020, dont -5,8% en Slovaquie, -5,3% en Hongrie, -4,8% en Roumanie, -4% en République tchèque, -3,5% en Bulgarie et -2,9% en Pologne.

Le dernier Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) du 7 mai 2020 laisse la politique monétaire britannique inchangée, y compris l’encours cible de son programme d’achat d’actifs, malgré le vote de deux des membres du Comité en faveur d’une augmentation de GBP 100 mds.

Inauguré en 2009 avec un encours initial de GBP 200 mds, le programme a été élargi à plusieurs reprises. Le dernier relèvement, décidé le 19 mars dernier, en a porté l’encours cible à GBP 645 mds (dont 20 mds de titres de dette privés investment-grade), contre GBP 445 mds (dont GBP 10 mds de titres privés) auparavant. Depuis, le taux souverain britannique à 10 ans s’est inscrit en léger repli, malgré l’annonce du gouvernement de son intention d’émettre pour GBP 180 mds entre mai et juillet 2020, contre GBP 39 mds initialement prévus pour cette période et GBP 156 mds pour l'ensemble de l'année 2020.

Pour l’heure, l’amélioration des conditions de financement a conduit le gouvernement à ne pas solliciter la facilité de caisse Ways and Means dont il a décidé le 9 avril 2020, conjointement avec la BoE, d’abolir  temporairement le plafond (GBP 370 mn auparavant) afin de se financer sans recourir au marché dans l’éventualité où les conditions d’accès à ce dernier se détérioreraient.

La très forte hausse des anticipations d’inflation des ménages est l’un des résultats frappants de l’enquête mensuelle de conjoncture de l’INSEE d’avril 2020. Elle est en complète opposition avec la baisse du solde d’opinion sur l’évolution passée des prix et de l’inflation observée, un grand écart remarquable au regard de la relative proximité habituelle des trois indicateurs.

Cette hausse de l’inflation anticipée fait écho au sentiment des Français, évoqué dans les médias, que les prix ont beaucoup augmenté depuis le confinement. Il faut probablement y voir un effet de composition des paniers de consommation et non le signe avant-coureur d’une hausse généralisée et importante des prix. Plus un produit est consommé régulièrement, plus la sensibilité à la hausse de son prix est grande, une sensibilité qui peut être extrapolée, à tort, à l’ensemble des prix. Actuellement, les dépenses sont essentiellement alimentaires et de fortes augmentations de prix sont justement observées dans ce domaine, un résultat de la loi de l’offre et de la demande. A contrario, du fait de la moindre fréquence des pleins d’essence, les anticipations d’inflation des ménages ne reflètent pas la chute des prix du pétrole.

 

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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