Graphiques de la semaine

Une part croissante de l’encours des crédits à l’habitat octroyés aux ménages portugais est constituée de crédits dont la maturité initiale excède 30 ans. Entre le premier trimestre 2009 et le quatrième trimestre 2018, la proportion des maturités initiales les plus longues est ainsi passée de 51% à 71% de l’encours total. La stabilité de l’encours des crédits à plus de 30 ans, conjuguée au repli de 45% de l’encours de ceux d’une maturité inférieure, explique cette dynamique. Les nouveaux prêts immobiliers ont ainsi vu leur maturité moyenne s’allonger entre 2014 et 2017, de 30,8 ans à 33,3 ans selon les derniers chiffres de la Banque du Portugal1.

Depuis le 1er juillet 2018, la Banque du Portugal recommande2 aux entités placées sous sa surveillance de limiter à 40 ans la maturité initiale des nouveaux crédits immobiliers aux ménages. Cette mesure ne devrait toutefois pas permettre d’atteindre l’objectif de ramener, fin 2022, leur maturité moyenne à 30 ans.

1 A titre de comparaison, les prêts immobiliers à plus de 30 ans représentaient 0,6% de la production nouvelle en France (source : Crédit Logement/CSA).

2 Une recommandation n’est pas juridiquement contraignante. Les établissements de crédit doivent  néanmoins s’y conformer ou, dans le cas contraire, se justifier sous peine de subir des mesures prudentielles de la part de la Banque du Portugal.

FRANCE : SIGNAUX POSITIFS SUR LE FRONT DE L’EMPLOI Publié le 15 mai 2019 par Hélène BAUDCHON
PDF

Depuis le T3 2018, les créations nettes d’emplois salariés privés augmentent (+31k au T3 2018, + 54k au T4 2018, +66k au T1 2019), une hausse contrastant favorablement avec la stabilité de la croissance sur la période. Près de 900 000 emplois salariés privés ont ainsi été créés en net depuis le creux de 2013.

Les perspectives pour 2019 sont encourageantes d’après la dernière enquête Besoins en Main d’Œuvre de Pôle emploi qui fait état d’une nouvelle forte hausse de 15% des intentions d’embauche après +19% en 2018. Ces projets représentent 2,69 millions d’embauches potentielles. Leur nombre progresse dans tous les secteurs et de manière particulièrement dynamique dans la construction, l’industrie et les services aux entreprises. La hausse importante du nombre d’intentions d’embauche en CDI (+24%) est également remarquable (+8% pour les CDD). Ce plus grand nombre de projets va de pair avec des difficultés de recrutement croissantes : le pourcentage de projets anticipés comme difficiles atteint 50,1%.

TURQUIE, LA LIVRE TURQUE JOUE AUX MONTAGNES RUSSES Publié le 9 mai 2019 par Sylvain BELLEFONTAINE
PDF

Après une chute vertigineuse de 42% par rapport à la moyenne euro-dollar entre janvier et août 2018, dont la moitié sur le seul mois d’août, la livre turque (TRY) a rebondi de 15% entre septembre et décembre, dans le sillage de la hausse massive des taux d’intérêt par la banque centrale (CBRT). Mais elle s’est de nouveau dépréciée de 10% au cours des deux derniers mois, sur fond de stagflation.

La volatilité du taux de change s’est accentuée du fait notamment de l’incertitude quant au niveau réel des réserves de change dites « libres ». Les sorties nettes d’investissements de portefeuille de la part des non-résidents en monnaie locale ont atteint USD 1,4 md en mars-avril, les investisseurs étrangers s’étant de nouveau désengagés du marché actions et encore davantage du marché obligataire. Ils ne détiennent plus que 12% de la dette publique domestique (contre plus de 20% jusqu’en 2014).

Sur le même thème

Portugal : l’assainissement des bilans bancaires résulte principalement d’abandons de créances 20/03/2019
Le ratio des prêts non performants (PNP) du système bancaire portugais a poursuivi son repli au T2 2018, à 11,7% (puis 11,3% au T3 2018), après avoir enregistré un pic à 17,9% au T2 2016. Cette contraction de 6,2 points de pourcentage du ratio s’explique essentiellement par la réduction de près de 40% de l’encours des PNP tandis que celui des prêts totaux diminuait de 2,1%. Selon les données de la Banque du Portugal, la baisse du ratio des PNP résulte à hauteur de 42% d’abandons de créances, tandis que les cessions et titrisations y concourent à 23%. Ainsi, près des deux tiers de l’assainissement du bilan des banques portugaises ont procédé d’une sortie des PNP du système bancaire. Au demeurant, le reclassement de PNP en catégorie « prêts performants » a plus que compensé les flux de prêts nouvellement non performants. Les flux nets de PNP ont ainsi contribué à hauteur de 24% à la réduction du ratio.
Sur la bonne voie 11/07/2018
L’embellie économique se poursuit, même si le pays a enregistré son pic de croissance en 2017, au plus haut depuis 15 ans. Encore supérieure à son potentiel, la croissance pourrait se maintenir au-dessus de 2% en 2018. Le marché du travail est très bien orienté, même si l’ampleur des créations reflète aussi la faiblesse des gains de productivité. La situation du secteur bancaire s’améliore progressivement, de même que celle des finances publiques. Dans ce contexte, le pays a progressivement retrouvé la faveur des principales agences de notation, et, par rapport aux premiers mois de 2017, la détente des taux souverains est spectaculaire.
Portugal : Inversion de tendance pour les créances douteuses 04/10/2017
La recapitalisation de la Caixa Geral de Depósitos et de Millennium-BCP, ainsi que la restructuration d’une partie du portefeuille de Banco BPI sont autant d’exemples d’initiatives engagées par les banques portugaises afin d’assainir leur bilan. L’amélioration de la qualité des actifs bancaires a également été favorisée par l’une des croissances les plus dynamiques de la zone euro et un taux de chômage divisé par près de 2 en l’espace de quatre ans. Après avoir culminé à EUR 13,7 mds en août 2015, l’encours des créances douteuses (overdue loans des sociétés non financières) a reculé de 23% (EUR 3,2 mds) pour s’établir à EUR 10,5 mds en juillet 2017. Le ratio de créances douteuses a enregistré toutefois un repli plus modeste de 16,12% à 14,01% sur la même période, en lien avec une contraction de 12% de l’encours total des prêts. L’immobilier et le commerce/tourisme présentent toujours les ratios de créances douteuses par secteur les plus élevés à respectivement 29,48% et 10,11%.
Le vent en poupe 06/07/2017
La croissance a nettement accéléré au cours des derniers trimestres, et elle atteint pour l’heure un niveau élevé au sein de la zone euro. L’emploi se redresse vivement, ce qui a conduit l’indice de confiance des ménages à un plus haut historique. Signe que l’économie est désormais à même de tirer le plein bénéfice d’un environnement porteur, cet élan devrait faciliter la poursuite des ajustements toujours nécessaires. Les fragilités de l’économie portugaise n’ont pas disparues mais les conditions sont réunies pour les réduire. Sorti récemment de la procédure européenne pour déficit excessif, le pays doit toutefois veiller à mettre son ratio de dette publique sur une trajectoire franchement baissière.  
Portugal : Vers un retour de la croissance du crédit bancaire ? 18/01/2017
Le taux de croissance annuel des crédits des banques portugaises aux sociétés non financières et aux ménages de la zone euro s’est redressé depuis fin 2012. Malgré le maintien de ce dernier en territoire négatif, un ralentissement de la baisse du crédit bancaire est nettement observable entre octobre 2012 et novembre 2016, passant au total de -5,6% à -2,1% en rythme annuel. Les mouvements d’ensemble ont été amplifiés par ceux du crédit aux sociétés non financières dont la volatilité est 12,5% plus importante que celle du crédit aux ménages (écart type de 2,5 contre 2,8). Après plusieurs années d’ajustements, les perspectives de croissance et d’inflation plus favorablement orientées au Portugal sont susceptibles de permettre un retour à la hausse du crédit bancaire domestique.  
La Commission européenne fait preuve de souplesse 02/12/2016
Le gouvernement portugais estime, dans son plan budgétaire, répondre aux exigences de la Commission européenne en prévoyant de ramener son déficit budgétaire à 2,4% du PIB cette année. Le gouvernement prévoit par ailleurs de le réduire à nouveau en 2017, en le ramenant à 1,6% du PIB.
Une croissance atone 11/10/2016
L’économie portugaise pâtira de la faiblesse de la croissance chez certains de ses principaux partenaires commerciaux, en particulier au sein de la zone euro. Les moindres créations d’emplois ainsi que la hausse de l’inflation pèseront sur la consommation des ménages, qui avait été le moteur principal de la croissance à partir du milieu de l’année 2013. Le Portugal, qui devrait afficher une croissance voisine de seulement 1% en 2016 et 2017, doit pourtant relever de nombreux défis, tels la faiblesse de sa croissance potentielle et l’assainissement de ses finances publiques. Le pays est parvenu à réduire sensiblement son déficit public ces dernières années, mais celui-ci reste trop élevé au regard des exigences de la Commission européenne.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2122 articles et 586 vidéos