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L’épouvantail de la dette 07/02/2019

Le ralentissement de la croissance économique se confirme alors que l’endettement privé est tout juste stabilisé. Doit-on s’en inquiéter ?

TRANSCRIPT // L’épouvantail de la dette : février 2019

LE GRAPHIQUE DU MOIS

Le ralentissement de la croissance, dont on vient de parler avec William De Vijlder, touche aussi les pays émergents. Attention au talon d'Achille de ces pays, la dette.

François Doux

François Faure, bonjour.

François Faure

Bonjour.

François Doux

Où en est-on de la dette des pays émergents en ce début d'année 2019 ?

François Faure

Cela dépend si on inclut ou non la Chine dans les pays émergents. Si l'on inclut la Chine, on voit non seulement que le taux d'endettement est beaucoup plus élevé.

François Doux

C'est la courbe bleue

François Faure

Exactement, mais aussi qu'il a continué à augmenter au cours de l'année 2018. En revanche, si on exclut la Chine, on voit que le taux d'endettement est à peu près stable. Cela dit, par rapport à juste avant la crise financière de 2008-2009, il est plus élevé, ce qui fait dire au FMI et à d'autres institutions financières internationales que le désendettement n'a pas eu lieu.

François Doux

Entrons dans le détail, quels pays vont faire face à une hausse de leurs remboursements ?

François Faure

Pour mesurer la vulnérabilité de ces pays, on a pris l'ensemble de l'amortissement de la dette obligataire et des prêts syndiqués de ces pays par rapport à leurs réserves de change et on a reporté sur ce graphique les pays pour lesquels ce ratio était le plus élevé. En fait, on distingue deux groupes de pays. Il y a des pays pour lesquels la situation macro-économique et les fondamentaux macro-économiques sont plutôt bons. C'est le cas de la Corée du Sud, du Mexique, de la Malaisie, voire même de la Chine pour lesquels on n'a pas d'inquiétudes majeures même si les ratios sont relativement élevés. En revanche, un groupe de pays est plus fragile, c'est-à-dire l'Ukraine, l'Afrique du Sud, la Turquie et le Ghana pour lesquels le ratio est assez élevé. Pour l'Ukraine, il devrait même s'alourdir assez nettement au cours des trois prochaines années.

François Doux

Pour conclure, est-ce qu'une hausse de l'endettement pourrait, en cas de problème, conduire à une crise du crédit ?

François Faure

La réponse est plutôt non. Les économistes de la Banque centrale européenne ont récemment publié une étude. Lorsque l'on compare les conditions macro-économiques telles qu'elles étaient du temps de la grande crise financière asiatique de la fin des années 90 avec la situation actuelle, il y a très peu de pays dont la probabilité de crise a augmenté. Les seuls pays pour lesquels cette probabilité a augmenté sont la Turquie, l'Ukraine et l'Argentine.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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