eco TV

L’économie chinoise connaît un nouveau coup de frein

19/05/2022

La croissance économique chinoise s’était légèrement renforcée au cours des deux premiers mois de l’année. Mais le redressement s’est brutalement interrompu en mars.

TRANSCRIPT // L’économie chinoise connaît un nouveau coup de frein : mai 2022

La principale raison de ce nouveau coup de frein est la crise sanitaire. Ces dernières semaines, les mesures visant à contenir l’épidémie ont été appliquées dans un très grand nombre de régions. Les mesures vont de confinements très stricts bloquant l’ensemble des activités à des restrictions localisées n’affectant que partiellement la consommation des ménages.

La production industrielle a ralenti en mars et probablement encore en avril. L’activité dans le secteur des services s’est contractée légèrement. Les ventes au détail ont baissé. La crise du secteur immobilier s’est de nouveau aggravée.

Les prochaines semaines devraient rester compliquées. Et la Chine va ressentir des effets indirects de la guerre en Ukraine, principalement via la hausse des prix des matières premières et l’affaiblissement du commerce mondial.

Dans ce contexte, les autorités accélèrent l’assouplissement de la politique économique.

Des mesures de soutien budgétaire assez importantes sont envisagées. Elles seront en partie financées grâce au report de ressources budgétées en 2021, mais non utilisées. Elles seront également prises en charge, comme souvent en Chine, par les fonds quasi-budgétaires gérés par des collectivités locales et par des entités extrabudgétaires.

Les principales mesures de relance budgétaire seront de nouveaux investissements dans les infrastructures publiques ainsi que des aides et réductions d’impôts visant notamment à soutenir les petites entreprises et l’industrie manufacturière. Etant donné la faiblesse de la consommation privée, des mesures de soutien aux ménages seraient également bienvenues.

La politique monétaire et les conditions de crédit ont été assouplies très progressivement depuis le dernier trimestre 2021, y compris dans le secteur immobilier. La croissance du total des crédits à l’économie s’est légèrement redressée.

D’autres mesures d’assouplissement monétaire sont attendues à très court terme. Les autorités monétaires semblent toutefois vouloir rester prudentes, et ce en dépit de l’ampleur du ralentissement et la dégradation de l’environnement international.

Voir plus de vidéos Eco TV

Sur le même thème

Trou d’air 17/07/2022
Au T2 2022, l’activité économique chinoise s’est contractée de 2,6% t/t et n’a quasiment pas progressé en glissement annuel (+0,4%). Cette mauvaise performance résulte essentiellement des restrictions à la mobilité imposées dans de nombreuses provinces en réponse à la nouvelle vague de Covid-19, les confinements les plus stricts ayant été maintenus de mars à mai dans des centres économiques majeurs tels que Shanghai. Le choc sur l’activité au T2 2022 a été sévère et inattendu, mais néanmoins moins violent qu’au T1 2020, lorsque les confinements imposés au début de la crise sanitaire avaient conduit à un effondrement de l’activité de 10,3% t/t et de 6,9% en g.a.
Dégradation des perspectives de croissance 29/06/2022
L’activité s’est contractée en avril et mai 2022 en raison de sévères restrictions à la mobilité imposées dans des régions industrielles comme Shanghai. Depuis fin mai, ces restrictions sont progressivement levées, et l’activité a commencé à rebondir. Cependant, les risques baissiers restent élevés, et les autorités continuent d’assouplir les politiques budgétaire et monétaire. Alors que la demande de crédit ne se redresse que légèrement malgré la baisse des taux d’intérêt, l’environnement international et les risques de sorties de capitaux pourraient limiter la marge de manœuvre de la banque centrale.
Les risques baissiers sur la croissance restent élevés 19/06/2022
L’importante contraction de la zone bleue par rapport à la zone en pointillés illustre l’ampleur du choc subi par l’économie chinoise depuis le mois de mars 2022. La résurgence de l’épidémie de Covid-19 a conduit plusieurs provinces à introduire de nouvelles restrictions à la mobilité, les confinements les plus stricts étant imposés dans des régions industrielles et portuaires majeures du pays, à Shanghai en particulier. Les restrictions ont affaibli les dépenses des ménages, interrompu l’activité des usines, gêné le transport et l’exportation de marchandises et provoqué des difficultés d’approvisionnement en Chine et à l’étranger.
Contraction de l'activité 22/05/2022
La croissance économique chinoise avait commencé à ralentir en mars puis l’activité s’est contractée en avril (production industrielle : -2,9% en glissement annuel, production de services : -6,1% en g.a.). Cette dégradation rapide résulte essentiellement des restrictions à la mobilité imposées dans diverses régions du pays en réponse à l’importante vague épidémique. Surtout, des confinements stricts ont été imposés dans des régions industrielles et portuaires majeures du pays (Shanghai en particulier), ralentissant l’activité des usines et perturbant le transport de marchandises et l’approvisionnement dans de nombreux secteurs. Dans leur ensemble, la situation épidémique et le niveau des restrictions à la mobilité en Chine montrent des signes d’amélioration au mois de mai. L’activité économique locale pourrait donc commencer à se redresser.
Chine : nouveau ralentissement économique, nouvelle augmentation des risques de crédit 20/05/2022
En Chine, l’activité économique s’est contractée au mois d’avril et les perspectives de croissance à court terme restent incertaines. Dans cet environnement compliqué, comment évoluent les risques de crédit ?
Exportations chinoises : important ralentissement en vue 03/05/2022
Après une performance extrêmement solide en 2020 et 2021, les exportations vont ralentir fortement en 2022. Leur croissance se normalise déjà depuis quelques mois, et le ralentissement devrait s’accentuer au T2 2022. En cause : les contraintes sur l’offre résultant des perturbations dans les usines, des difficultés d’approvisionnement du secteur manufacturier et des problèmes de transport des marchandises dus aux confinements dans plusieurs grandes régions industrielles et portuaires du pays (Shanghai en particulier). Les exportations à destination des pays d’Asie (47% des exportations chinoises), premiers touchés par les problèmes logistiques de la Chine, ont particulièrement ralenti en mars. Du côté de la demande, les perspectives se dégradent également depuis le début de la guerre en Ukraine. Dans son World Economic Outlook d’avril, le FMI a révisé une nouvelle fois à la baisse ses prévisions de croissance de l’économie mondiale pour 2022 à 3,6% (après 6,1% en 2021) et du commerce mondial à 5% (après 10,1% en 2021). Le ralentissement des exportations de la Chine et la dégradation attendue de ses excédents commerciaux et courants (d’autant que la facture des importations subit la hausse des prix des matières premières) – auxquels s’ajoutent les effets de la divergence croissante entre les politiques monétaires de la Fed américaine et de la Banque Populaire de Chine – ont contribué à la soudaine dépréciation du yuan contre dollar (de 4% environ) au mois d’avril.
Chine : Confinée 24/04/2022
La croissance économique chinoise s’est établie à 4,8% en glissement annuel (g.a.) au T1 2022. Elle s’était légèrement renforcée au cours des deux premiers mois de l’année, dans l’industrie comme dans les services, mais la reprise s’est interrompue en mars. Les conditions économiques se sont rapidement dégradées, comme l’illustre notre baromètre (rétrécissement de la zone bleue par rapport à la zone en pointillés). Cette dégradation a résulté en premier lieu de la forte recrudescence de l’épidémie de Covid-19 et des restrictions à la mobilité imposées dans de nombreuses régions du pays. En outre, les perspectives de croissance à court terme sont également assombries par la détérioration de l’environnement international provoquée par la guerre en Ukraine.
Nouvelles perturbations 14/04/2022
Après un bon début d’année 2022, la croissance économique chinoise a ralenti en mars. Les vents contraires vont persister à très court terme. D’abord, la très forte hausse du nombre de cas de Covid-19 a conduit de nombreuses régions à imposer de sévères restrictions à la mobilité. Ensuite, la correction dans le secteur immobilier se poursuit. Enfin, les effets de la guerre en Ukraine sur les prix des matières premières et le commerce mondial devraient pénaliser les producteurs et les exportations. Les autorités chinoises accélèrent donc l’assouplissement de leur politique économique.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1811 articles et 362 vidéos