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Zone euro : retour sur 2019, perspectives 2020 et risques potentiels

24/01/2020

La zone euro a traversé une année 2019 difficile. En 2020, un début de stabilisation pourrait voir le jour. Toutefois, un redressement marqué est peu probable.

TRANSCRIPT // Zone euro : retour sur 2019, perspectives 2020 et risques potentiels : janvier 2020

La zone euro, comme beaucoup de pays avancés, a traversé une année 2019 difficile. La croissance annuelle moyenne de la zone serait autour de 1%, un rythme inférieur à son potentiel. Les grands pays de la zone euro ont connu des dynamiques diverses : la France a certes ralenti par rapport à 2018 mais affiche une stabilité certaine depuis, l’économie espagnole continue de croître à un rythme soutenu malgré un léger tassement, en Italie l’activité progresse faiblement et l’Allemagne continue de pâtir des grandes difficultés traversées par son importante industrie manufacturière.

Que peut-on attendre en 2020 ? Un début de stabilisation, peut-être, un redressement marqué, probablement pas.

Sur le front de la demande interne, les investisseurs privés de la zone euro devraient continuer de bénéficier de conditions de financement favorables. Si les taux d’intérêt à long terme pourraient légèrement se redresser ce mouvement serait toutefois limité par l’absence de rebond du côté de l’inflation et de la croissance et l’absence de nouvelles mesures de soutien monétaire du côté de la Banque Centrale Européenne. Le dynamisme des salaires nominaux et un taux de chômage qui n’augmenterait pas resteraient un soutien à la consommation des ménages.

Sur le front externe, les quelques dernières bonnes nouvelles doivent être considérées avec prudence et n’écartent pas tous les risques qui entourent le scénario macroéconomique : d’abord, la signature de la Phase 1 de l’accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine marque un répit, probablement temporaire, à la hausse des tensions ; ensuite, les avancées dans le dossier du Brexit, marque l’ouverture de la phase de transition, elle-même associée à de nouvelles discussions difficiles ; enfin l’accélération anticipée du commerce mondial en 2020, en ligne avec la hausse de la croissance dans certains pays émergents, devra être confirmée dans les prochains mois.

L’ensemble de ces facteurs permettrait de soutenir l’activité économique dans le secteur manufacturier, qui aurait déjà dépassé son creux. Toutefois, la valeur ajoutée de cette branche baisse continûment en rythme trimestriel depuis le 3e trimestre 2018, et les dernières données conjoncturelles dont nous disposons font état de nouvelles baisses de la production manufacturière. Cette situation sera à suivre de près dans les prochains mois, en particulier, dans le secteur automobile. En effet, la production automobile en Allemagne a par exemple atteint un point bas en 2019. La demande fragilisée en provenance notamment des émergents et la mise en place de nouvelles réglementations environnementales au niveau européen ont pesé sur le secteur. Ces réglementations posent d’ailleurs différentes questions à court et moyen terme:

  • L’industrie automobile est-elle capable d’adapter sa production en augmentant la part des technologies faiblement émettrices de CO2
  • Est-elle capable de le faire suffisamment rapidement afin d’éviter un coût financier supplémentaires liées aux amendes imposées en cas de non-respect des réglementations
  • La hausse des coûts liée à l’ajustement de la production peut-elle être absorbée par les marges des constructeurs ? Ou sera-t-elle répercutée sur les prix payés par le consommateur ?

Pour de plus amples détails relatifs aux prévisions macroéconomiques des Etudes économiques de BNP Paribas, vous pourrez retrouver très prochainement sur notre site l’EcoPerspectives pour le T1 2020.

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