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BCE : accommodante mais prudente

07/06/2019

La BCE a annoncé l’extension de sa forward guidance et a précisé les modalités de ses prêts à long terme pour les banques de la zone euro.

Louis BOISSET

TRANSCRIPT // BCE : accommodante mais prudente : juin 2019

Quelques annonces intéressantes peuvent être retenues de la dernière réunion de politique monétaire de la BCE.

#1 Une forward guidance étendue et des précisions sur les TLTRO

La forward guidance a été modifiée. Les taux resteront finalement inchangés jusqu’à mi-2020, plutôt que fin 2019. Un degré d’accommodation monétaire supplémentaire est donc ajouté par le Conseil des Gouverneurs, dans à un environnement économique incertain et à la baisse des anticipations d’inflation.

Une nouvelle vague de prêts à long terme (TLTRO-III) sera activée en septembre prochain, et devrait aider les banques à répondre à leurs exigences de liquidité.

Toujours accommodantes, les conditions assorties à ces opérations sont toutefois moins généreuses que lors des vagues précédentes de prêts à long terme. Cette modification des modalités peut s’expliquer notamment par un environnement macroéconomique actuel plus favorable qu’en 2015. A cette époque, l’inflation était en territoire négatif. Par ailleurs, il se peut que la BCE souhaite limiter la dépendance des banques à sa politique monétaire. Ainsi, les TLTRO-III seront assortis d’un taux qui peut être au plus bas égal à -0,3%.

#2 Des révisions légères du scénario de croissance et d’inflation

Les économistes de la BCE avaient peu de raisons de modifier sensiblement leur scénario macroéconomique. Toutefois, la prévision de croissance annuelle pour 2019 a été légèrement révisée à la hausse suite à un 1er trimestre meilleur qu’attendu. Ensuite, la croissance est légèrement révisée à la baisse. Dans un environnement durablement plus incertain les risques restent élevés autour du scénario central. Du côté de l’inflation, et en dépit de la baisse des anticipations, l’inflation sous-jacente est quasiment inchangée et la convergence vers 2% est encore valable.

#3 Des marges monétaires subsistent, mais moins et pas sans risques

L’une des questions clés demeurent la faculté de la BCE à intervenir en cas de ralentissement plus brutal de l’activité en zone euro. Scénario qui, s’il se produisait, pèserait encore davantage sur la dynamique de convergence de l’inflation vers 2%.

La BCE bénéficie encore de marges de manœuvre certaines en termes de politique monétaire, mais celles-ci sont moindres et peuvent présenter des risques. Et la succession prochaine de Mario Draghi pourrait compliquer davantage la tâche. En effet, le Conseil des gouverneurs pourrait par exemple faire preuve de prudence concernant la modification de sa forward guidance si cela risquait de lier les mains du prochain Président de l’institution.

Une réponse monétaire pourrait ainsi être retardée, bien que la BCE confirme être prête à intervenir avec l’ensemble des instruments de sa boite à outil en cas de choc négatif.

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