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Choc du Covid-19 : une hausse marquée de l’inflation est-elle à prévoir ?

17/04/2020

Le choc du Covid-19 mènera, c’est certain, à une courte mais profonde récession dans la plupart des économies. L’effet sur l’inflation est à l’inverse incertain. Si à court terme, beaucoup d’observateurs s’attendent à des pressions désinflationnistes, à moyen terme, la dynamique est plus ambiguë. 

Louis BOISSET

TRANSCRIPT // Choc du Covid-19 : une hausse marquée de l’inflation est-elle à prévoir ? : avril 2020

Le choc du Covid-19 mènera, c’est certain, à une courte mais profonde récession dans la plupart des économies. L’effet sur l’inflation est à l’inverse incertain.

- A court terme, beaucoup d’observateurs s’attendent à des pressions désinflationnistes : baisse marquée de la demande; baisse des prix des matières premières non agricoles ; de nombreux pays ont des stocks ou peuvent compenser la baisse de la production nationale par des importations.

- A moyen terme, les choses sont plus ambigus, la question étant en partie de savoir si le choc d’offre l’emporte sur celui de la demande ou inversement.  Deux scénarios s’opposent

  • Les arguments en faveur d’une hausse des pressions inflationnistes 

D’abord, lors d’une récession normale, l’économie souffre d’une insuffisance de la demande, aujourd’hui c’est  également l’offre qui pose problème et une part importante de la production souffre de la distanciation sociale. Aussi, lorsque les mesures sanitaires seront levées, en raison d’un important stimulus budgétaire et monétaire, cela fera pression à la hausse sur l’inflation en soutenant la demande dans un contexte d’offre encore contrainte. Enfin, la banque centrale ne pourrait contrer l’accélération des prix en raison des niveaux d’endettement élevés.

Plus globalement, l’accélération du processus de raccourcissement des chaînes de valeurs mondiales pourraient augmenter les coûts de production et au final l’inflation.

  • Les arguments en faveur d’un biais toujours désinflationniste

Du côté de l’offre, si des faillites d’entreprises et une hausse du chômage sont inévitables, la situation actuelle pourrait ne pas résulter en une destruction aussi massive de capacités de production (capital et travail) que lors d’épisodes de guerre ou de sinistres climatiques. En période de guerre, l’Etat peut jouer le rôle premier employeur, et ainsi créer plus d’inflation. C’est moins le cas aujourd’hui. Enfin, on peut anticiper que dans de nombreux secteurs, des réductions de prix seront opérées à la suite du relâchement des mesures de confinement, notamment dans le transport aérien.

Du côté de la demande, il convient de noter que le choc d’offre peut de son côté entraîner une insuffisance du côté de la demande qui conduisent à une contraction du PIB plus importante que le choc d’offre initial. Des comportements de précaution et un niveau toujours élevé d’incertitudes freineraient la demande privée.

 

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