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Double choc économique dans le Golfe : risques et perspectives

25/05/2020

Les pays du Golfe ont la capacité financière de faire face au double choc du Covid-19 et de la chute des revenus pétroliers. Néanmoins, les risques s’accumulent sur finances publiques en Oman et à Bahrein, et sur les perspectives économiques à Dubaï. A terme, la crise pourrait accélérer les réformes budgétaires.

Pascal DEVAUX

TRANSCRIPT // Double choc économique dans le Golfe : risques et perspectives : mai 2020

Les pays du Golfe font face à un double choc économique : le ralentissement de l’activité lié aux mesures de confinement, et surtout à l’effondrement des prix du pétrole. Dans l’ensemble, on estime que les revenus d’exportations de pétrole, environ les 2/3 des exportations, vont baisser de plus de 40% en 2020 par rapport à 2019, soit une réduction de plus de 200 mds d’USD. Par ailleurs, la croissance hors-pétrole devrait être fortement négative dans tous les pays en raison du ralentissement dans la construction, de la chute du tourisme et de la baisse de la consommation intérieure.

En termes de risque, trois éléments sont à souligner :

Premièrement, la dégradation des finances publiques avec des déficits budgétaires supérieurs à 10% du PIB en moyenne en 2020. Cependant, les risques restent gérables grâce aux réserves accumulées dans les fonds souverains et à la possibilité d’émettre de la dette sur les marchés internationaux. Seuls Oman et Bahrein pourraient face à des difficultés de financement en 2020 et 2021.

Deuxièmement, l’ancrage des monnaies régionales par rapport au dollar reste assuré. Pour Oman, une rupture totale de l’ancrage au dollar reste peu probable, néanmoins, un changement de parité est possible.

Troisièmement, l’émirat de Dubaï concentre les facteurs de vulnérabilité : ses moteurs de croissance sont le tourisme, l’immobilier et les transports ; notamment l’aérien. La crise économique, latente depuis plusieurs années risque d’accélérer.

En termes de perspectives, une conséquence positive de la crise actuelle pourrait être une accélération des réformes budgétaires afin de réduire la dépendance pétrolière. On a vu l’Arabie Saoudite s’engager dans cette voie avec l’annonce d’un triplement du taux de TVA. Il faut néanmoins rester prudent, les réformes budgétaires dans le Golfe se sont souvent montrées décevantes.

 

 

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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