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Durcissement monétaire dans les pays émergents

05/11/2021

Dans les pays émergents, les politiques monétaires se durcissent se durcissent en Europe et en Amérique latine. En cause : l’accélération de l’inflation. Cela peut sembler prématuré dans la mesure où les économies viennent tout juste de retrouver leur niveau d’activité d’avant crise. Ce tour de vis est-il justifié et quelles en sont conséquences ?

François FAURE

TRANSCRIPT // Durcissement monétaire dans les pays émergents : novembre 2021

Dans les pays émergents, les politiques monétaires se durcissent. En cause : l’accélération de l’inflation. Ce tour de vis est-il justifié et quelles en sont conséquences ? 

En nombre limités au deuxième semestre 2020, les relèvements des taux d’intérêt directeurs des banques centrales se multiplient depuis le début de l’année. Pour l’instant, le durcissement monétaire s’observe en Amérique latine et en Europe mais pas en Asie. La cause est évidemment l’accélération de l’inflation qui, elle, est générale en raison de l’envolée des cours matières premières, des prix des matériaux de construction et des produits industriels intermédiaires, notamment électroniques.

Le durcissement monétaire est justifié car on observe également une accélération de l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire hors prix de l’alimentation et de l’énergie. En Asie, les banques centrales sont d’ailleurs restées l’arme au pied car l’inflation sous-jacente est encore faible, généralement inférieure à 2%. Le durcissement monétaire est aussi justifié pour les pays dont les monnaies se sont le plus dépréciées, le real brésilien et la livre turque.

Quelles conséquences négatives peut-on craindre du durcissement des politiques monétaires ? Deux principalement

  • Premièrement, le resserrement monétaire peut entraver la reprise au moment où les soutiens budgétaires mis en place en 2020 vont s’arrêter. Selon les estimations de l’IIF, sur un échantillon de 10 principaux pays émergents, la réduction prévue des dépenses budgétaires primaires en 2022-2023 aurait un impact négatif cumulé sur la croissance compris entre 0.5 et 1.5 points de PIB. Pour l’instant, la hausse des taux directeurs a été moindre que l’accélération de l’inflation d’ensemble. Les politiques monétaires ne peuvent pas être considérées comme restrictives.
  • Deuxièmement, le durcissement monétaire peut renchérir le coût d’emprunt pour les États, les entreprises et les ménages et donc alourdir le fardeau de leur dette. Pour les deux zones Europe et Amérique latine, l’augmentation médiane du ratio de dette publique a été d’environ 11 points de PIB pour les pays d’Europe et 8 points pour les pays d’Amérique latine. L’évolution du ratio de dette des ménages et entreprises a été bien plus faible et parfois négative. Mais la hausse de l’endettement public se combine avec des taux d’intérêt sur les obligation d’État en monnaie locale plus élevés qu’à la fin 2019 surtout pour les pays d’Amérique latine et la Turquie

En conclusion, les durcissements monétaires peuvent sembler prématurés dans la mesure où les économies viennent tout juste de retrouver leur niveau d’activité d’avant la pandémie. Mais l’objectif pour les banques centrales est de veiller à ne pas réveiller les anticipations inflationnistes car, s’agissant des pays émergents, la sanction serait une augmentation des taux d’intérêts réels et pas une diminution.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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