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Élection présidentielle en Ukraine : garder le cap économique

05/04/2019

Quelle que soit l’issue du second tour de l’élection présidentielle prévu le 21 avril, l’Ukraine ne devrait pas dévier fondamentalement de sa trajectoire en termes de politique économique.

Sylvain BELLEFONTAINE

TRANSCRIPT // Élection présidentielle en Ukraine : garder le cap économique : avril 2019

Quelle que soit l’issue du second tour de l’élection présidentielle prévu le 21 avril, l’Ukraine ne devrait pas dévier fondamentalement de sa trajectoire en termes de politique économique, guidée notamment par les recommandations du FMI.

 

Ce dimanche 31 mars, les urnes ont désigné l’actuel président Poroshenko et le comédien Zelensky, novice en politique, pour s’affronter au second tour. Si le programme économique de Volodymyr Zelensky demeure flou, le principe de réalité devrait s’imposer au prochain président. Car si l’économie ukrainienne s’est stabilisée depuis la crise de 2014-2015, elle n’en demeure pas moins toujours fragile, exposée notamment aux tensions géopolitiques.

 

La signature d’un nouveau programme FMI de 14 mois en décembre dernier a rassuré les investisseurs internationaux quant à la capacité de l’Ukraine à honorer ses importants engagements financiers externes en 2019. En contrepartie, le gouvernement a consenti à poursuivre les efforts pour consolider les finances publiques, réduire l’inflation, maintenir un régime de change flexible, renforcer le système financier et la lutte contre la corruption, ainsi que réformer les secteurs énergétique et agricole.

 

 

Tributaire des bailleurs de fonds et des marchés de capitaux internationaux, l’Ukraine doit donc maintenir le cap macroéconomique avec en ligne de mire un renouvellement du programme FMI en 2020.

 

Dans ce scénario, nous prévoyons une croissance économique de 2,5% en moyenne en 2019-2020, après 3,3% en 2018. La consommation devrait continuer d’être soutenue par les hausses de salaires, le crédit et le ralentissement de l’inflation. L’investissement devrait pâtir du cycle électoral, sachant que des législatives sont prévues en octobre. L’agriculture devrait ralentir après des récoltes record en 2018, tout comme l’industrie, notamment minière, affectée par des contraintes logistiques dans l’est du pays et un contexte économique mondial moins favorable. Le déficit courant devrait demeurer relativement important autour de 4% du PIB.

 

L’inflation devrait rester au-dessus de la borne supérieure de la cible de la banque centrale fixée à 6%. Les risques sur l’inflation résident dans la hausse des prix de l’énergie et de nouvelles pressions sur la Hryvnia. Toutefois, malgré la persistance des risques politiques et géopolitiques, les politiques monétaires toujours accommodantes aux Etats-Unis et en Europe, comparées à la politique monétaire ukrainienne plutôt restrictive, ainsi que le support des bailleurs internationaux, devraient soutenir la confiance des investisseurs dans les prochains mois.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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