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Europe centrale : le temps du resserrement monétaire

02/07/2021

L’Europe centrale connait une accélération de l’inflation. Les prix à la consommation ont retrouvé une croissance proche de celle de l’avant-Covid, tandis que les prix à la production progressent plus rapidement : un enjeu pour les marges de entreprises, au moment où les banques centrales commencent à remonter leurs taux.

Stéphane Colliac

TRANSCRIPT // Europe centrale : le temps du resserrement monétaire : juillet 2021

L’inflation s’est brutalement accélérée en Europe centrale depuis le début de l’année 2021. Un sujet qui n’est pas nouveau dans la région, déjà concernée par un épisode inflationniste juste avant l’épidémie de Covid et auquel cette dernière avait mis provisoirement fin, notamment en raison de la baisse du prix du pétrole.

Ainsi, l’inflation devrait atteindre 3,8% en moyenne dans la région en 2021, un niveau plus connu depuis 2011, avec en tête d’affiche la Hongrie (avec 4,6%) et la Pologne (4,5%). Certes, une partie de cette accélération des prix provient d’un effet de base : les prix ont baissé pendant la pandémie et retrouvent progressivement leur niveau antérieur, au prix rang desquels le pétrole.

Au-delà de cette circonstance, l’inflation comporte également un caractère conjoncturel. La réouverture des économies et la forte demande pour l’industrie manufacturière bénéficie au pays d’Europe centrale et singulièrement à leur secteur exportateur. En conséquence, le chômage est revenu au point bas de l’avant Covid, avec des raretés de main d’œuvre conséquentes, poussant les coûts salariaux à la hausse.

Conjoncturel n’est pas toujours synonyme de courte durée. Il apparait que cette croissance économique dure encore à un rythme rapide jusqu’à la fin 2022 et que les tensions inflationnistes ne se réduisent que progressivement. En particulier, la croissance des prix à la production s’est elle aussi accélérée très nettement.

Celle-ci est affectée par la hausse du coût des matières premières (énergie, métaux et alimentation), mais également par la rareté de certaines matières, notamment les métaux, les plastiques ou les semi-conducteurs, eu égard à l’ampleur de la demande. Or, cette dernière dynamique est appelée à durer car, au redémarrage de l’économie, s’ajoute la transition écologique, qui suppose le remplacement de biens anciens (moyens de transport notamment) par de nouveaux : soumises à des tensions durables sur les coûts les entreprises devraient donc connaitre des tensions sur leurs marges.

Et à celles-ci devraient se manifester un accroissement du coût de financement. En effet, deux banques centrales, en République tchèque et en Hongrie ont d’ores et déjà relevé leurs taux directeurs. Et ce n’est qu’un début, d’autres devraient suivre.

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