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France : deuxième étape de la stratégie de sortie de crise

17/09/2021

Alors que la reprise économique se confirme, une nouvelle étape de la stratégie de sortie de crise peut s’enclencher pour poursuivre le retrait progressif du filet de sécurité des mesures d’urgence.

Hélène BAUDCHON

TRANSCRIPT // France : deuxième étape de la stratégie de sortie de crise : septembre 2021

Alors que la reprise économique se confirme, une nouvelle étape de la stratégie de sortie de crise peut s’enclencher pour poursuivre le retrait progressif du filet de sécurité des mesures d’urgence. Pour rappel, la première étape avait été amorcée en mai. Elle prévoyait, pour les secteurs les plus affectés par la crise sanitaire, une diminution par paliers, de juin à août, du montant de l’aide versée dans le cadre du fonds de solidarité et, du côté du chômage partiel, une augmentation, également par paliers, du reste à charge pour les entreprises.

La deuxième étape concerne notamment le fonds de solidarité, qui est prolongé en septembre (mais il faudra aussi justifier d’un minimum d’activité) avant d’être supprimé en octobre (sauf en outre-mer où la situation sanitaire impose encore des fermetures administratives). Une prise de relais est toutefois prévue via l’élargissement du dispositif de remboursement des frais fixes. Septembre marque aussi la fin des aides au paiement des cotisations sociales. Du côté du chômage partiel, les secteurs toujours très perturbés par la situation sanitaire continueront de bénéficier d’un reste à charge nul. Une nouvelle clause de revoyure (après celle de fin août) est déjà fixée pour début novembre.

La fin programmée du « quoi qu’il en coûte » ne doit pas inquiéter outre-mesure. L’urgence est passée, la mise sous perfusion a été efficace et l’économie, dans son ensemble, n’en a plus besoin. De plus, l’arrêt n’est pas total : certains dispositifs globaux (frais fixes, PGE) ainsi que des mesures sectorielles restent en place.

Ensuite, il y a le soutien du plan France Relance qui prend le relais. 40 milliards d’euros sont déjà engagés sur le total de 100 milliards prévus sur 2 ans et l’objectif pour cette année a été rehaussé, de 50 à 70 milliards engagés. Le gouvernement recense de nombreux effets microéconomiques positifs de ce plan, notamment sur la rénovation énergétique des logements privés, les achats de véhicules moins polluants, les investissements industriels et l’apprentissage. Au niveau macroéconomique, on peut probablement aussi attribuer une partie du dynamisme de la reprise et de l’emploi à la montée en charge du plan de relance.

Enfin, un nouveau plan d’investissement, en capital physique comme humain, ciblé sur les secteurs industriels d’avenir et stratégiques, est en cours de préparation. Sa présentation détaillée est attendue en octobre. Son enveloppe s’élèverait à 20-30 milliards d’euros sur 5 ans. Il prendrait la suite des mesures plus globales et hétéroclites de France Relance pour préparer la France de 2030 et faire émerger les champions de demain. Merci de votre attention et à la semaine prochaine pour un nouveau numéro d’EcoTV week.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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