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France : les grandes lignes du plan de relance

18/09/2020

100 milliards d’euros : c’est le montant, conséquent, du plan de relance engagé par le gouvernement français pour les deux prochaines années. Cette enveloppe globale est répartie à peu près à parts égales entre les trois piliers du plan : 30 milliards d’euros pour l’écologie, 34 pour la compétitivité et 36 pour la cohésion sociale.

Hélène BAUDCHON

TRANSCRIPT // France : les grandes lignes du plan de relance : septembre 2020

100 milliards d’euros : c’est le montant, conséquent, du plan de relance engagé par le gouvernement français pour les deux prochaines années. Cette enveloppe globale est répartie à peu près à parts égales entre les trois piliers du plan : 30 milliards d’euros pour l’écologie, 34 pour la compétitivité et 36 pour la cohésion sociale. Les enjeux sont grands puisqu’il s’agit non seulement de soutenir la croissance à court terme (avec en ligne de mire le retour du PIB à son niveau d’avant-crise en 2022) mais aussi de la renforcer à moyen-long terme et « construire aujourd’hui la France de 2030 ».

D’où l’accent mis sur les mesures d’offre plutôt que de demande. Le soutien important aux entreprises vient aussi du coût de la crise, plus élevé pour elles que pour les ménages. Ce soutien prend diverses formes : baisse des impôts de production (10 milliards d’euros) ; renforcement des fonds propres (3 milliards) ; incitations à la relocalisation (1 milliard) ; financements pour l’innovation et l’investissement dans les technologies d’avenir (11 milliards).

Dans le plan de relance, le soutien aux ménages passe par le soutien à l’emploi et celui-ci passe par le soutien aux entreprises. La boucle est bouclée : le soutien à l’offre est aussi un soutien à la demande. L’emploi est, comme souvent, la variable charnière et, de fait, il est au cœur du plan de relance.

Car son soutien ne passe pas seulement par celui aux entreprises dans le volet « compétitivité ». D’autres mesures, plus directes, lui sont consacrées dans le volet « cohésion », comme les aides à l’embauche des jeunes (près de 4 milliards d’euros), le nouveau dispositif de chômage partiel de longue durée (près de 7 milliards) et les efforts accrus en matière de formation (5 milliards). Des retombées positives peuvent également être attendues des mesures en faveur de la transition écologique.

En résumé, nous voyons ce plan de relance comme ayant un double rôle : d’amortisseur (des séquelles de la crise) et de renfort (du redémarrage en cours et de la croissance de demain). Sera-t-il efficace, à court comme à long terme ? Il faut l’espérer, c’est probable mais il est difficile d’en juger pour le moment.

L’incertitude est en effet élevée en raison d’un certain nombre de questions en suspens (comme, par exemple, la vitesse à laquelle les 100 milliards d’euros vont être injectés). Le parti pris du soutien de l’offre n’est pas sans risque non plus. Un soutien à la demande, plus visible et immédiat, est peut-être à considérer. Il reste aussi à préciser le financement du plan. Eclaircissements attendus fin septembre, avec la présentation du budget 2021. Merci de votre attention et à la semaine prochaine pour un nouveau numéro d’EcoTV week.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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