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France : récession historique

10/04/2020

Il faut désormais s’attendre à un choc récessif massif, provoqué par la pandémie de Covid-19. Cette pandémie entre dans la catégorie des chocs extrêmes de type « cygne noir », c’est-à-dire un évènement imprévisible, de faible probabilité mais au coût considérable.

Hélène BAUDCHON

TRANSCRIPT // France : récession historique : avril 2020

2020 ne sera pas une année de croissance peu élevée mais résistante comme cela était anticipé au trimestre dernier. Il faut désormais s’attendre à un choc récessif massif, provoqué par la pandémie de Covid-19. Cette pandémie entre dans la catégorie des chocs extrêmes de type « cygne noir », c’est-à-dire un évènement imprévisible, de faible probabilité mais au coût considérable. Ce coût est aujourd’hui difficile, pour ne pas dire impossible, à quantifier compte tenu du caractère inédit du choc et parce que l’on en ignore la date de fin.

La chute libre du climat des affaires en mars nous donne néanmoins un tout premier aperçu de son ampleur. L’indice composite de l’INSEE est, en effet, tombé à 95, perdant 10 points en 1 mois, soit la baisse la plus importante jamais enregistrée. S’il n’est pas à son plus bas historique, c’est en revanche le cas du PMI composite de Markit ou de l’indice du climat des affaires de la Banque de France.

Des premières estimations de la perte d’activité liée aux mesures d’endiguement sont également disponibles. Cette perte atteindrait 30-35% sur une semaine-type de confinement par rapport à une semaine normale. Dit autrement, l’économie fonctionne à 65-70% de ses capacités. Le choc est, de fait, considérable. Il masque des disparités sectorielles importantes en termes d’ampleur de la baisse mais aussi l’effet (légèrement) amortisseur des quelques secteurs où l’activité se maintient voire s’accroît ou encore, plus anecdotique, se reconvertit ou même redémarre, au ralenti, passé le choc initial.

Plus globalement, la structure sectorielle de l’économie française lui est à la fois favorable et défavorable dans la crise actuelle : le poids des services non marchands en atténue l’impact mais celui des services marchands, habituellement amortisseur, l’augmente, au contraire. Le choc négatif sur le PIB annuel, déduit de ces estimations, est de l’ordre de -3 points par mois de confinement. Sur le seul premier trimestre 2020, la Banque de France estime que le PIB pourrait chuter de 6%. Et le deuxième trimestre sera probablement plus négatif encore.

Qu’en ira-t-il de la croissance sur l’ensemble de l’année ? Cela dépend aussi du profil de la reprise qui va suivre, une fois le risque sanitaire écarté. Le plus probable est un profil en U, c’est-à-dire un redémarrage progressif de l’économie. Il devrait être aidé en cela par l’arsenal de mesures de soutien qui a été déployé (et qui amortit le choc induit de revenus) et auquel pourrait s’adjoindre, ultérieurement, un plan de relance. D’après nos prévisions, juste actualisées, le PIB français chuterait tout de même de 7% en 2020, avant de rebondir d’autant en 2021. Des évolutions d’ampleur inédite et, il va sans dire, des prévisions hautement incertaines.

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