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Marché du travail français : état des lieux et éléments de perspective

20/11/2020

L’ampleur du choc récessif en France, au premier semestre 2020, dû à la crise de la Covid-19, et le rebond mécanique spectaculaire qui a suivi au troisième trimestre retiennent tout particulièrement l’attention. Mais les évolutions de l’emploi salarié privé et du taux de chômage sont également remarquables.

Hélène BAUDCHON

TRANSCRIPT // Marché du travail français : état des lieux et éléments de perspective : novembre 2020

L’ampleur du choc récessif en France, au premier semestre 2020, dû à la crise de la Covid-19, et le rebond mécanique spectaculaire qui a suivi au troisième trimestre retiennent tout particulièrement l’attention. Mais les évolutions de l’emploi salarié privé et du taux de chômage sont également remarquables.

Commençons par l’emploi. Ce qui est frappant, ce sont ses évolutions très amorties, à la baisse comme à la hausse, par rapport à celles du PIB. Il faut y voir l’effet du recours massif au chômage partiel permis par l’important renforcement du dispositif décidé, au printemps, par le gouvernement, dans le cadre des mesures d’urgence pour faire face au choc du confinement.

L’efficacité de cette mesure est une bonne nouvelle même si elle soulève de nombreuses questions, notamment celles de savoir 1/ à quel point, en limitant les destructions d’emplois aujourd’hui, elle limite aussi les créations de demain et 2/ si cet arbitrage est préférable à son contraire (c’est-à-dire plus de flexibilité, plus de destructions aujourd’hui mais plus de créations demain). Pour la France, nous dirions que la réponse est oui : cet arbitrage, en faveur de la préservation du capital humain, est préférable, compte tenu du mode de fonctionnement du marché du travail.

Concernant le taux de chômage, ce qui est frappant, ce sont la grande amplitude de ses variations et, surtout, leur sens, contre-intuitif. Le taux de chômage a, en effet, nettement baissé au premier semestre (quand l’activité s’écroulait) avant de fortement augmenter au troisième trimestre (quand le PIB faisait de même).

L’explication principale à ces évolutions surprenantes, en trompe l’œil, tient à la définition d’un chômeur au sens du Bureau International du Travail, à savoir être sans emploi, en recherche active d’un emploi et disponible rapidement pour travailler. Or, pendant le confinement du printemps, chercher un emploi et/ou signaler sa disponibilité était compliqué voire impossible. Cela s’est traduit par une forte baisse de la population active au premier semestre suivie d’une correction à la hausse au troisième trimestre et ces évolutions ont entraîné avec elles le taux de chômage.

Que dire des perspectives pour terminer, en quelques mots et à grands traits ? Que le reconfinement d’automne et la rechute attendue de l’activité au quatrième trimestre devraient entraîner une baisse de l’emploi et du taux de chômage mais moindre qu’au printemps. Ensuite, en 2021, on s’attend à une hausse de l’emploi et du taux de chômage, l’incertitude portant sur son ampleur (possiblement faible pour l’emploi et importante pour le taux de chômage). C’est en 2022 que la situation devrait plus visiblement s’améliorer. Merci de votre attention et à la semaine prochaine pour un nouveau numéro d’EcoTV week.

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07/10/2020

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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