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Ralentissement chinois

01/02/2019

La croissance chinoise ralentit. Les autorités ajustent leur politique économique en conséquence.

Christine PELTIER

TRANSCRIPT // Ralentissement chinois : février 2019

En Chine, la croissance économique a ralenti en 2018 pour s’établir à 6,6%.

Les autorités ont publié ce chiffre la semaine dernière et ont, dans le même temps, révisé légèrement à la baisse le taux de croissance de 2017 à 6,8%. Les indicateurs d’activité, quant à eux, soulignent une tendance au ralentissement depuis déjà la mi-2017.

La demande interne a marqué le pas, surtout à cause de mesures de restructuration de l’industrie et du resserrement de la politique économique. En effet, de fin 2016 jusqu’au printemps 2018, les autorités ont durci la politique monétaire, les règles prudentielles dans le secteur immobilier et la réglementation financière.

Tout ceci a permis d’atténuer les risques d’instabilité financière, mais aussi lourdement pesé sur le financement de l’économie, et donc l’investissement.

La consommation privée a également ralenti. Les ménages ont subi l’affaiblissement de la progression de leurs revenus en 2018. Et ceci s’explique par les difficultés du secteur manufacturier.

Ces difficultés se sont aggravées en fin d’année, puisque le secteur exportateur a commencé à ressentir les effets des mesures protectionnistes américaines. Les exportations ont fortement ralenti en novembre et se sont contractées en décembre.

En réponse au ralentissement et à la montée des difficultés financières des entreprises, les autorités ont ajusté leur politique économique.

La politique monétaire a été de nouveau assouplie très prudemment depuis quelques mois. Les autorités cherchent à relancer le crédit en faveur du secteur privé, des PME en particulier. De plus, les collectivités locales ont été autorisées à émettre davantage sur les marchés obligataires. L’investissement dans les infrastructures publiques est d’ailleurs reparti à la hausse depuis le trimestre dernier.

En revanche, jusqu’à maintenant, la baisse des taux d’intérêt et la ré-accélération des prêts bancaires ont été très limitées. La marge de manœuvre de la banque centrale est effectivement fortement contrainte : d’une part par l’excès de dette de l’économie, d’autre part par le risque de sortie de capitaux. Or, la contrainte externe de la Chine se resserre déjà à cause de la réduction de l’excédent courant ; de plus, la dépréciation du yuan peut être source de tensions supplémentaires avec les Etats-Unis.

Dans ce contexte, le gouvernement central doit accroître son recours aux mesures de relance fiscales. Des réductions d’impôts sur les revenus des ménages et sur les sociétés sont déjà effectives depuis le 1er janvier. D’autres mesures d’allègement fiscal devraient être annoncées.

Quelles sont les perspectives à court terme ?

Le ralentissement va se poursuivre au moins pendant les premiers mois de 2019.

La performance des exportations reste très incertaine, dépendante des accords commerciaux que pourraient signer Pékin et Washington. Le redressement de l’investissement devrait rester modéré. En revanche, la consommation des ménages devrait pouvoir rebondir grâce aux mesures fiscales.

Pour l’année 2019 dans son ensemble, notre prévision de croissance est de 6,2%. Il s’agit là d’un point historiquement bas, signe des profonds changements structurels de l’économie chinoise.

 

Pour aller plus loin :

Chine. La relance budgétaire : l’option à privilégier

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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