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Royaume-Uni : les banques face au double défi de la Covid-19 et du Brexit

02/10/2020

Dans un contexte marqué par l’épidémie de Covid-19 et l’imminence du Brexit, une dichotomie majeure se dessine au sein des banques britanniques selon que le niveau de diversification de leur portefeuille.

Laure Baquero

TRANSCRIPT // Royaume-Uni : les banques face au double défi de la Covid-19 et du Brexit : octobre 2020

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Rebond inattendu de la croissance du PIB 17/07/2022
En moyenne mobile sur trois mois, la croissance britannique s’est élevée à 0,4% en mai (soit 3,5% a/a), un chiffre au-dessus des attentes (0%). Les données publiées par l’Office for National Statistics (ONS) permettent un suivi détaillé de l’évolution mensuelle de l’activité économique. Après une contraction en mars et en avril, le PIB a rebondi nettement au mois de mai (+0,5% m/m). Cette croissance a été tirée par les trois principaux secteurs : services, industrie et construction.
Au bord de la récession ? 29/06/2022
L’inflation se poursuit, portée par les singularités de l’économie britannique. D’un côté, le marché du travail opère au plein emploi, ce qui favorise les hausses de salaires ; de l’autre, l’économie britannique, très exposée aux répercussions de l’invasion de l’Ukraine, subit une forte pression sur les prix de l’énergie. Malgré une remontée de son taux directeur précoce, alimentée ensuite par plusieurs hausses successives, la Banque d’Angleterre peine à enrayer la dynamique des prix. Le gouvernement n’a d’autre solution que de soutenir le pouvoir d’achat des ménages. Déjà à l’œuvre, le ralentissement de l’économie risque de s’aggraver.
Le plan de soutien au pouvoir d’achat à l’épreuve des engagements climatiques 19/06/2022
À l’issue de sa réunion du 16 juin, le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre a procédé, sans surprise, à une nouvelle hausse de son taux directeur, la cinquième consécutive de 25 points de base, le portant à 1,25%. Ce durcissement, d’ampleur modeste comparativement à la hausse de 75 pb décidée par la Fed, vise à concilier la lutte contre la poussée inflationniste qui se poursuit toujours à un rythme soutenu (+2,5% m/m non corrigé des variations saisonnières en avril, soit 9% en glissement annuel) sans trop peser sur une économie déjà très négativement affectée par le choc inflationniste.
Faible croissance et risque de récession 15/05/2022
La croissance britannique s’est élevée à 0,8% t/t au T1 2022, portant le PIB légèrement au-dessus (0,7 point) de son niveau pré-Covid-19 (T4 2019) mais elle déçoit les attentes (1%). L’ONS publiant également un PIB mensuel, il est possible de suivre l’évolution de l’activité au cours du trimestre. Après un mois de janvier positif (+0,7% m/m), la croissance a marqué le pas en février (0% m/m contre 0,1% initialement estimé) avant que le PIB n’enregistre même une légère contraction en mars (-0,1% m/m). Si le PIB du T1 est décevant, sa composition est aussi inquiétante pour la suite.
La hausse de l'inflation rend négative la croissance des salaires rééls 26/04/2022
Face aux multiples tensions sur les prix, le Royaume-Uni connait une forte poussée inflationniste (+6,2% du CPIH[1] en mars). Du côté des ménages, cette accélération des prix détériore considérablement leur pouvoir d’achat. En effet, en termes réels, c’est-à-dire corrigée de l’inflation, l’évolution des salaires est nettement négative (-1%) en glissement annuel en février 2022. Toutefois, le versement de bonus permet de compenser cette diminution, faisant apparaitre une légère hausse des salaires réels avec primes (+0,4%). Le ralentissement brutal des salaires réels depuis un peu plus d’un an (au printemps 2021, ils étaient en hausse de 6%) a fini par faire chuter la confiance des ménages, tombée, en avril, à un niveau quasiment historique (-38 points selon l’indice GfK), proche du point bas atteint lors de la crise économique et financière de 2008. Les ventes au détail s’en ressentent aussi (-2,2% en glissement trimestriel en février), une baisse qui va en s’accentuant depuis trois mois. Par ailleurs, les tensions sur le marché du travail, au regard notamment du très bas taux de chômage (3,8% en février), sont à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Compte tenu de la flexibilité du marché du travail britannique, elles sont de nature à soutenir les augmentations de salaires, ce qui permet au passage d’atténuer en partie le choc de l’inflation sur le pouvoir d’achat. Mais elles peuvent aussi contribuer à alimenter la dynamique inflationniste par l’enclenchement d’une boucle prix-salaires. D’abord perçue comme transitoire par les autorités monétaires, l’inflation se trouve être plus persistante et robuste que prévue. Le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre a déjà relevé successivement et par trois fois son taux directeur pour atteindre 0,75% le 23 mars dernier. Dans cette perspective, la très attendue réunion du MPC du 5 mai devrait être l’occasion de poursuivre le resserrement de la politique monétaire.   [1] Indice des prix à la consommation incluant les coûts de logement des propriétaires occupants.  
La Banque d'Angleterre face à la hausse de l'inflation 18/04/2022
 La croissance économique s’est confirmée au cours des deux premiers mois de 2022, mais devrait ralentir très prochainement en raison des tensions inflationnistes. L’indice de production industrielle, disponible jusqu’en février, établit un acquis de croissance de 1% en glissement trimestriel (g.t.), ce qui suggère un léger ralentissement de l’activité par rapport au T4 2021 (1,3% en g.t.). Du côté des services, le climat des affaires continue de s’améliorer depuis le début du T3 2021, avec un PMI de 60,9 en mars 2022. Par ailleurs, les ventes au détail, qui se sont accrues de 7% en g.a. en février 2022, restent négatives (-2,1% en février) en dynamique sur trois mois glissants. Toutefois, l’ampleur de cette augmentation s’explique principalement par un effet de base.
Chocs en série 14/04/2022
Le temps du soutien budgétaire et monétaire sans limite est révolu au Royaume-Uni, où la priorité est de réduire les déficits et l’inflation. Face au choc provoqué par l’invasion russe de Ukraine, qui promet d’alourdir un peu plus encore la facture énergétique et alimentaire des Britanniques, les mesures gouvernementales de soutien au pouvoir d’achat apparaissent limitées. En 2022, un ralentissement marqué de l’économie est à prévoir.
Le ciel s’assombrit 28/03/2022
Le Royaume-Uni n’est pas le pays commercialement le plus exposé à la Russie : il ne lui achète pratiquement pas de gaz et ne lui destinait, en 2019, que 0,7% de ses exportations de biens (contre, par exemple, 2% pour l’Allemagne). Il n’empêche, outre-Manche comme dans toute l’Europe, les sanctions et pénuries découlant de la guerre russe en Ukraine exacerbent les tensions inflationnistes et assombrissent les perspectives économiques. Le très écouté Office for Budget Responsibility (OBR) a ramené de 6% à 3,8% sa prévision de croissance pour 2022, tandis que la hausse annuelle des prix (6,2% en février) pourrait culminer à 9% en fin d’année.
Changement de cap 13/02/2022
Au Royaume-Uni comme ailleurs, le retour en force de l’inflation ne laisse pas de surprendre et pousse la Banque centrale à agir. Le Comité de politique monétaire (MPC) s’attend à ce que la hausse annuelle des prix atteigne 7% en avril (elle dépasse actuellement 5%), du jamais-vu depuis trois décennies. Il renchérit par conséquent le loyer de l’argent. Fixé à 0,1% pendant la crise, le taux d’intérêt directeur de la Banque d’Angleterre a été porté à 0,25% en décembre, puis à 0,50% en février. D’autres hausses suivront, l’objectif du MPC - qui épouse les anticipations du marché - étant de porter le Bank rate à 1,50% en milieu d’année 2023.
Comme un boomerang… 16/01/2022
Un an après la sortie effective du Royaume-Uni du marché unique, le solde d’opinions concernant le cavalier seul britannique n’a jamais été aussi défavorable (50% de la population estime qu’il s’agit d’une mauvaise décision, contre 38% seulement, une bonne, et 12% qui n’a pas d’opinion). Si le choc constitué par la pandémie de Covid-19 complique son chiffrage, le coût du Brexit n’en reste pas moins évident à travers quelques tendances, à commencer par celle du commerce extérieur.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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