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Royaume-Uni : la dynamique du crédit bancaire soutient l'activité des banques au prix d'un léger accroissement du risque

08/11/2019

L’encours des crédits bancaires à l’habitat accordés aux ménages conserve un rythme de croissance assez dynamique dans un contexte de taux relativement bas, ce qui s’accompagne d’une légère progression du risque. Ce dernier semble toutefois pour l’heure maîtrisé. 

Laure Baquero

TRANSCRIPT // Royaume-Uni : la dynamique du crédit bancaire soutient l'activité des banques au prix d'un léger accroissement du risque : novembre 2019

Au Royaume-Uni, l’encours des crédits bancaires des agents privés non financiers est composé à 80% de crédits aux ménages, principalement sous forme de crédits à l’habitat. Ces prêts immobiliers sont constitués de prêts dont les taux fixes ont une période de fixation initiale comprise entre deux et cinq ans pour 72% d’entre eux. Cette proportion atteint même 94% s’agissant des nouveaux prêts à l’habitat accordés à des ménages.

Or les taux correspondants pratiqués par les établissements de crédit se sont stabilisés depuis 2017 autour de 2,1% pour les nouveaux crédits et de 2,2% depuis 2018 pour les stocks. Cette stabilisation est récente. Elle intervient après une décennie de baisse, dans un contexte de recul des taux souverains, notamment à deux et cinq ans.

La marge nette d’intérêt des cinq grandes banques britanniques, qui concentrent ensemble 76% des actifs du secteur bancaire sur base consolidée, s’est stabilisée au cours des derniers semestres, excepté celle de Lloyds en augmentation depuis 2016.

Si l’effet marge décrit précédemment a pu peser sur les intérêts nets reçus des grandes banques britanniques, il semble avoir été compensé par un effet volume favorable lié à la reprise de l’endettement des agents privés non financiers au Royaume-Uni depuis 2016, mettant fin au mouvement de désendettement enclenché en 2009. Toujours depuis 2016, l’encours de crédit bancaire accordé à ces agents progresse en effet chaque mois à un rythme allant de 3,5% à 4,0% en glissement annuel.

Ainsi soucieux de préserver à la fois les volumes et les marges, les établissements de crédit ont élargi la distribution de leurs prêts vers des profils plus risqués. Cette évolution peut être appréhendée à travers le ratio loan to value, qui rapporte le montant du prêt à l’origination à la valeur du bien financé. Le profil d’un emprunteur est d’autant plus risqué que sa loan to value est élevée. Or la part des nouveaux prêts à l’habitat dont la loan to value excède 90% est passée de 3,3% au premier trimestre 2018 à 4,5% un an plus tard et 5,5% au deuxième trimestre 2019, soit le niveau le plus élevé depuis fin 2008.

En comparaison de la situation suivant l’éclatement de la crise financière de  2008, ces stratégies sont toutefois aujourd’hui en partie mises à mal par le resserrement du surcroît de marge associé aux prêts dont la loan to value dépasse 90% par rapport à des prêts dont la loan to value est comprise entre 75% et 90%. Cela témoigne de l’intensification de la concurrence dans la banque de détail, y compris sur ce type de segment plus risqué.

In fine, cela pourrait conduire à une hausse du coût du risque à moyen terme en cas de dégradation conjoncturelle. Après dix ans de baisse quasi-ininterrompue, le coût du risque moyen des cinq grandes banques britanniques s’établissait à 4,4% en 2018, ce qui est un niveau faible en comparaison internationale. Pour l’heure, les récents développements autour du Brexit sont plutôt encourageants et de nature à réduire le risque de ralentissement brutal de l’économie britannique.

Pour aller plus loin :

Royaume-Uni : Comment les grandes banques ont renoué avec les bénéfices

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