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L’amélioration cyclique en zone euro continue

31/07/2020

Les données d’enquête pour la zone euro continuent de s’améliorer. Les indices des directeurs d’achats (PMI) flash du mois de juillet ont dépassé le seuil de 50 dans le secteur manufacturier comme dans celui des services et il en va de même du PMI composite, indiquant que l’activité est de nouveau en phase d’expansion. La composante « nouvelles commandes à l’export » est également en progression. Même si les chefs d’entreprises se disent plus confiants que le mois précédent, le niveau de confiance reste assez faible par rapport aux moyennes historiques. En témoignent les dernières données sur le sentiment des entrepreneurs allemands et français : en progression mais à partir d’un niveau bas. La prudence reste la règle, comme le montre très clairement la composante « emploi » des enquêtes auprès des chefs d’entreprises. Cela tient en grande partie aux inquiétudes sur la manière dont va évoluer la pandémie. Dans ces conditions, les mesures de relance budgétaire, au niveau national et européen, seront particulièrement bienvenues.

William DE VIJLDER

TRANSCRIPT // L’amélioration cyclique en zone euro continue : juillet 2020

Les données pour la zone euro, dans son ensemble, continuent de s’améliorer. Les indices PMI flash du mois de juillet sont de nouveau en hausse. Le PMI du secteur manufacturier est repassé au-dessus de 50, à 51,1, un plus haut depuis dix-neuf mois et celui du secteur des services a également dépassé le seuil de 50, atteignant 55,1, un plus haut depuis vingt-cinq mois.

Ces niveaux appellent trois commentaires. Premièrement, ils indiquent une expansion de l’activité, ce qui n’a rien de surprenant. Après tout, la fin du confinement a entraîné un rebond technique, avec une accélération marquée de la production et de la demande. Deuxièmement, un ralentissement de la dynamique dans les prochains mois semble inévitable : les données ne peuvent continuer à s’améliorer comme elles l’ont fait depuis le creux atteint au mois d’avril. En fait, dans certains secteurs, la progression du mois de juillet est déjà légèrement en repli par rapport aux bonds enregistrés en mai et en juin. Troisièmement, les résultats de cette enquête réalisée auprès des entrepreneurs nous montrent que ces derniers évaluent la situation du mois de juillet plus positivement que celle du mois précédent. Le PMI ne nous donne, néanmoins, pas d’information sur le niveau absolu de l’activité.

Autre bonne nouvelle : l’amélioration des nouvelles commandes à l’export, même si les niveaux de juin pour les différents pays de la zone euro étaient toujours inférieurs à ceux du secteur manufacturier. Le mois de juillet a enregistré une hausse marquée, grâce à une nette amélioration en Allemagne.

 

Examinons, à présent, la situation dans les deux grands pays de la zone euro, l’Allemagne et la France, qui représentent, à eux deux, près de 50 % du PIB de la zone euro.

En Allemagne, l’indice Ifo du climat des affaires, publié au début de la semaine, s’est encore amélioré, enregistrant sa troisième hausse d’affilée. Les anticipations des chefs d’entreprises sont à leur plus haut niveau depuis l’automne 2018. Pour autant, l’évaluation de la situation actuelle, même si elle s’améliore, reste à un niveau très bas. Il en va tout autrement des données PMI : accélération considérable dans le secteur manufacturier, forte hausse dans le secteur des services comme dans celui du commerce. Un optimisme prudent progresse aussi chez les exportateurs, l’industrie automobile occupant, à cet égard, la première place.

Par ailleurs, la confiance des consommateurs est en hausse pour le troisième mois consécutif. La baisse temporaire de la TVA n’y est sans doute pas étrangère.

En France, l’indicateur du climat des affaires de l’Insee s’est encore amélioré en juillet, reflétant un rebond de la confiance à l’égard des perspectives mais aussi une meilleure évaluation de l’activité récente. Cependant, l’indice qui se situe à présent à 85, reste bien en deçà de 100, sa moyenne de long terme. Avant la pandémie, il s’inscrivait à 105.

 

La confiance des ménages a, quant à elle, légèrement baissé en juillet après avoir rebondi en juin.

 

Les chiffres sur le PIB au T2, qui seront publiés cette semaine, sont très attendus. Le consensus de Bloomberg table sur une contraction de 12,2 %. Cependant, les données seront examinées de près à la recherche du moindre signe annonciateur de l’évolution au troisième trimestre. Concernant le T3, le rebond entamé il y a déjà plusieurs semaines devrait se traduire, selon le consensus, à une expansion du PIB de 8,2 %, en rythme trimestriel.

La question clé concernant le second semestre est la manière dont va évoluer la pandémie. Dans un nombre grandissant de pays, on assiste à une augmentation de nouveaux cas qui a conduit à un durcissement des mesures. Cela aura un impact sur certains secteurs et, très probablement, sur la confiance. C’est un sujet d’autant plus préoccupant que la confiance des ménages était étale, en juillet, dans la zone euro.

De plus, comme le montrent clairement les données PMI, les pressions à la réduction des effectifs continuent de s’exercer sur le marché du travail. En Allemagne, le dernier baromètre de l’emploi Ifo fait ressortir une légère amélioration, indiquant que les entreprises prévoient de licencier moins de personnel qu’avant. Un tel environnement agira comme un frein sur les dépenses des ménages.

Dans ces conditions, la relance budgétaire annoncée et planifiée, au niveau national et européen, est particulièrement bienvenue.

 

23 juillet 2020 / 8h54 / Il y a cinq jours

Les enquêtes de conjoncture, réalisées en France et en Allemagne, font ressortir une progression de la confiance

BERLIN (Reuters) – Des enquêtes ont montré, avec le déconfinement lié au coronavirus, une amélioration de la confiance des ménages et des chefs d’entreprises en France et en Allemagne, portée par de généreux programmes de relance et la baisse du nombre de cas d’infection en Europe.

 

Comme l’ont montré les données publiées jeudi, la baisse temporaire de la taxe à la valeur ajoutée (TVA) en Allemagne, qui coûtera EUR 20 mds (USD 23,17 mds) aux finances publiques, a plus contribué que prévu à soutenir le moral des consommateurs à l’approche du mois d’août.

En France, la confiance des chefs d’entreprises a encore gagné du terrain en juillet. L’Insee, institut national des statistiques, a déclaré que son indicateur du climat des affaires a progressé à 85, contre 78 en juin.

 

Ce niveau est encore loin de celui de 105 enregistré en février, avant la pandémie, mais bien meilleur que le plus bas record de 53, atteint en avril, alors que les mesures introduites pour enrayer la propagation de l’épidémie ont amené un certain nombre d’entreprises à fermer leurs portes et maintenu les consommateurs confinés chez eux.

Ce chiffre a été publié au moment où le Parlement européen tient une session spéciale pour discuter de l’accord conclu entre les chefs d’Etat et de gouvernement européens sur un plan de relance massif dont les pays les plus durement frappés par l’épidémie de coronavirus espèrent qu’il les aidera à redresser leur économie.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a déclaré que l’économie française était bien partie pour enregistrer un rebond de 8 %, l’année prochaine, et qu’elle devrait renouer avec ses niveaux précédant la crise en 2022.

 

Les récents indicateurs économiques pour la France sont satisfaisants, a-t-il déclaré, mais « trop fragiles » pour modifier la prévision, pour 2020, d’une contraction de l’économie de 11 %, la pire de l’histoire moderne.

Pour Rolf Buerkl, chercheur à l’institut allemand GfK, les données publiées par cette institution montrent que les consommateurs ont de plus en plus le sentiment que l’économie allemande ne va probablement pas tarder à se redresser, profitant de la baisse de la TVA pour effectuer des achats importants.

L’indice de confiance des consommateurs, publié par GfK et basé sur une enquête auprès d’environ 2 000 Allemands, a progressé à -0,3, à l’approche du mois d’août, contre un chiffre révisé de -9,4 le mois précédent.

Il s’agit de la troisième hausse mensuelle consécutive, qui dépasse la prévision de -5,0 faite par Reuters.

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