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Le casse-tête de la BCE

04/09/2020

La COVID-19 représente un choc désinflationniste massif en raison du déficit de demande qu’elle crée. Cela a conduit les banques centrales à travers le monde a réagir vigoureusement, la BCE n’y a pas fait exception. L’action de la BCE – en particulier le PEPP – a permis de maintenir un financement fluide, tant sur le marché bancaire que sur le marché des capitaux. Néanmoins, la BCE est confrontée à un casse-tête : l’inflation est trop faible et en recul, l’euro fort accentue cette tendance et l’on craint que le changement de l’objectif à long terme de la Fed, qui visera désormais une inflation moyenne de 2 % au fil du temps, ne complique les choses.

William DE VIJLDER

TRANSCRIPT // Le casse-tête de la BCE : septembre 2020

Partie 1 : Inflation negative en août

Août : -0,2 % par rapport au consensus médian de +0,2 %. L’inflation a atteint son taux le plus bas, en partie en raison de la baisse des prix opérée pendant les soldes d’été.

Partie 2 : un euro fort

L’élément le plus frappant a été l’appréciation de l’euro par rapport au dollar (la valeur de l’euro a atteint 1,20 dollar) mais aussi par rapport aux autres monnaies. Sur la base du taux de change effectif, l’euro s’est apprécié.

Consequence :

1. Risque de plus de pression à la baisse sur l’inflation

Depuis les creux de cette année, l’euro s’est raffermi de 12% par rapport au dollar et de 7% sur une base de taux de change effectif.

Les calculs de la BCE montrent qu’une appréciation de 1% provoque, sur une période de 3 ans, une baisse de l’inflation d’environ 0,05 %, soit 5 points de base. Une appréciation de 10% exercerait donc une pression à la baisse de l’ordre de 50 points de base, ce qui serait un vrai problème.

2. Impact sur la compétitivité

3. Resserrement des conditions financières et monétaires

Crée un équilibre en terme de communication : nécessité de faire savoir qu’elle est sous contrôle ( pour que la question reçoive toute l’attention requise). Eviter d’exprimer trop d’inquiétude (ce qui susciterait l’attente de mesures d’importance).

Philip Lane adopte une approche intermédiaire en déclarant que le niveau de l’euro compte en matière de politique monétaire. Cette déclaration a conduit les investisseurs à encaisser les bénéfices réalisés sur l’euro.

Partie 3 : la nouvelle philosophie de la Réserve fédérale

La Réserve fédérale a modifié ses objectifs à long terme : atteindre un taux d’inflation moyen de 2 % au fil du temps. Contraint la BCE à revoir sa propre stratégie.
De toute évidence, un objectif d’« inflation proche mais inférieure à 2 % » semble beaucoup moins conciliant que la nouvelle approche de la Fed.
Cela pourrait structurellement renforcer l’euro, rendant encore plus difficile la création d’une inflation suffisante.
Il est clair que la réunion de la BCE qui se tiendra la semaine prochaine revêt une importance toute particulière compte tenu des messages qui pourront être transmis.

 

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