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Les enseignements de 2019 pour 2020

20/12/2019

Les points clés de l’année 2019 devraient rester tout autant d’actualité en 2020 : croissance au ralenti, forte incertitude, faiblesse de l’inflation, taux d’intérêt bas.

William DE VIJLDER

TRANSCRIPT // Les enseignements de 2019 pour 2020 : décembre 2019

Les enseignements de 2019 pour 2020

Les points clés de l’année 2019 devraient rester tout autant d’actualité en 2020 : croissance au ralenti, forte incertitude, faiblesse de l’inflation, taux d’intérêt bas. Un policy mix favorable laisse espérer que la stabilisation récente des données d’enquête sera suivie d’un rebond de la croissance. A défaut, l’espoir pourrait faire place à la déception, entraînant un nouveau ralentissement de la croissance. Dans un tel contexte, les conclusions de la revue stratégique de la Réserve fédérale seront très attendues, la question étant de savoir si cela aboutira à une plus grande marge de manœuvre. L’autre axe de changement, du moins peut-on l’espérer, serait la lutte contre le changement climatique. C’est d’autant plus important que la COP 25 a été décevante. Le Pacte vert de la Commission européenne devrait conduire à de nouvelles initiatives politiques en vue de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Première partie

Les points clés de 2019

Nous en sommes de nouveau à ce moment où, à l’approche des fêtes de fin d’année, les économistes se tournent vers la boule de cristal et tracent des perspectives pour l’année qui vient.

Pour évaluer ce que 2020 pourrait apporter, l’année 2019 offre de nombreux enseignements. Il est donc utile de prendre le temps de regarder en arrière.

Commençons par les principaux points à retenir de l’année qui s’achève.

Premièrement, la croissance mondiale a marqué le pas. Le ralentissement a d’abord concerné les exportations, puis l’industrie manufacturière et, en fin de compte, les services, même si ce secteur a assez bien résisté.

Deuxièmement, l’incertitude est un mot qui a fait florès même si son impact sur la croissance est difficile à évaluer. Cela n’a pas empêché les marchés actions d’enregistrer de remarquables performances. Ces derniers ont, en effet, escaladé un « mur d’inquiétude », portés par la faiblesse des taux d’intérêt. Les investissements des entreprises ont ralenti aux Etats-Unis mais ils sont restés très robustes dans la zone euro.

Troisièmement, la BCE a de nouveau assoupli sa politique monétaire et la Fed a modifié son orientation. Cela signifie que les banques centrales, conscientes de la marge de manœuvre limitée qui est la leur, sont hostiles au risque : si vous voulez atteindre votre objectif d’inflation, commencez par éviter un net ralentissement de la croissance ! Cependant, on a désormais le sentiment que la limite a été atteinte ou, tout au moins, qu’elle n’est plus très loin. D’où le regain d’intérêt pour la politique budgétaire mais aussi pour l’évaluation de la stratégie, menée par la Fed, et que la BCE va bientôt commencer.

Enfin, la lutte contre le changement climatique occupe désormais une place prioritaire, tout au moins pour les particuliers et les entreprises, moins, malheureusement, pour certains gouvernements, comme en témoignent les résultats décevants du sommet de la COP25 à Madrid.

2019 : Points clés

  • Ralentissement mondial
  • La politique monétaire et ses limites
  • Le changement climatique en tête de l’agenda politique

 Deuxième partie

2020 : dans la continuité de 2019

En 2020, la situation va probablement rester inchangée dans un certain nombre de domaines.

La croissance devrait, selon les prévisions, continuer à tourner au ralenti. La stabilisation des données d’enquête, ces derniers mois, laisse espérer un certain rebond de la croissance sous l’effet d’un mix de politiques monétaires et budgétaires favorables. A défaut, l’espoir pourrait faire place à la déception, entraînant un ralentissement plus marqué de la croissance.

Cela dépendra, dans une certaine mesure, de l’évolution de l’incertitude. Les tensions commerciales pourraient s’apaiser (comme entre les Etats-Unis et la Chine) mais elles ne disparaîtront pas pour autant. Elles pourraient, en fait, s’intensifier (comme celles opposant les Etats-Unis et l’Union européenne). Concernant le Brexit, compte tenu de la difficulté des négociations sur la future relation commerciale entre l’UE et le Royaume-Uni, les craintes d’une sortie sans accord ne vont pas disparaître.

L’inflation devrait rester basse, voire trop basse dans la zone euro. Le fléchissement de la croissance implique un ralentissement de la hausse des salaires, éloignant d’autant la perspective d’une accélération de l’inflation.

Les taux directeurs aux Etats-Unis et dans la zone euro vont rester très bas. Christine Lagarde a déclaré que même un taux d’inflation à 1,6 % en 2022 ne serait pas satisfaisant. Pour lire entre les lignes, cela ne « justifierait pas un relèvement des taux ». Aux Etats-Unis, nous nous attendons, en réalité, à deux baisses des taux au premier semestre face au ralentissement de la croissance.

2020 : dans la continuité de 2019

  • Croissance au ralenti
  • Faiblesse de l’inflation
  • Taux d’intérêt bas

Troisième partie

2020 : un tournant ?

L’année prochaine pourrait apporter son lot de changements au moins dans deux domaines.

Les résultats de la revue stratégique, réalisée par la Fed, sur ses objectifs, ses outils et ses pratiques en matière de communication seront particulièrement attendus au premier semestre 2020. Toute allusion à des taux « bas pendant plus longtemps » aurait un impact sur les marchés financiers et sur le dollar. Une telle allusion déclenchera également des spéculations sur la possibilité pour la BCE, qui mènera également une revue stratégique, de suivre l’exemple de la Fed et de son changement d’orientation si tel devait être le cas outre-Atlantique.

On peut espérer que l’année qui vient apportera des changements majeurs dans la manière de relever le terrible défi du réchauffement climatique. Devant les résultats décevants de la COP25 à Madrid, la semaine dernière, la COP26 revêt une importance cruciale et nous avons l’espoir qu’en qualité d’organisateur de ce sommet, le gouvernement britannique proposera un ordre du jour ambitieux.

Le Pacte vert, récemment annoncé par la Commission européenne et dont l’ambition est de faire en sorte que l’UE parvienne à la neutralité carbone d’ici à 2050, a suscité des anticipations de mesures politiques comme la taxe carbone aux frontières pour créer des conditions de concurrence égales entre la production au sein de l’UE (et la réglementation des émissions correspondante) et les importations en provenance de pays appliquant un régime moins rigoureux.

A cet égard, les travaux de la BCE seront également suivis de près : Christine Lagarde a déclaré qu’elle était prête à opérer d’importantes avancées vers les objectifs liés à la lutte contre le changement climatique. Cependant, les opinions sont partagées au sein du Conseil des gouverneurs, beaucoup de ses membres craignant qu’elle ne s’aventure ainsi sur un terrain politiquement miné.

Merci d’avoir regardé cette émission et je vous invite à nous rejoindre à nouveau la semaine prochaine pour une nouvelle édition d’EcoTV Week.

2020 : un tournant ?

Examen des stratégies (Fed, BCE)

Politique sur le changement climatique

  • COP26 à Glasgow
  • Pacte vert (Commission européenne)
  • Un rôle à jouer pour la BCE ?

 

 

 

 

 

 

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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