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La migration du risque en 2021

15/01/2021

Le risque et l’incertitude ne disparaissent jamais mais leur nature, leur intensité et les conséquences économiques évoluent au fil du temps. 2021 devrait en être la parfaite illustration.

William DE VIJLDER

TRANSCRIPT // La migration du risque en 2021 : janvier 2021

En été, plusieurs jours de pluie successifs font attendre avec impatience le retour du soleil, mais trop de soleil fait craindre une période de sécheresse.

Avec le temps, les sources de préoccupation se succèdent.

C’est pareil en économie où risque et incertitude ne disparaissent jamais. En revanche, leur nature, leur intensité et leurs effets évoluent.

Les premiers mois de l’année resteront marqués par le risque sanitaire : infections, de nouveaux variants.

Le début de l’année est préoccupant et marqué par, en zone euro, la confirmation d’une rechute en récession.

 

Avec les mesures restrictives et l’accélération des vaccinations, le risque sanitaire devrait progressivement perdre en intensité, permettant un assouplissement des mesures et libérant la demande qui, jusqu’ici, a été en grande partie refoulée dans des secteurs comme le tourisme, les loisirs ou la restauration.

L’investissement des entreprises devrait également reprendre.

D’autres sources de risque vont apparaître comme des contraintes d’offre, qui peuvent provoquer dans certains secteurs une hausse de l’inflation ou encore la perspective d’un changement de discours des banques centrales qui pourraient commencer à parler d’un début de normalisation de la politique monétaire. Pour la BCE le message consisterait à dire que le PEPP s’arrêtera à la date prévue et ne sera plus prolongé.

Les conséquences seront très différentes selon qu’on regarde la sphère réelle ou financière.

Pour la sphère réelle, ces facteurs seraient considérés comme une confirmation que la reprise est bien ancrée.

Pour les marchés financiers, cela se traduirait par un comportement plus volatil et une repentification de la courbe des taux, voire un certain écartement des spreads. En même temps, dans les marchés d’actions, cette évolution offrirait beaucoup d’opportunités de rotation vers des secteurs et thématiques délaissés jusqu’ici.

 

En toile de fond, il y a les facteurs dont on connait l’existence mais dont il est extrêmement difficile d’appréhender l’intensité. Il s’agit de l’évolution du chômage qui, en Europe, devrait augmenter avant de baisser et des faillites d’entreprise, une fois que les mesures de soutien seront arrêtées.

Cependant, il y a aussi une possibilité de surprise favorable basée sur la combinaison d’immunité collective, soutien monétaire et soutien budgétaire.

 

Comme mentionné en début d’émission, les sources de risques et incertitudes évoluent dans le temps, ainsi que leur intensité. 2021 devrait en être l’illustration parfaite – espérons-le – avec, progressivement, une baisse de l’intensité des risques et un déplacement vers des préoccupations qui typiquement sont associées à une reprise qui s’installe.

Cette perspective qui, somme tout, est assez encourageante ne doit toutefois pas nous faire oublier qu’en termes de conséquences économiques à long terme, la pandémie n’a pas dit son dernier mot.

En outre, certains espoirs resteront à confirmer : la politique de Biden, le plan de relance de l’UE.

 

 

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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