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Le rééquilibrage des risques

22/11/2019

Le FMI, la Commission européenne et d’autres institutions considèrent, depuis quelques années, que les risques sont négativement orientés.

William DE VIJLDER

TRANSCRIPT // Le rééquilibrage des risques : novembre 2019

Des risques négativement orientés

Ces dernières années, le FMI, la Commission européenne et d’autres institutions ont estimé que les aléas étaient baissiers. Dans les six dernières publications des Perspectives de l’économie mondiale depuis avril 2017, le FMI n’a estimé qu’une seule fois (en octobre 2017) que les risques étaient globalement équilibrés. Dans toutes les autres, les risques étaient jugés négativement orientés.

La Commission européenne, dans ses prévisions économiques de l’Automne 2019, publiées au début du mois, dresse la liste des aléas baissiers : les tensions commerciales et géopolitiques, le ralentissement en Chine, le changement climatique, la faiblesse du secteur manufacturier et ses répercussions, les ajustements des marchés financiers et, enfin, un Brexit « désordonné ».

Il n’est pas surprenant que les risques soient aussi souvent négativement orientés. Tout d’abord, la croissance ralentit et la sensibilité aux risques de nouveaux vents contraires se renforce. Ensuite, le travail des économistes consiste à scruter les risques.

Conséquence importante de l’orientation négative des risques : la confiance dans le scénario central va diminuer. Une telle évolution peut influencer, à son tour, les dépenses de consommation et, en particulier, l’investissement des entreprises.

 

Rééquilibrage des risques

Nous avons observé, ces dernières semaines, un certain rééquilibrage des risques.

Il y a, à présent, l’espoir d’un accord commercial de « phase 1 » entre les États-Unis et la Chine. On parle d’accord de « phase 1 » en raison de sa portée assez limitée.

De plus, un Brexit « désordonné » semble, désormais, moins probable.

Enfin, les derniers indicateurs des enquêtes de conjoncture se sont stabilisés aux États-Unis et dans la zone euro.

 

Réduction du déséquilibre des risques

Comme les bonnes nouvelles se sont fait attendre, le risque est bien réel qu’une évolution positive déclenche un enthousiasme excessif.

Concernant les aléas énoncés par la Commission européenne, plusieurs d’entre eux restent problématiques : ainsi, les tensions géopolitiques, le ralentissement en Chine, le changement climatique et les ajustements des marchés financiers. S’agissant des répercussions de la faiblesse du secteur manufacturier sur les services, la stabilisation récente des données d’enquête apporte une lueur d’espoir. Pour ce qui est des tensions commerciales, un accord très limité entre les États-Unis et la Chine pourrait susciter des interrogations concernant la phase 2 des négociations. De plus, les discussions entre les États-Unis et l’UE pourraient devenir la prochaine source d’inquiétude. Enfin, un Brexit ordonné n’entraînera pas la dissipation des incertitudes, car la future relation reste à négocier.

Dans l’ensemble, il y a eu un certain rééquilibrage des risques, mais ils demeurent négativement orientés.

 

 

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