eco TV Week

Le surcroît de dépôts créés ne va pas s’évaporer

24/09/2021

Dans le sillage de la crise de la Covid-19, les dépôts bancaires, qui constituent la composante principale de la masse monétaire, ont connu une croissance extrêmement dynamique dans la zone euro comme aux États-Unis. Le surcroît de monnaie créée au cours de l’année écoulée ne s’évaporera toutefois pas de manière soudaine au sortir des mesures sanitaires ou des politiques monétaires non conventionnelles.

Céline CHOULET

TRANSCRIPT // Le surcroît de dépôts créés ne va pas s’évaporer : septembre 2021

Depuis plus d’un an, la masse monétaire, et plus spécifiquement les dépôts des ménages et des entreprises auprès des banques, enregistrent une croissance exceptionnelle dans la zone euro comme aux États-Unis. Au cours des derniers mois, leur rythme de progression s’est assagi, mais demeure historiquement élevé.

La méthodologie qu’emploie la banque centrale européenne afin d’identifier les contreparties de la masse monétaire permet non seulement de comprendre les origines de ce surcroît historique de dépôts mais aussi d’entrevoir les facteurs éventuels de leur destruction. Elle enseigne notamment que cette création monétaire exceptionnelle s’explique, à l’échelle macro-économique, par l’amplification des programmes d’achats d’actifs menés par les banques centrales et les dispositifs nationaux de prêts garantis aux entreprises.

En d’autres termes, les comportements attentistes ou contraints des épargnants face aux aléas économiques ou aux restrictions sanitaires liés à la pandémie de Covid 19 ont certes élargi la masse des dépôts des ménages et contribué à accroître les taux d’épargne mais ils n’ont pas, en eux-mêmes, accru la masse globale des dépôts dans l’économie. Ils ont tout au plus ralenti la circulation des dépôts et déformé leur répartition. La croissance des dépôts des ménages a ainsi été très dynamique au niveau agrégé mais aussi très inégale en raison des pertes de revenu ou d’emploi subies par certains.

De la même manière, le renoncement des entreprises à certaines dépenses ou certains projets d’investissement a pu limiter les transferts de richesse entre entreprises. L’incidence différenciée de la pandémie selon les secteurs d’activité et le recours inégal des entreprises aux dispositifs de soutien à la trésorerie ont aussi pu déformer la répartition des dépôts.

Pour autant, la consommation empêchée et le report des projets d’investissement n’ont pas été synonymes de création monétaire, et, de la même manière, la reprise en cours des dépenses de consommation et d’investissement n’est pas synonyme de destruction de monnaie. Au contraire, puisque ces dépenses soutiennent l’activité économique et la demande de crédits, donc la création de nouveaux dépôts.

Une partie de la monnaie créée au cours de l’année écoulée sera certes progressivement détruite à mesure que les entreprises rembourseront leurs prêts garantis. Pour autant, la poursuite des achats de titres par les banques centrales et le maintien d’une croissance positive des encours de crédits continueront de soutenir la création de dépôts.

Voir plus de vidéos Eco TV Week

Sur le même thème

Continuons donc de parler climat 01/07/2022
Il est important de parler, souvent, du changement climatique et de la transition énergétique car cela permet d’accroître la sensibilisation au sujet, la compréhension de ce qu’il faut faire et l’acceptabilité des mesures. Continuons donc de parler climat en faisant le point sur les avancées européennes importantes de ces derniers jours.
Prix de l'énergie et pouvoir d'achat des ménages : le rôle des gouvernements ? 16/06/2022
Face à la hausse spectaculaire des prix de l’énergie, les gouvernements des principales économies de la zone euro se sont mobilisés pour tenter d’amortir le choc pour les ménages. Si la baisse de leur pouvoir d’achat anticipée en 2022 s’en trouverait limitée, elle ne serait pas évitée.
Stagflation : un sujet qui inquiète 12/06/2022
Dans cette série de podcasts, William De Vijlder, Directeur de la Recherche Economique de BNP Paribas et Hélène Baudchon, Responsable de l’équipe OCDE, évoquent la question de la stagflation, terme repéré de plus en plus fréquemment dans les médias ces derniers mois. La stagflation, phénomène combinant inflation élevée et forte montée du chômage nous renvoie aux heures sombres des années 70 et 80, caractérisées par des niveaux inédits d’inflation et par les débuts du chômage de masse. Dans le contexte économique actuel marqué par les chocs occasionnés par la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine, l’inflation atteint des niveaux records. Faut-il craindre un retour de la stagflation ? Entre soutien de la croissance et contrôle de l’inflation, quelles sont les marges de manœuvre des banques centrales. Et quels peuvent être les moyens d’action de la politique budgétaire pour amortir les chocs économiques ? 
Stagflation : pourquoi on en parle maintenant ? 12/06/2022
Dans cette série de podcasts, William De Vijlder, Directeur de la Recherche Economique de BNP Paribas et Hélène Baudchon, Responsable de l’équipe OCDE, évoquent la question de la stagflation, terme repéré de plus en plus fréquemment dans les médias ces derniers mois. La stagflation, phénomène combinant inflation élevée et forte montée du chômage nous renvoie aux heures sombres des années 70 et 80, caractérisées par des niveaux inédits d’inflation et par les débuts du chômage de masse. Dans le contexte économique actuel marqué par les chocs occasionnés par la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine, l’inflation atteint des niveaux records. Faut-il craindre un retour de la stagflation ? Entre soutien de la croissance et contrôle de l’inflation, quelles sont les marges de manœuvre des banques centrales. Et quels peuvent être les moyens d’action de la politique budgétaire pour amortir les chocs économiques ? 
Stagflation : inéluctable ? 12/06/2022
Dans cette série de podcasts, William De Vijlder, Directeur de la Recherche Economique de BNP Paribas et Hélène Baudchon, Responsable de l’équipe OCDE, évoquent la question de la stagflation, terme repéré de plus en plus fréquemment dans les médias ces derniers mois. La stagflation, phénomène combinant inflation élevée et forte montée du chômage nous renvoie aux heures sombres des années 70 et 80, caractérisées par des niveaux inédits d’inflation et par les débuts du chômage de masse. Dans le contexte économique actuel marqué par les chocs occasionnés par la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine, l’inflation atteint des niveaux records. Faut-il craindre un retour de la stagflation ? Entre soutien de la croissance et contrôle de l’inflation, quelles sont les marges de manœuvre des banques centrales. Et quels peuvent être les moyens d’action de la politique budgétaire pour amortir les chocs économiques ? 
L'économie mondiale affronte de multiples chocs 18/05/2022
William De Vijlder présente les principaux points d'attention pour le premier semestre. L'inflation est un sujet majeur tandis que l'économie mondiale – en rémission après le choc du Covid-19 – affronte maintenant une nouvelle crise avec la guerre en Ukraine.
La relation complexe entre les conditions financières et les taux d'intérêt nominaux et réels 06/05/2022
Les conditions financières indiquent si la politique monétaire constitue un facteur de soutien ou un frein à la croissance. On peut les évaluer, en examinant le niveau des taux d’intérêt de court terme et de long terme, les écarts de rendement des obligations d’entreprises et le taux de change.
D’une crise à l’autre, quelles réponses en Europe ? 22/04/2022
Conséquence de la guerre en Ukraine, le choc énergétique vécu par l’Europe questionne la reprise économique. Il souligne aussi l’impératif de transition vers la neutralité carbone.
Découplage, déglobalisation et perspectives d’inflation 15/04/2022
La pandémie de Covid-19 nous a mis face à la fragilité des chaînes de valeur mondiales, longues et complexes et la guerre en Ukraine montre que la géopolitique peut aussi être une cause majeure de perturbation des approvisionnements.
Incertitude géopolitique, politiques monétaire et budgétaire 04/03/2022
La guerre en Ukraine affecte l’économie mondiale de diverses façons : hausse des prix des matières premières, commerce international, marchés financiers ainsi que montée de l’incertitude géopolitique, qui est un canal de transmission clé. Cela influe sur les décisions prises par les ménages et les entreprises parce que le plein effet de la hausse des prix du pétrole et du gaz n’est pas encore perceptible et en raison de la crainte de nouvelles augmentations sur les matières premières.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1811 articles et 362 vidéos