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Arrêt soudain et généralisé, reprise graduelle et inégale

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EcoPerspectives // 2 trimestre 2020  
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Éditorial  
Arrêt soudain et généralisé, reprise graduelle et inégale  
La pandémie de Covid-19 a provoqué un arrêt brutal de l’activité économique dans un nombre croissant de pays. Ce coup de frein a  
eu des répercussions internationales avec la baisse du commerce extérieur et la hausse de l’aversion au risque des investisseurs.  
Celle-ci a déclenché une quête mondiale effrénée de liquidité en dollar ainsi que des sorties de capitaux dans les pays en  
développement. Les grandes économies ont réagi en prenant des mesures énergiques de politique monétaire et budgétaire.  
L’évolution à court terme de la demande et de l’activité dépendra entièrement de la durée et de la sévérité du confinement des  
populations. Une fois qu’il sera levé, la reprise sera probablement progressive et inégale. L’action des pouvoirs publics devra  
évoluer, les mesures d’aide face à la pandémie cédant la place aux mesures de relance de la croissance, avec des finances publiques  
encore mises à l’épreuve.  
Le coup de frein brutal de l’activité a déclenché une  
réaction rapide et énergique des pouvoirs publics  
Etats-Unis : emploi non-agricole  
variation mensuelle, x1000  
La pandémie de coronavirus a mis à l’arrêt des pans entiers de  
l’économie mondiale, une situation chaque jour de plus en plus  
manifeste. Dans la zone euro, plusieurs enquêtes auprès des chefs  
d’entreprises ont enregistré des baisses record par rapport au mois  
précédent. Aux États-Unis, les demandes initiales d’indemnités de  
chômage ont grimpé en flèche, atteignant des niveaux inédits.  
Devant la perspective d’un coup sévère porté au PIB, les banques  
centrales ont rapidement et énergiquement réagi. La Réserve  
fédérale a ramené les Fed funds à zéro et a engagé un programme  
de rachat de papier commercial ainsi que des obligations  
d’entreprises bien notées. Elle a également envoyé le message  
qu’elle ferait « tout ce qui serait nécessaire » pour stabiliser le  
marché des Treasuries et celui des MBS (mortgage-backed  
securities) d’agences. La BCE a, pour sa part, lancé un programme  
d’achat d’urgence lié à la pandémie (Pandemic Emergency  
Purchase Programme, PEPP), d’un montant de EUR 750 mds, et a  
introduit une flexibilité indispensable concernant la ventilation des  
ses achats. L’Administration américaine et le Congrès ont approuvé  
un plan de relance budgétaire à hauteur de 10 % du PIB.  
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Source : US Bureau of Labor Statistics  
Cet impact aura une incidence sur la rapidité avec laquelle la  
demande et l’activité renoueront avec leur trajectoire de croissance  
antérieure à la pandémie. Plusieurs facteurs vont dans le sens d’un  
processus très progressif et inégal. Devant la détérioration de leur  
bilan, nombre d’entreprises privilégieront l’amélioration de ces  
derniers à l’accroissement des investissements industriels. Les  
plans de recrutement pourraient aussi de ce fait être impactés. Ces  
considérations valent en particulier pour les petites et moyennes  
entreprises (PME), dont les modèles économiques sont, pour  
beaucoup, moins diversifiés, ce qui les rend plus sensibles aux  
chocs économiques. Certains ménages opteront pour l’épargne de  
précaution dans le but de reconstituer un matelas financier. Les  
craintes persistantes concernant le risque sanitaire pourraient  
également agir comme un frein sur certaines dépenses (i.e.  
voyages internationaux) sans nécessairement entraîner une hausse  
équivalente dans d’autres domaines. Plus que tout autre chose, les  
dépenses des ménages dépendront de l’évolution du chômage. Aux  
États-Unis, où les coûts de licenciement sont faibles, les  
responsables de la Réserve fédérale s’attendent à une hausse  
significative du taux de chômage. Enfin, le commerce international  
devrait rester maussade au cours des mois à venir, les exportations  
des pays déjà sortis du confinement pâtissant de la baisse de la  
demande d’importation de la part de ceux qui y sont entrés plus tard.  
Dans un tel contexte, il est probable qu’après avoir apporté une aide  
face à la pandémie  conjuguée à celle de la politique monétaire –  
la politique budgétaire devra soutenir la demande pour une  
accélération suffisante de la reprise.  
Plusieurs pays européens ont également pris des mesures en vue  
de soutenir les ménages et les entreprises. Toutes ces dispositions  
prises par les pouvoirs publics devraient atténuer l’impact de la crise  
et limiter le risque qu’une crise sanitaire temporaire n’inflige des  
dommages durables à l’économie, freinant ainsi le potentiel de  
redressement rapide.  
Reprise graduelle et inégale  
La fin des confinements entraînera un rebond « mécanique » de  
l’activité et de la demande. La demande contenue et la  
reconstitution des stocks vont probablement donner un coup de  
pouce supplémentaire à court terme. La principale question qui se  
pose est de savoir comment la croissance évoluera ensuite. À en  
juger par l’expérience chinoise de ces dernières semaines, une  
reprise en « V » n’est pas acquise. Il faut probablement s’attendre à  
un redressement progressif car les pays ne reprendront pas tous,  
au même rythme, le chemin de la normalisation  ce qui pénalisera  
les exportations, comme nous le constatons déjà en Chine  et  
l’impact économique de la pandémie n’est pas non plus partout le  
même.  
William De Vijlder  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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