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BCE : revue stratégique en attendant l’évolution de l’inflation

Eco week 20-03 // 24 janvier 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
BCE : REVUE STRATÉGIQUE EN ATTENDANT L’ÉVOLUTION DE L’INFLATION  
La BCE reste prudente dans son évaluation de la situation économique, soulignant que les risques restent orientés à  
la baisse, mais moins qu’auparavant en raison de l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine. Le message  
est légèrement meilleur concernant l’inflation sous-jacente qui, d’après certains signes, enregistre une augmentation  
modérée. D’ici à la fin de l’année, la revue stratégique, qui a désormais été lancée, retiendra toute l’attention des mar-  
chés, qui se demandent si elle pourrait influencer l’orientation de la politique monétaire. Ce réexamen de la stratégie  
est également important du point de vue du changement climatique : les opérations de politique monétaire vont-elles  
l’intégrer parmi les facteurs de risque ou l’ambition ira-t-elle au-delà ?  
À en juger par la réaction des marchés, la conférence de presse de la décision aurait un impact significatif sur les anticipations de taux direc-  
présidente de la BCE cette semaine n’a pas été un événement majeur. teurs et ferait avancer la date du premier relèvement attendu des taux.  
L’indice Euro Stoxx 50 a oscillé dans une fourchette étroite d’environ  
L’enjeu pour l’institution est également d’examiner comment intégrer le  
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,15 % et les rendements du Bund 10 ans se sont détendus d’environ un  
défi climatique dans la politique monétaire. Le nombre impressionnant  
de questions sur le changement climatique, au cours de la conférence  
de presse, est en partie lié à l’ambition exprimée par la présidente de  
la BCE dans ses déclarations récentes et devant le Parlement euro-  
péen. Ces nombreuses questions traduisent aussi l’impatience de voir  
jusqu’où ira le mandat : un contrôle des risques dans le cadre de la sta-  
bilité financière ou quelque chose de plus ambitieux s’inscrivant dans  
le cadre des décisions de politique monétaire, comme le pilotage de la  
valorisation relative des actifs financiers – actifs « verts » versus autres  
actifs – ou l’exercice d’une influence sur l’orientation des flux de crédit ?  
point de base. Cette absence de volatilité n’a rien d’étonnant. Premiè-  
rement, la politique monétaire devrait rester inchangée pendant une  
longue période et, deuxièmement, le message sur la situation écono-  
mique reste prudent. Lors de la réunion de décembre, la BCE notait que  
:
« les données économiques et les résultats d’enquête les plus récents,  
s’ils restent globalement faibles, indiquent une certaine stabilisation  
du ralentissement de la croissance économique dans la zone euro.».  
À présent, le message est le suivant : « Les données économiques et les  
résultats des enquêtes indiquent une certaine stabilisation de la dyna-  
mique de la croissance dans la zone euro, la croissance à court terme  
devant rester proche des niveaux observés au cours des trimestres pré-  
cédents. Le changement d’appréciation est minime – le passage «  
s’ils restent globalement faibles» a été supprimé – pour autant, et il est  
important de le souligner, aucun rebond de la croissance n’est attendu à  
court terme. De plus, les risques restent orientés à la baisse même s’ils  
sont désormais moins prononcés depuis la diminution de l’incertitude  
entourant les échanges commerciaux. Le Conseil des gouverneurs va,  
bien entendu, se féliciter que « certains signes d’une légère accéléra-  
tion de l’inflation sous-jacente sont apparus, conformément aux antici-  
pations.» Il n’empêche que les perspectives d’inflation restent moroses.  
William De Vijlder  
BUND & EUROSTOXX50 (INTRAJOURNALIER)  
Rendement allemand à 10 ans  
Eurostoxx50 [é.d.]  
-0.26  
-0.27  
3770  
3765  
3760  
Compte tenu d’une politique monétaire enfermée dans une forward  
guidance liée à l’état de l’économie et de l’évolution très lente des  
données, l’attention se reporte sur la revue stratégique qui a été of-  
ficiellement lancée, un vaste chantier à la hauteur de l’importance  
de l’exercice. La question-clé qui se pose est de savoir si le mandat  
de la BCE, tout en restant étroit – à savoir le maintien de la stabili-  
té des prix – sera reformulé. L’une des possibilités serait de le rendre  
explicitement symétrique. Cela impliquerait la suppression du terme  
-
0.28  
0.29  
0.30  
0.31  
0.32  
3
755  
3750  
745  
3740  
735  
3730  
-
3
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«
inférieur » dans ce passage largement cité « Nous prévoyons qu’ils  
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[
les taux d’intérêt directeurs] resteront à leurs niveaux actuels ou à des  
09:00 10:00 11:00 12:00 13:00 14:00 15:00 16:00 17:00  
niveaux plus bas, jusqu’à ce que nous ayons constaté que les perspec-  
tives d’inflation convergent durablement vers un niveau suffisamment  
proche de, mais inférieur à 2 % ».  
SOURCES : BLOOMBERG, BNP PARIBAS  
Le grand nombre de questions liées au changement climatique, lors de la conférence de  
presse, reflète l’impatience de savoir jusqu’où le mandat de la BCE pourrait être élargi :  
contrôle des risques dans le cadre de la stabilité financière, pilotage de la valorisation  
relative des actifs “verts” par rapport aux autres actifs, voire action sur l’orientation  
des flux de crédit.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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