EcoFlash

PDF
22 octobre 2019  
France, budget 2020 : plus de relance, moins de rigueur  
Hélène Baudchon (*)  
(
*) avec la contribution de Zoé KLEIN, stagiaire  
Chiffres-clés du budget 2020  
Dans son projet de loi de finances pour 2020, le  
gouvernement prévoit un déficit de 3,1% du PIB en 2019 et  
de 2,2% en 2020 (après un déficit observé de 2,5% en 2018).  
% et % du PIB  
2018  
2019  
2020  
1,3  
2021 2022 2023  
1,3 1,4 1,4  
1,30 1,35 1,35  
-1,8 -1,5 -1,1  
-1,7 -1,5 -1,1  
0,1 0,1 0,1  
Croissance réelle  
1,7  
1,4  
Croissance potentielle  
Solde budgétaire total (1)  
Solde hors one-offs  
1,25  
-2,5  
-2,3  
0,0  
1,25  
-3,1  
-2,2  
0,0  
1,25  
-2,2  
-2,1  
0,1  
L’amélioration en 2020 est en trompe-l’œil, comme le  
creusement du déficit en 2019. Les chiffres de 2020 ne  
portent plus la trace, contrairement à ceux de 2019, du coût  
budgétaire ponctuel de la bascule du CICE en baisse de  
charges.  
Solde conjoncturel (2)  
Mesures ponctuelles et  
temporaires (one-offs) (3)  
Solde structurel (1)-(2)-(3)  
Ajustement structurel  
-0,2  
-0,9  
-0,1  
-0,1 0,0 0,0  
-2,3  
0,1  
0,1  
-2,2  
0,1  
-2,2  
0,0  
-1,8 -1,5 -1,2  
0,3 0,3 0,3  
Hors éléments exceptionnels, le déficit budgétaire se réduit  
de 0,1 point chaque année et atteint 2,1% en 2020.  
Dont effort structurel  
0,1  
0,1  
Nouvelles recettes (hors CI)  
-0,1  
[-0,3]  
0,1  
[0,3]  
0,1  
-0,5  
[-0,6]  
0,3  
[0,4]  
0,3  
Le nouvel objectif de déficit pour 2020 est près d’un point  
plus élevé que celui établi il y a un an dans le PLF 2019.  
Cette dégradation est imputable, dans des proportions  
équivalentes, à la révision à la baisse des prévisions de  
croissance et d’ajustement structurel.  
-0,2  
[
hors FC]  
Effort en dépenses (hors CI)  
[hors FC]  
0,3  
Clé en crédits d’impôt  
Dont composante non  
discrétionnaire  
0,0  
0,0  
0,0  
-0,1  
Le Haut Conseil des Finances Publiques estime  
Ratio de dette publique  
Données hors France Compétences (FC), hors crédits d’impôts(CI)  
98,4  
98,8  
98,7  
98,6 97,7 96,2  
«
plausibles » les nouvelles prévisions de croissance et de  
Dépenses publiques - Ratio  
Evolution en valeur  
54,4  
1,4  
53,8  
1,7  
53,4  
1,7  
52,9 52,3 51,9  
déficit du gouvernement pour 2019 comme 2020.  
Le budget 2020 est un budget de continuité et  
d’adaptation : il intègre les baisses d’impôts prévues dans  
les deux lois de finances précédentes ainsi que les  
nouvelles annonces faites suite au grand débat national et  
à la crise des « gilets jaunes ».  
Evolution en volume  
-0,3  
0,7  
0,7  
0,5 0,2 0,4  
44,0 43,9 43,9  
44,2 44,0 43,9  
Taux de prélèvements  
obligatoires  
45,0  
43,8  
44,0  
hors bascule CICE  
Données y compris France Compétences (FC), hors crédits d’impôts (CI)  
45,0  
44,7  
44,3  
Dépenses publiques - Ratio  
Evolution en valeur  
Evolution en volume  
Taux de prélèvements  
obligatoires  
54,4  
1,4  
54,0  
2,1  
53,6  
1,8  
53,2 52,6 52,1  
1,8 1,8 2,1  
0,5 0,2 0,4  
Pour les ménages, le montant cumulé 2018-2020 des  
baisses d’impôts atteint EUR 21 mds (net des hausses) ;  
pour les entreprises, ce même chiffre est de EUR 16 mds.  
-0,3  
1,1  
0,8  
45,0  
44,0  
44,3  
44,2 44,1 44,1  
Face aux baisses d’impôts conséquentes et documentées,  
les mesures de financement sont un peu moins  
importantes et bien moins détaillées.  
Les mesures ponctuelles et temporaires recouvrent notamment les contentieux  
fiscaux et, en 2019, le coût de la bascule du CICE en baisse de charges. La  
composante non discrétionnaire tient compte notamment des effets d'élasticité  
des recettes lorsque cette élasticité diffère de l’unité. La clé en crédits  
d'impôt équivaut  
à l’écart entre le coût budgétaire et celui en comptabilité  
Dans ce budget, le soutien à la croissance, au travers du  
soutien au pouvoir d’achat des classes modestes et  
moyennes, prime sur la réduction du déficit.  
nationale des crédits d'impôt restituables et reportables (suite au passage en  
SEC 2010). Son niveau élevé en 2020 est lié à la suppression du CICE et à la  
quasi-disparition des créances associées. Les chiffres hors France Compétences  
er  
(
créée le 1 janvier 2019) donnent une image plus favorable (effort en dépenses  
et allègement de la fiscalité plus importants).  
Tableau 1  
Source : gouvernement (PLF et RESF 2020)  
EcoFlash // 22 octobre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
2
1
Les documents relatifs au budget 2020 sont au complet ainsi  
que l’ensemble des chiffres-clés sous-jacents aux nouveaux  
objectifs de déficit budgétaire du gouvernement pour 2019 et  
Déficit total et structurel  
En pourcentage du PIB  
1
Déficit total --- Déficit structurel  
2
020 (cf. tableau 1). Cet article les passe en revue ainsi que  
1
les autres points de ce budget ayant retenu notre attention.  
0
0
-
-
-
-
1
2
3
4
-1  
-2  
-3  
-4  
-5  
-6  
-7  
-8  
Réduction du déficit : objectif secondaire  
Contrairement aux précédents, l’équation budgétaire de 2020  
apparaît moins compliquée. Le gouvernement l’a, en effet,  
résolue en arbitrant plus clairement en faveur de la  
croissance et en passant au second plan la réduction du  
déficit budgétaire. Un objectif désormais secondaire, mais  
que nous abordons en premier lieu, car le déficit reste  
l’indicateur résumant le mieux un budget.  
-5  
-6  
-7  
-8  
1979 1983 1987 1991 1995 1999 2003 2007 2011 2015 2019  
Selon le PLF 2020, le gouvernement prévoit un déficit de  
3
,1% du PIB en 2019 et de 2,2% en 2020, après un déficit  
Graphique 1  
Sources : INSEE, prévisions du gouvernement  
(zone grisée), Macrobond, BNP Paribas  
observé de 2,5% en 2018. Le déficit attendu en 2020 est le  
plus bas depuis 2001 et l’ampleur de l’amélioration par  
rapport à 2019, la plus importante depuis 2013. Mais ces  
bonnes nouvelles doivent être fortement relativisées. Tout  
d’abord, la réduction importante du déficit en 2020 est tout  
autant en trompe-l’œil que son creusement marqué en 2019.  
Les chiffres de 2020 ne portent en effet plus la trace t,  
contrairement à ceux de 2019, du coût budgétaire ponctuel de  
la bascule du CICE en baisse de charges (qui se monte à  
près d’1 point de PIB). Pour 2019 et 2020, la bonne mesure  
du déficit est celle corrigée des éléments exceptionnels (les  
one-offs) : à cette aune, il se réduit de 0,1 point chaque année  
et atteint 2,1% du PIB en 2020.  
Décomposition du déficit  
En pourcentage du PIB  
 Déficit total  Déficit conjoncturel  Service de la dette  
Mesures exceptionnelles et temporaires  
Déficit structurel primaire  
1
0
-1  
-2  
-3  
-4  
-5  
-2,2  
-
2,8  
2,5  
-3,1  
-
3,6 -3,5  
Le déficit attendu pour 2020 (2,2%) est peut-être le plus bas  
depuis 2001, mais il est nettement moins bas ( à hauteur de  
0
de 1,4%). Un écart notable existe également entre le nouvel  
objectif de déficit pour 2019 du PLF 2020 (3,1%) et celui  
établi dans le PLF 2019 (2,8%). Qu’est-ce qui explique ces  
déficits plus élevés alors que le déficit 2018, publié  
entretemps, a été un peu moins important que prévu (2,5%  
selon l’estimation actuelle de l’INSEE contre 2,6% dans le  
PLF 2019).  
-
-3,9  
-4,1  
,8 point de PIB) que l’objectif fixé dans le PLF 2019 (déficit  
-6  
-7  
-5,2 -5,0  
-8  
-6,9  
010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020  
2
Graphique 2  
Sources : INSEE, Commission Européenne,  
prévisions du gouvernement, Macrobond,  
BNP Paribas  
La croissance moins élevée que prévu est un premier  
élément de réponse. Le gouvernement a, en effet, revu à la  
baisse ses prévisions de 0,3 et 0,4 point, respectivement,  
pour 2019 et 2020. Il table désormais sur une croissance de  
relâchement porte la trace de la crise des « gilets jaunes » et  
des réponses budgétaires apportées. Celles-ci ont pris, tout  
d’abord, la forme des mesures d’urgence économiques et  
sociales (MUES) votées fin décembre 2018 et intégrées in  
3
1
,4% cette année et de 1,3% l’année prochaine, des chiffres  
extremis dans la loi de finances initiale (LFI 2019) . La  
bien plus proches de la croissance potentielle que les  
précédents. Cette révision se traduit par une moindre  
amélioration de la composante conjoncturelle du déficit , à  
hauteur de 0,2 point en 2019 et en 2020. Revenu à l’équilibre  
en 2018 (d’après l’estimation du gouvernement), le solde  
conjoncturel resterait donc nul en 2019 et ne gagnerait plus  
que 0,1 point en 2020.  
révision à la baisse de l’ajustement structurel pour 2019 a été  
faite à cette occasion. Puis, une nouvelle série de mesures  
postérieures au grand débat national ont été annoncées le 25  
avril 2019 lors de la conférence de presse d’Emmanuel  
Macron (cf. infra pour les détails). Le Programme de stabilité  
d’avril 2019, publié avant ces annonces, prend néanmoins  
déjà acte de la dégradation prévisible du déficit pour 2020 et  
ne compte plus que sur un ajustement structurel de 0,1 point  
2
Le relâchement de l’ajustement structurel est le second  
élément de réponse. Il joue à hauteur de 0,2 point dans la  
dégradation du déficit 2019 entre les deux PLF (l’ajustement  
ayant été ramené de +0,3 point à +0,1 point) et à hauteur de  
4
en 2020 (au lieu de 0,3 dans le PLF 2019) . Le PLF 2020 va  
un cran plus loin et affiche un ajustement structurel nul en  
2
020.  
0
,3 point dans celle du déficit 2020 (ajustement désormais  
nul, que traduit la stabilité du déficit structurel, à 2,2%). Ce  
3
Les objectifs de déficit pour 2018 et 2019 inscrits dans la LFI 2019  
s’en trouvent ainsi assez nettement modifiés par rapport à ceux du  
PLF 2019 : le déficit attendu pour 2018 est rehaussé de 2,6% à 2,7%  
et celui pour 2019 de 2,8% à 3,2%.  
Les objectifs de déficit pour 2019 et 2020 sont, alors, fixés,  
respectivement, à 3,1% et 2% (après 2,5% en 2018, chiffre  
désormais connu).  
1
Projet de Loi de Finances (PLF), Projet de Loi de Financement de la  
Sécurité Sociale (PLFSS), Rapport Economique, Social et Financier  
4
(
RESF), avis du Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP).  
2
L’ajustement conjoncturel est calculé comme la moitié de l’écart  
entre la croissance réelle et la croissance potentielle.  
EcoFlash // 22 octobre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
3
L’amoindrissement de l’ajustement structurel entre les PLF  
Orientation de la politique budgétaire  
2
019 et 2020 résulte à la fois des mesures fiscales (baisses  
politique restrictive /  
1,0  
politique restrictive/  
conjoncture favorable  
2011  
d’impôts plus importantes) et du relâchement de l’effort en  
matière d’économies budgétaires. Si le gouvernement  
parvient néanmoins à stabiliser le déficit structurel en 2020 et  
à éviter une dégradation, c’est, en partie, grâce à la réduction  
du service de la dette. Le déficit structurel primaire se creuse,  
lui, en effet, légèrement, de 0,1 point, une même baisse étant  
d’ailleurs aussi observée en 2019. Ainsi mesurée par la  
variation du déficit structurel primaire, l’impulsion budgétaire  
est dorénavant légèrement positive, en 2019 comme en 2020,  
alors qu’elle était négative dans le PLF 2019 (à hauteur de  
conjoncture défavorable  
0,8  
0,6  
0,4  
2013  
2012  
2
018  
2
014  
0,2  
2015  
0
,0 0,0 2017  
-
2,0  
-1,5  
010  
-1,0  
2016  
-0,5  
0,5 20201,0  
2019  
-
0,2  
2
-
0,4  
0
,2 point). Compte tenu de l’écart de production estimé  
politique expansionniste/  
politique expansionniste/  
légèrement positif, le stimulus budgétaire peut être  
conjoncture défavorable Ecart de production conjoncture favorable  
caractérisé de pro-cyclique (cf. graphique 3).  
Graphique 3  
Sources : INSEE, Commission européenne,  
prévisions du gouvernement, Macrobond,  
BNP Paribas  
Equation budgétaire moins compliquée, relâchement de  
l’effort de rigueur : les objectifs de déficit du PLF 2020  
semblent plus faciles à atteindre que les années précédentes.  
Le graphique 4 rappelle, toutefois, combien l’exercice reste  
difficile et, pour partie, fictif aux horizons les plus éloignés : on  
peut y voir représentée la trajectoire de réduction du déficit de  
chaque PLF depuis celui de 2013. Si la réduction du déficit  
est bien visible, aussi progressive soit-elle, c’est le retour à  
l’équilibre qui ne cesse d’être repoussé dans le temps. Du  
côté du ratio de dette publique, le diagnostic est plus sévère  
puisque même son inflexion n’est pas encore au rendez-vous  
Chronique des objectifs de déficit budgétaire  
En pourcentage du PIB  
1
Observé  
PLF 2020 ••• PLF 2019 –– PLF 2018  PLF 2017  
PLF 2016  PLF 2015 ––– PLF 2014 --PLF 2013  
0
-1  
-2  
-3  
-4  
(
cf. graphique 5). Tout juste ce ratio est-il stabilisé. Sa baisse  
paraît néanmoins à portée de main, à la faveur de la  
réduction du déficit et de la résorption de l’écart avec le solde  
public stabilisant le ratio de dette.  
Les objectifs de déficit ne seront pas non plus faciles à  
atteindre à cause des risques baissiers qui pèsent sur la  
-5  
5
croissance et aussi parce que l’effort de réduction des  
-6  
dépenses reste à concrétiser. Le Haut Conseil des Finances  
Publiques (HCFP) estime néanmoins « plausibles » les  
prévisions du gouvernement, tant celles de croissance que  
2011  
2013  
2015  
2017  
2019  
2021  
2023  
Graphique 4  
Sources : INSEE, prévisions du gouvernement,  
BNP Paribas  
6
celles de déficit, pour 2019 comme pour 2020 . En revanche,  
il se montre beaucoup plus critique à l’égard de l’évolution du  
déficit structurel par rapport à la trajectoire définie dans la loi  
de programmation des finances publiques de janvier 2018  
La difficile inflexion du ratio de dette publique  
En pourcentage du PIB  
(LPFP). L’écart s’élève, en effet, à 0,1 point en 2018 et 0,3  
Observé  
point en 2019, soit « très proche du seuil de déclenchement  
PLF 2020 ••• PLF 2019 –– PLF 2018  PLF 2017  
PLF 2016  PLF 2015 ––– PLF 2014 --PLF 2013  
7
du mécanisme de correction » . Et il s’agrandit encore en  
2
«
020 (à -0,6 point), ce qui amène le HCFP à pointer un  
problème de cohérence entre le PLF 2020 et la LPFP ». Le  
100  
budget 2020 n’est pas non plus conforme aux règles  
budgétaires européennes . La Commission européenne  
8
95  
5
90  
A titre d’illustration, sur la base de nos prévisions de croissance plus  
basses que celles du gouvernement (1,2% en 2019, 1% en 2020) et  
en retenant la même hypothèse de service de la dette et d’ajustement  
structurel, notre prévision de déficit pour 2019 est similaire (3,1%)  
mais celle pour 2020 est légèrement plus négative (2,3%).  
Plus précisément, sous l’hypothèse centrale d’un Brexit avec  
accord, la prévision de croissance pour 2019 est jugée  
8
5
0
6
8
2
011  
2013  
2015  
2017  
2019  
2021  
2023  
«
atteignable » et celle pour 2020 « plausible ».  
Un écart de solde structurel est considéré comme important, et  
7
Graphique 5  
Sources : INSEE, prévisions du gouvernement,  
Macrobond, BNP Paribas  
donc déclenchant le mécanisme de correction, lorsqu’il représente au  
moins 0,5 point de PIB sur une année donnée ou au moins 0,25 point  
en moyenne sur deux années consécutives.  
8
Dans le « bras préventif » (où se situe la France depuis sa sortie, en  
devrait toutefois se montrer conciliante compte tenu des  
réformes à l’œuvre en France et de l’appel global à un  
assouplissement budgétaire, que la France a devancé en  
quelque sorte.  
2018, de la procédure de déficit excessif), l’ajustement structurel doit  
être strictement supérieur à 0,5 point de PIB par an tant que l’objectif  
de moyen terme (OMT) de solde structurel n’est pas atteint (-0,4%  
pour la France) mais une déviation de 0,25 point en moyenne sur  
deux ans est autorisée.  
EcoFlash // 22 octobre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
4
Soutenir la croissance via le pouvoir d’achat  
Récapitulatif des principales mesures en  
Nous ne voyons pas le budget 2020 comme marquant un  
tournant dans la politique économique et budgétaire du  
gouvernement mais comme un budget de continuité et  
d’adaptation : continuité car les mesures et réformes  
préalablement engagées sont poursuivies ; adaptation car de  
nouvelles mesures sont prises pour répondre à l’évolution-  
défavorable- de la situation économique et sociale. Le  
changement opéré est dans la hiérarchie entre politique de  
l’offre et soutien par la demande, l’accent étant désormais mis  
sur le second après avoir été mis sur la première.  
prélèvements obligatoires 2018-2020  
EUR mds  
2
018 2019 2020  
Total ménages  
-1,1  
-10,3  
-9,3  
Suppression de la taxe d'habitation sur les résidences  
principales (pour 80% des ménages assujettis)  
Remplacement de l'ISF par l'Impôt sur la Fortune  
Immobilière (IFI)  
Mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU)  
Augmentation des taux Agirc-Arrco (part ménages)  
Bascule cotisations (maladie-chômage) / CSG  
Exonération et défiscalisation des heures supplémentaires  
Réforme du barême de l'IR  
-2,9  
-3,6  
-3,7  
-3,2  
-1,4  
-0,3  
1,1  
-4,0  
-3,0  
-0,1  
-0,1  
-0,3  
-0,8  
-5,0  
4,4  
Le soutien à l’offre n’est pas remis en cause. Il a été  
enclenché le premier en partie parce qu’il est plus lent à  
produire des effets. Depuis, il y a eu des ajustements  
budgétaires pour respecter l’objectif de réduction du déficit,  
avec notamment la mise en œuvre retardée ou plus étalée  
dans le temps, de certaines mesures de soutien (allègement  
supplémentaire des charges au niveau du Smic dans le cadre  
de la bascule du CICE, trajectoire de baisse de l’IS) mais il n’y  
a pas de retour en arrière. Un soutien à la demande est aussi  
présent depuis le premier budget du quinquennat Macron,  
mais au second plan (sous l’angle notamment du soutien au  
travail pour faire en sorte qu’il paie mieux) et selon un  
Annulation de la hausse de la CSG pour les retraités  
modestes  
-1,6  
0,1  
Hausse fiscalité du tabac  
0,9  
2,4  
0,4  
0,0  
0,4  
0,0  
Hausse de la fiscalité énergétique (part ménages = 66%)  
Elargissement du crédit d'impôt pour l'emploi de  
personnes à domicile  
Prolongation et prorogation du CITE (crédit d'impôt pour la  
transition énergétique)  
-1,0  
-0,3  
0,8  
0,0  
Total entreprises  
Baisse du taux d'IS de 33% à 25%  
CICE - hausse du taux de 6 à 7%  
-8,6  
-1,2  
-3,3  
0,1  
-0,8  
-0,4  
-1,0  
-2,5  
0,0  
9
calendrier de mise en œuvre qui l’a desservi .  
Surtaxe exceptionnelle sur l'IS pour financer le contentieux  
Ce soutien de et par la demande est passé au premier plan  
en réponse à la crise des « gilets jaunes ». Il prend la forme  
d’une série de mesures en faveur du pouvoir d’achat des  
ménages . Les MUES et les mesures annoncées suite au  
grand débat national (désormais intégrées dans le budget  
-4,8  
-0,1  
3
% dividendes  
Hausse de la fiscalité énergétique (part entreprises = 34%) 1,3  
Augmentation des taux Agirc-Arrco (part entreprises)  
Réforme de la taxation des plus-values brutes à long  
terme (niche Copé)  
-0,1  
0,7  
0,0  
0,2  
1
0
0,4  
2
020) visent à soutenir plus précisément le pouvoir d’achat  
Taxe sur les services du numérique (taxe GAFA)  
0,4  
0,0  
0,1  
0,6  
0,2  
des ménages les plus modestes et des classes moyennes.  
Les dernières évaluations de l’Institut des Politiques  
Publiques mettent effectivement en évidence des gains  
Création d'un crédit d'impôt sur la taxe sur les salaires  
Suppression de la niche TICPE sur le gazole non routier  
Limitation de l'avantage DFS (Déduction Forfaitaire  
Spécifique) dans le calcul des allègements de charges  
TOTAL hors bascule CICE*  
-0,6  
1
1
significatifs sur le revenu disponible de ces catégories . Ces  
mesures viennent également soutenir opportunément la  
croissance alors qu’elle est freinée par un environnement  
extérieur plus incertain et moins porteur. Et pour ne pas peser  
plus sur l’activité, les mesures de financement ont été  
réduites dans le budget 2020. D’où cette idée que le budget  
0,4  
-9,4  
-9,4  
-8,8  
-20,0  
-28,9  
-10,2  
13,5  
3,3  
Effet temporaire de la bascule CICE (effet sur les PO)  
TOTAL*  
*
Hors mesure de périmètre de France Compétences.  
Tableau 2  
Source : PLF 2020  
2
020 arbitre plus clairement en faveur de la croissance. Dans  
les précédents budgets, le soutien à la croissance et la  
réduction du déficit étaient mis sur le même plan et les  
mesures de soutien contrebalancées par autant de mesures  
de financement. Ce n’est plus le cas dans ce budget, avec le  
public et de la politique du logement. Les dépenses pilotables  
1
2
13  
et l’ODETE , les dépenses de santé (Ondam ) et des  
1
4
collectivités locales restent contenues par la norme de  
progression à laquelle elles sont soumises (2%, 0,8%, 2,3%  
et 1,2%, respectivement). Autre source d’économie : la sous-  
indexation par rapport à l’inflation de certaines prestations  
renoncement  
à une compensation intégrale, dont des  
économies budgétaires, et une relégation au second plan de  
l’objectif de réduction du déficit.  
sociales (revalorisation limitée  
à
0,3% des retraites  
S’agissant du volet dépenses du budget 2020, nous ne  
disposons pas de beaucoup d’informations. Le gouvernement  
met en avant le rythme plus faible de progression des  
dépenses, la baisse de leur part dans le PIB et un effort  
structurel estimé à 0,3 point de PIB, mais il reste très général  
quant aux mesures d’économies prises. Sur le champ de  
l’Etat, il souligne la poursuite des effets de la réforme de la  
politique de l’emploi, de l’action publique, de l’audiovisuel  
supérieures à EUR 2000 par mois, de l’APL, des allocations  
familiales et de la prime d’activité). Un ralentissement marqué  
de l’investissement public local est attendu en lien avec le  
cycle électoral communal. Le gouvernement compte  
également sur la montée en charge des économies liées à la  
réforme de l’assurance-chômage (EUR 1,5 md) et sur une  
économie d’environ EUR 3 mds sur la charge de la dette.  
D’autres dépenses sont, par ailleurs, accrues (domaines  
régaliens, revalorisation de prestations monétaires  
destination des plus fragiles, environnement, transports du  
quotidien, jeunesse, éducation et capital humain).  
à
9
Hausse de la CSG en une fois en janvier 2018 mais suppression en  
deux temps des cotisations salariales chômage et maladie (en janvier  
et octobre) et suppression en trois temps de la taxe d’habitation  
(
2018, 2019 et 2020, en octobre de chaque année).  
1
0
12  
Pour plus de détails, cf. EcoFlash n°11, « France : pouvoir d’achat,  
ODETE : objectif de dépenses totales de l’Etat  
3
Ondam : objectif national des dépenses d’assurance maladie  
1
1
1
14  
Encadrement des dépenses de fonctionnement via les contrats de  
responsabilisation signés avec l’Etat  
EcoFlash // 22 octobre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
5
S’agissant du volet recettes, plus précisément les baisses  
d’impôts, les détails sont plus fournis. La mesure phare du  
PLF 2020 est la baisse de EUR 5 mds de l’impôt sur le  
revenu (IR), effective au 1 janvier 2020, au travers d’un  
allègement sur les deux premières tranches et de la  
modification suivante du barème :  
Trajectoire de réduction de l’IS  
Entreprises au chiffre d’affaires > à EUR 250 millions  
er  
–– Entreprises au chiffre d’affaires < à EUR 250 millions  
3,33%*  
3
au delà de 500 000 de bénéfices  
35%  
3,33%*  
3
31% au delà de 500 000 de bénéfices  
-
le taux d’imposition de la première tranche passe de 14  
à 11% ;  
les seuils d’entrée et de sortie de la deuxième tranche  
sont abaissés, passant respectivement de EUR 27 519 à  
EUR 25 405 et de EUR 73 779 à EUR 72 643.  
*
28% en-  
sur l'ensemble  
7,5%  
des bénéfices  
25%  
3
0%  
2
31%*  
deçà de 500  
000 de  
bénéficies  
-
2
8%  
25%  
sur l'ensemble  
des bénéfices  
26,5%  
Les ménages modestes, relevant de la première tranche, sont  
les plus grands bénéficiaires de cette baisse de l’IR. Les  
gains des ménages relevant de la deuxième tranche sont  
modérés par l’abaissement de son seuil d’entrée. Les  
ménages imposés aux tranches supérieures (41 et 45%) ne  
bénéficient pas, quant à eux, de cette baisse de l’IR, les  
changements de seuils de la deuxième tranche visant à en  
neutraliser les effets. La progressivité de l’IR se trouve  
renforcée au passage.  
2
0%  
1
5 % = taux réduit pour les PME (chiffre d'affaires< EUR7,5  
millions, jusqu'àEUR38 000 de bénéfices)  
15%  
2018 2019 2020  
2021  
2022  
Graphique 6  
Sources : PLF 2020, BNP Paribas  
2021). Le transport aérien est mis à contribution au travers  
d’une augmentation des tarifs de la taxe de solidarité sur les  
billets d’avion (EUR 180 millions). Le gouvernement met par  
ailleurs en avant les EUR 380 millions de revenus de la  
TICPE fléchés, de manière exceptionnelle, vers l’Agence de  
financement des infrastructures de transport de France  
(AFITF) en 2020.  
Le gouvernement a également annoncé la reconduction de la  
prime exceptionnelle exonérée d’IR et de cotisations sociales  
(dans la limite de EUR 1000), mesure qui faisait partie des  
MUES. Par ailleurs, la prime d’activité est de nouveau  
revalorisée, à hauteur de 0,3%. Enfin, le budget 2020 intègre  
la ré-indexation sur l’inflation des petites retraites (inférieures  
à EUR 2000 par mois), ainsi que la troisième et dernière  
étape de la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des  
S’agissant des ménages, la même logique de renforcement  
du pouvoir d’achat des individus les plus modestes  
s’applique, avec la transformation du crédit d’impôt pour la  
transition énergétique (CITE) en prime versée l’année des  
travaux. Celle-ci sera proposée aux 40% des ménages les  
plus modestes, tandis que les 40% suivants continueront de  
bénéficier du CITE jusqu’en 2021. Les 20% des ménages les  
plus aisés ne devaient plus bénéficier du CITE ni de la  
nouvelle prime mais un amendement a été voté pour qu’ils  
restent éligibles mais seulement pour certains travaux. Le  
gouvernement poursuit aussi sa politique de verdissement du  
parc automobile par le biais de l’augmentation du bonus à  
l’achat de véhicules électriques et de la prime à la conversion  
au bénéfice des plus modestes.  
1
5
ménages assujettis . Au total, ce sont EUR 9,3 nouveaux  
milliards de baisse d’impôts (nettes des hausses) qui sont  
annoncés en faveur des ménages pour 2020, après EUR 10,3  
mds en 2019 (cf. tableau 2).  
Du côté des entreprises, la principale mesure en leur faveur  
consiste en une nouvelle étape dans la trajectoire de baisse  
du taux statutaire de l’impôt sur les sociétés (IS), qui se chiffre  
à EUR 2,5 mds. Le taux d’IS pour les grandes entreprises  
(chiffre d’affaire supérieur à EUR 250 millions) baisse à 31%  
au-delà de EUR 500 000 de bénéfices. Le taux normal d’IS  
pour les PME passe, quant à lui, à 28% pour l’ensemble des  
bénéfices. L’objectif d’un taux statutaire d’IS à 25% pour tout  
le monde reste prévu pour 2022 (cf. graphique 6). Un  
ensemble de mesures vient cependant contrebalancer cet  
allègement de l’IS, pour un total de EUR 1,5 md (taxe Gafa,  
Si l’ambition d’un changement de pratiques est mise en avant,  
passant par des primes pour les ménages et la suppression  
de niches anti-écologiques pour les entreprises ainsi que par  
les premiers jalons d’une budgétisation verte (cf. encadré ci-  
après), le caractère pour le moment symbolique des mesures  
(faiblesse des montants en jeu) en limite la portée.  
1
6
réforme et suppression de dépenses fiscales et sociales) .  
Enfin, le budget 2020 se caractérise également par un certain  
nombre de mesures à visée écologique. Suite à l’échec de  
l’augmentation de la taxe carbone, le gouvernement a décidé  
de mettre davantage l’accent sur la contribution des  
entreprises à la transition écologique, au travers de la  
suppression  
d’abattements  
fiscaux  
défavorables  
à
l’environnement. La niche fiscale sur le gazole non routier  
17  
tarifs réduits de TICPE ) doit ainsi disparaître d’ici janvier  
(
2
2
022 (rendement attendu de EUR 200 millions environ en  
020, EUR 870 millions à compter de 2023). Une baisse du  
remboursement partiel de la TICPE sur le gazole utilisé pour  
le transport routier des marchandises est également prévue  
(EUR 70 millions d’économies en 2020, EUR 140 millions en  
1
5
Ce budget prépare également le terrain à la suppression de la taxe  
d’habitation pour les 20% restants en 2023.  
1
6
Le CIR (crédit d’impôt recherche) et la réduction d’impôt en faveur  
du mécénat des grandes entreprises font également l’objet d’un petit  
tour de vis, pour un rendement attendu de, respectivement, EUR 230  
millions et EUR 130 millions à compter de 2021.  
1
7
Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques  
EcoFlash // 22 octobre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
6
Verdir les dépenses et les recettes de l’Etat  
Le budget peut être utilisé par les Etats pour atteindre leurs objectifs de transition écologique. Le terme « budget vert » désigne un budget  
qui analyse les dépenses et les recettes publiques à l’aune de leurs impacts sur l’environnement. Un rapport de l’inspection générale des  
finances (IGF) et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) a été remis au gouvernement à ce sujet en  
septembre 2019. Il développe une méthodologie de classification des dépenses au regard des six critères environnementaux suivants :  
-
-
-
-
-
-
lutte contre le changement climatique ;  
adaptation au changement climatique ;  
gestion durable des ressources en eau ;  
transition vers une économie circulaire et prévention des risques ;  
prévention de la pollution ;  
préservation de la biodiversité et gestion durable des espaces naturels, agricoles et forestiers.  
Une classification a également été élaborée, assignant à chaque dépense une note allant de -1 à 3, au regard de chacun des six critères :  
-
-
-
-
-
la notation -1 est attribuée aux dépenses défavorables à l’environnement, directement ou indirectement ;  
0 aux dépenses neutres ou en cas d’information non disponible ;  
1 aux dépenses favorables à court terme mais qui présentent un risque de verrouillage technologique à long terme ;  
2 aux dépenses ayant un effet favorable indirect ;  
3 aux dépenses ayant un effet favorable direct.  
Une dépense peut être favorable au regard d’un critère et défavorable au regard d’un autre. L’asymétrie dans l’échelle de classification  
implique une analyse plus détaillée des dépenses favorables que des dépenses défavorables. De plus, l’utilisation de la couleur blanche  
pour les dépenses neutres et celles pour lesquelles l’information n’est pas disponible implique le regroupement dans une même catégorie  
de deux types de dépenses aux impacts environnementaux potentiellement très différents.  
L’IGF et le CGEDD ont appliq leur méthodologie à quatre missions du PLF 2019 (qui représentent EUR 340 mds). EUR 55 mds de  
dépenses sont ressorties comme ayant un impact. Entre EUR 33 et 36 mds de dépenses* sont au moins une fois favorables à  
l’environnement au regard d’un des six axes environnementaux et EUR 25 mds au moins une fois défavorables. Près de la moitié des  
dépenses au moins une fois défavorables (EUR 12 mds) sont des dépenses fiscales, plus précisément des exonérations de TICPE.  
A titre d’exemple, l’action « Ferroviaire » de la mission  
«
Ecologie, développement et mobilités durables »  
obtient la notation 2 pour le critère de lutte contre le  
changement climatique, c’est-à-dire qu’elle a un effet  
favorable indirect. Ceci tient au fait que le ferroviaire  
promeut une alternative à l’usage de la route sans  
que ce soit son objectif premier. La dépense est  
neutre en termes d’adaptation au changement  
climatique. Elle est en revanche classée défavorable  
pour les quatre critères restants, du fait notamment de  
son atteinte à la biodiversité et de son rôle dans  
l’artificialisation des sols. Ces résultats permettent  
d’avoir une vision plus complète des multiples impacts  
environnementaux d’une même dépense.  
Un budget vert, sous ce format, sera présenté en  
2021 par le gouvernement, de concert avec le Haut  
Conseil pour le Climat.  
Tandis que le rapport de l’IGF-CGEDD porte sur la  
budgétisation verte des dépenses de l’Etat, celui  
Figure 1 : Arbre de décision pour la classification des dépenses  
publié en septembre 2019 par le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO) s’intéresse aux recettes vertes et met en avant des  
propositions en matière de fiscalité environnementale.  
Le CPO rapporte qu’en 2018, il existait en France 46 instruments de fiscalité environnementale, pour un rendement total de EUR 56 mds, soit  
moins de 5% des PO et 2,4% du PIB. Ces instruments consistent en une multitude de dispositifs fiscaux qui n’ont que rarement une finalité  
environnementale explicite. De plus, le CPO a identifié un nombre total de 38 dépenses fiscales d’un montant supérieur à EUR 13 mds, dont 23  
sont des exonérations de TICPE. Octroyées pour des motifs de compétitivité, ces dernières n’en soutiennent pas moins la consommation des  
énergies fossiles et nuisent au caractère désincitatif de la TICPE.  
Le CPO préconise une reprise de la trajectoire de la fiscalité carbone. L’augmentation annoncée en 2018 s’inscrivait davantage dans une  
logique de taxe de rendement (assiette large, taux bas, recettes affectées au budget de l’Etat) que de fiscalité comportementale. Le CPO  
appelle à ce que les recettes soient affectées aux ménages les plus touchés afin de renforcer leur consentement à l’impôt, et que les dépenses  
fiscales soient largement limitées afin que la taxe s’impose à l’ensemble des consommateurs d’énergies fossiles. Supprimer ces déséquilibres  
permettra d’améliorer l’équité et l’efficacité des taxes environnementales.  
*
La mission n’a pas réussi à classifier les dépenses relatives à la fermeture de la centrale nucléaire Fessenheim de manière unanime et s’est accordée sur une  
fourchette quant à la valeur totale des dépenses favorables à l’environnement.  
Encadré  
Sources : gouvernement, IGF-CGEDD, CPO  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2261 articles et 573 vidéos