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EcoPerspectives // 4 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Portugal  
Confiance renouvelée  
Très progressif jusqu’ici, le ralentissement économique devrait peu à peu s’étendre au cours de la seconde moitié de 2019 et en 2020.  
Alors que le chômage est au plus bas depuis 2002, le moral des ménages est bon. Ils viennent d’ailleurs de renouveler leur confiance  
à l’équipe sortante du premier ministre Costa. Le Parti socialiste est ainsi arrivé largement en tête des élections législatives du  
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octobre dernier avec plus de 36% des votes. Comme lors de la précédente législature, il va chercher à s’assurer du soutien des  
autres partis de gauche pour former un nouveau gouvernement.  
Ralentissement en cours  
1- Croissance et inflation  
Le redressement de l’économie au sein de la zone euro continue  
d’être un succès. Bien entendu, la croissance portugaise ne pourra  
échapper au ralentissement général de la zone, et est soumise aux  
mêmes incertitudes (évolution des tensions commerciales  
mondiales, mise en œuvre du Brexit, évolution des prix du pétrole,  
etc.) qui constituent actuellement autant de risques baissiers pour  
l’activité économique des prochains trimestres. Dans cet  
environnement difficile, la croissance portugaise a malgré tout fait  
preuve jusqu’ici de beaucoup de résistance, si bien que nous  
n’avons que peu révisé nos perspectives la concernant. En effet,  
après deux années dynamiques, la croissance annuelle du PIB  
n’est repassée sous la barre des 2% que fin 2018. Elle s’y est  
maintenu (à 1,8% g.a.) tout au long du premier semestre 2019, la  
bonne tenue de la demande intérieure, et notamment des dépenses  
d’investissements, ayant permis de compenser une bonne partie  
des effets du ralentissement du commerce extérieur. Très progressif  
donc, le ralentissement devrait toutefois s’étendre dans la seconde  
moitié de 2019 et en 2020, alimenté, notamment, par le tassement  
des créations d’emplois et de la consommation privée. A ce stade, il  
nous semble que la croissance du PIB pourrait, au final, s’établir  
autour de 1,8% cette année puis de 1,3% en 2020. À ce niveau, elle  
se situerait, l’an prochain, environ au niveau des estimations  
actuelles de croissance potentielle, et toujours, pour la quatrième  
année consécutive, au-dessus de la moyenne pour la zone euro  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
3
.5  
Prévision  
Prévision  
2.4  
2
.0  
1
.9  
1
.4  
1.6  
1
.2  
0
.9  
0
.6  
0.5  
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1
6
17  
18  
19  
20  
16  
17  
18  
20  
Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
précédente législature, son ambition est de renouveler l’accord  
passé avec les partis de la gauche plus radicale qui, sans participer  
au gouvernement minoritaire, ont soutenu sa politique à  
l’Assemblée.  
Si ce scénario se confirme, on peut supposer que la politique  
budgétaire restera prudente dans les années à venir, même si le  
ralentissement de la croissance devrait accentuer un peu la  
pression subie par le gouvernement. Jusqu’ici en tout cas, la  
consolidation se poursuit. Le solde budgétaire a ainsi été ramené à  
-
(
0,5% du PIB en 2018 et devrait se contracter davantage en 2019  
-0,2% du PIB). Outre l’effet de soutien de la croissance  
(
0,7% attendu en 2020). Particulièrement riche en emplois en 2017  
et 2018, la croissance a permis de ramener le taux de chômage à  
,5% début 2019, au plus bas depuis 2002. Il s'est globalement  
économique, les finances publiques bénéficient de la discipline  
budgétaire en cours et des effets durables de la très forte baisse  
des spreads souverains enregistrée en 2017. Dans l'environnement  
actuel (nouveau repli des taux et des spreads au premier semestre,  
reprise des achats d'actifs nets de la BCE à partir de novembre  
019), la réduction supplémentaire attendue d’un ½ point de PIB de  
la charge d’intérêts au cours des deux prochaines années pourrait  
être dépassée. Notons enfin que le redressement progressif du  
système bancaire , réduit les risques qui pèsent sur les finances  
publiques. Dans ce contexte, le FMI a récemment estimé que, selon  
les tendances actuelles, le pays pourrait atteindre l’équilibre  
budgétaire en 2020 et voir son ratio de dette publique passer sous  
le seuil de 100% du PIB d’ici 2024.  
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stabilisé au 1er semestre, en raison du ralentissement des créations  
d’emplois entamé en 2019 (+0,7% g.a. au T2, contre +2,7% g.a. un  
an auparavant), avant de repartir à la baisse en juillet et en août.  
Jusqu’ici, ce tassement n’a pas réellement pesé sur la confiance  
des ménages dont les dépenses continuent de croitre plus vite que  
le PIB, leur taux d’épargne (4,5% du revenu disponible brut au T2)  
s’affichant parmi les plus faibles de la zone euro.  
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Continuité politique  
Dans ce contexte, les élections législatives du 6 octobre dernier ont,  
sans grande surprise, tourné à l’avantage de l’équipe sortante qui,  
aux yeux de beaucoup d’électeurs, a su mener ces dernières  
années une politique sociale sans nuire au redressement du pays.  
Le parti socialiste a emporté plus de 36% des suffrages, son leader  
Antonio Costa devrait logiquement être reconduit à la tête du  
gouvernement pour un second mandat. Comme lors de la  
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Le ratio de prêts non-performants dans le secteur bancaire est revenu en deçà de  
% au T1 2019, un niveau médiocre, mais beaucoup plus proche que par le passé  
de celui des autres « mauvais élèves » de la zone euro (Grèce et Chypre exceptées).  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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