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L’incertitude modifie le comportement des ménages et des entreprises Les imprévus et leurs effets de second tour impliquent  
qu’elle est, dans une certaine mesure, inévitable La politique économique doit éviter d’y contribuer ■Alors que la politique  
monétaire vise à contenir l’incertitude, les mesures protectionnistes en génèrent et peuvent, à terme, freiner la croissance  
L’incertitude modifie le comportement des ménages et des entreprises, en  
particulier leurs décisions irréversibles impliquant un engagement long (achat  
immobilier, investissements). Elle affecte aussi l’économie à travers les chocs  
COUVERTURE MEDIATIQUE DU PROTECTIONNISME  
Indice SP500/Shanghai (en USD)  
Couverture médiatique de la guerre commerciale* (é.d.)  
(
événements inattendus) et les effets de second tour, ce qui explique qu’elle  
puisse s’installer. Les chocs peuvent être de natures très diverses et relever  
d’événements économiques ou non (politiques ou géopolitiques, par exemple).  
Ensuite, l’évolution des statistiques économiques est une source permanente  
d’incertitude, la réaction de l’inflation à une baisse du chômage en est un bon  
exemple.  
La politique économique peut aussi influencer l’incertitude et, si l’on se fie à la  
littérature empirique sur les effets négatifs de cette dernière sur la croissance, il  
est évident que la politique économique complique les choses. C’est pourquoi  
les banques centrales communiquent sur leurs intentions et s’efforcent de  
réagir aux nouvelles informations de façon prévisible : une fonction de réaction  
stable de ces banques permet de contenir l’incertitude. L’effet de la politique  
budgétaire est moins tranché : une expansion budgétaire contracyclique la  
réduirait, à condition de disposer d’une marge de manœuvre, alors qu’une  
impulsion procyclique (les récentes baisses d’impôt aux États-Unis) ajoute aux  
pressions inflationnistes et, à terme, accroît l’incertitude. En politique  
commerciale, les mesures protectionnistes génèrent de l’incertitude de  
différentes façons : 1) la menace de relèvements des droits à l’importation  
10.0  
5 000  
4 000  
3 000  
2 000  
1 000  
0
9
9
8
.5  
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.5  
8.0  
7
.5  
Jan-18  
Mar-18  
May-18  
Jul-18  
*Nbre hebdomadaire d’articles mentionnant le protectionnisme, la guerre  
commerciale, les conflits et les différends commerciaux, les droits de douane, les  
barrières commerciales, d’après la base de données Factiva  
Sources : Thomson Reuters, Factiva, BNP Paribas  
(
avec l’illusion que l’économie se porte bien au regard de l’évolution des  
importations, alors que celles-ci n’augmentent qu’en prévision des relèvements), 2) la crainte de représailles de la part des partenaires commerciaux,  
) les inquiétudes quant à l’impact sur l’inflation, les rendements obligataires, les taux de change, la politique monétaire, 4) la complexité d’analyser  
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l’impact sur les chaînes de valeur mondiales, 5) les interrogations sur l’érosion à terme de la compétitivité des secteurs économiques protégés. Une  
des caractéristiques de l’incertitude est qu’à moment donné l’on parvient à un point de rupture. Les fondamentaux (l’utilisation des capacités, la  
rentabilité) ont beau être robustes, si l’incertitude est forte et perçue comme durable, l’investissement en pâtira du fait du manque de visibilité : la  
baisse de confiance est la goutte qui fait déborder le vase. Il s’ensuit des répercussions sur les embauches, la confiance et la consommation des  
ménages. Pour l’instant, les enquêtes de conjoncture ne vont pas dans ce sens, mais le nombre croissant d’entreprises exprimant leur inquiétude est  
un rappel utile de ce qui est en jeu.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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