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Face à l’arrêt brutal de l’économie mondiale, la politique économique agit coûte que coûte

Eco week 20-11 // 20 mars 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
FACE À L’ARRÊT BRUTAL DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE AGIT COÛTE QUE COÛTE  
Les données récentes sur l’activité et la demande en Chine montrent l’ampleur du choc de l’épidémie de coronavirus.  
Les attentes des entreprises allemandes, qui ont connu une baisse mensuelle sans précédent en mars, en sont une  
autre illustration. La chute du prix du pétrole agit comme un frein supplémentaire à la croissance et accroit le risque  
de crédit. Le renforcement du dollar US préoccupe les émetteurs de pays émergents dont la dette est libellée en  
dollars. Malgré l’action rapide des grandes banques centrales et l’annonce d’un soutien budgétaire de plus en plus  
massif dans divers pays, les marchés boursiers ont à peine réagi. Le manque de visibilité domine.  
sionnante. La Réserve fédérale américaine a ramené le taux des fonds  
fédéraux à zéro, redémarré son programme de quantitative easing et  
lancé un programme de rachat de papier commercial. La BCE a lancé un  
programme d’urgence d’achat d’obligations de 750 milliards d’euros qui  
durera jusqu’à la fin de l’année. L’administration et le Congrès améri-  
cains préparent un plan de relance de USD 1,3 trillion (soit 6,5 % du PIB).  
«
Arrêt brutal ». Jusqu’à tout récemment, ces mots se référaient à un  
arrêt soudain des flux de capitaux privés vers les économies émergentes.  
Dans le contexte épidémique actuel, ils s’appliquent aussi à la demande  
et à l’activité économique, comme en témoigne la baisse mensuelle sans  
précédent des attentes des entreprises allemandes d’après l’enquête  
IFO.  
Plusieurs pays européens ont également pris des mesures pour soutenir  
les ménages et les entreprises. Pour la zone euro, le plus important est la  
Les dernières données concernant la Chine en fournissent une autre il-  
lustration : en janvier-février, la production industrielle a chuté de 13,5  
%
%
par rapport à 2019, les ventes au détail réelles ont diminué de 23,5 flexibilité dont la BCE fait maintenant preuve. Citons sa présidente : « les  
et les investissements de 24,5 %. Dans le cas où cela serait encore achats seront effectués de manière flexible. Cela permet des fluctuations  
nécessaire, ces données nous rappellent la quasi-impossibilité d’éva- dans la répartition des flux d’achat au fil du temps, entre les catégories  
luer l’ampleur de ce freinage de l’activité qui résulte, après tout, d’un  
choc exogène et non économique. Cela explique pourquoi, malgré l’ac-  
tion massive et rapide des grandes banques centrales et l’annonce d’un  
soutien budgétaire de plus en plus massif dans divers pays, les marchés  
boursiers ont à peine réagi. Au mieux, la baisse des cours a ralenti de  
façon significative, ce qui est compréhensible compte tenu de leur chute  
depuis les sommets atteints récemment et de la réaction de la politique  
économique.  
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d’actifs et entre les pays. » . On ne saurait être plus clair.  
William De Vijlder  
CLIMAT DES AFFAIRES (IFO, ALLEMAGNE) ET MARCHES FINANCIERS  
Attentes des chefs d'entreprises*(é.g.)  
Variations mensuelles en % (é.d.)  
La poursuite de la forte baisse des prix du pétrole cette semaine ne fait  
qu’empirer les choses. En temps normal, une baisse entraîne un trans-  
Indice, 2015 = 100, ajustement saisonnier  
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10  
10  
105  
5
0
100  
fert de pouvoir d’achat des producteurs aux consommateurs : les pre-  
miers dépensent moins, les derniers davantage. Cependant, aujourd’hui  
la demande n’est pas en mesure de réagir de façon significative en raison  
des confinements et des interdictions de voyager, y compris à l’étranger.  
Ainsi, l’effet négatif domine de loin : pression sur les budgets des pays  
exportateurs de pétrole, risque croissant de défaillance de certaines so-  
ciétés pétrolières fortement endettées aux États-Unis. Compte tenu de  
leur poids dans l’indice, cela peut à son tour créer un effet de contagion  
sur le marché à haut rendement car les investisseurs décident de réduire  
leur exposition à la catégorie d’actifs.  
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9
8
8
7
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0
5
0
5
-
5
-10  
-15  
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992  
1996  
2000  
2004  
2008  
2012  
2016  
2020  
*
Manufacturier, commerce et construction  
Eurostoxx50  
SP500  
Indice, 31/12/2019 = 100  
110  
1
1
05  
00  
9
9
8
5
Enfin, le récent raffermissement généralisé du dollar complique la si-  
tuation des entreprises dans les pays émergents, compte tenu de leur  
endettement en dollar. Non seulement elles font face à une baisse de  
leurs exportations vers les économies avancées, mais l’appréciation du  
dollar exerce une pression sur leur qualité de crédit.  
0
5
80  
7
7
5
0
65  
données jusqu’au 17 mars  
6
0
janv. 20  
févr. 20  
mars 20  
La réaction en termes de politique économique a été rapide et impres-  
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Déclaration de Christine Lagarde, présidente de la BCE, au Financial Times, 19 mars 2020  
SOURCES : IFO, DATASTREAM, BNP PARIBAS  
La propagation de l’épidémie de coronavirus déclenche un "arrêt  
soudain" de l’économie mondiale, mais des mesures monétaires  
et budgétaires massives devraient atténuer l’impact.  
La banque  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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