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Hausse du risque budgétaire

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Eco Emerging // 4 trimestre 2021  
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MALAISIE  
HAUSSE DU RISQUE BUDGÉTAIRE  
Alors que la situation politique s’est légèrement stabilisée avec la nomination d’un nouveau Premier ministre, le  
contexte économique s’est dégradé. La propagation du Covid-19 à partir du mois d’avril a contraint le gouvernement  
à imposer de nouveaux confinements entraînant une contraction de l’activité au T2 2021. La situation ne devrait guère  
s’améliorer avant le T4 avec la levée des restrictions sanitaires grâce à l’accélération de la campagne de vaccination.  
Pour tenter de soutenir la croissance, le gouvernement a multiplié les plans de soutien à l’économie alors que les  
recettes étaient inférieures à la cible annuelle sur les sept premiers mois de l’année. Selon le gouvernement, le déficit  
budgétaire pourrait ainsi atteindre entre 6,5% et 7% du PIB et rester bien au-dessus des niveaux enregistrés avant  
l’épidémie, au cours des deux prochaines années. Le gouvernement a annoncé qu’il demanderait le relèvement du  
plafond de la dette au Parlement en octobre. Même si l’État central se refinance facilement sur le marché domestique,  
il fait face à une baisse structurelle de ses recettes et à une augmentation de la charge d’intérêt.  
CONTRACTION DE L’ACTIVITÉ AU T2 2021  
Après avoir enregistré une contraction de l’activité de 5,6% en  
PRÉVISIONS  
2
020, la croissance en Malaisie devrait être beaucoup plus modeste  
qu’initialement anticipé. Le rebond épidémique au sein d’une population  
alors peu vaccinée a interrompu la reprise.  
2
019  
2020  
2021e  
2022e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, var. annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
4.4  
-5.6  
-1.2  
-6.2  
62.1  
4.2  
4.1  
5.6  
Le pays a été fortement touché par la dernière vague épidémique  
de Covid-19, laquelle a débuté en avril et s’est accentuée en juin.  
Les restrictions imposées, dès le mois de mai, par le gouvernement  
0.9  
2.3  
0.4  
-3.4  
52.4  
3.5  
-6.1  
66.3  
3.1  
-3.8  
67.9  
3.0  
Dette du gouvernement % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
(
fermeture des commerce non essentiels, limitation des déplacements  
inter-régionaux) et renforcées en juin avec la fermeture d’entreprises  
de certains secteurs d’activité et l’instauration d’un taux maximum de  
présence des employés de 60% dans les secteurs toujours en activité en  
dépit de l’épidémie ont généré une forte baisse de la demande intérieure  
et une hausse du taux de chômage (+0,3pp à 4,8% en juin). Ainsi, au  
T2 2021, l’activité économique s’est contractée de 2% en données CVS  
par rapport au trimestre précédent. La consommation des ménages  
et les investissements des entreprises ont reculé de 10,7% et 7,5% t/t  
respectivement alors que les exportations sont restées dynamiques.  
Dette externe, % du PIB  
62.6  
100  
5.7  
67.6  
100  
6.2  
73.2  
104  
5.7  
74.0  
106  
5.6  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
E: ESTIMATIONS ET PRÉVISIONS  
TABLEAU 1  
SOURCE : BNP PARIBAS RECHERCHE ECONOMIQUE GROUPE  
La croissance du T3 sera affectée par les contraintes sanitaires qui  
étaient encore en vigueur aux mois de juillet et août dans la majorité  
des États, dont Kuala Lumpur et Johor qui représentent à eux deux  
INDICATEURS D’ACTIVITÉ  
1
00=Déc. 2019  
Ventes au détail  
Production industrielle  
2
6% du PIB. La production industrielle s’est contractée de 6% en juillet  
1
1
1
20  
10  
00  
90  
par rapport au mois précédent. Les ventes au détail ont légèrement  
rebondi par rapport au mois de juin mais elles restent inférieures à ce  
qui prévalait sur l’ensemble du deuxième trimestre. Les ventes dans  
les commerces de gros ont continué de baisser. Selon l’enquête PMI,  
l’activité dans l’industrie se sont contractées de nouveau au mois d’août  
pour le troisième mois consécutif, même si l’indice PMI a enregistré un  
léger rebond à 43,4 (au-delà de 50, l’activité accélère).  
Néanmoins, l’accélération de la campagne de vaccination (près de 63%  
de la population était vaccinée fin septembre 2021 contre moins de 1%  
début avril) a permis un allègement des contraintes sanitaires, ce qui  
laisse espérer un rebond sensible de la consommation des ménages  
au T4 2021. Sur l’ensemble de l’année 2021, la croissance devrait  
atteindre de 4,1% selon le consensus des économistes.  
8
0
0
7
60  
50  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
2021  
GRAPHIQUE 1  
SOURCE : CEIC  
LE PLAFOND DE LA DETTE RELEVÉ POUR LA DEUXIÈME FOIS  
publiques pourraient se détériorer davantage pour l’année en cours.  
En juin, le ministère des Finances a révisé à la hausse son déficit de  
Les finances publiques se sont fortement dégradées. Sur l’ensemble 5,4% du PIB initialement, à 6,5-7% compte tenu du ralentissement de  
de l’année 2020, le déficit budgétaire a atteint 6,2% du PIB contre la croissance induite par la nouvelle vague épidémique et des mesures  
seulement 3,3% en moyenne au cours de la période 2015-2019. Par de soutien budgétaires.  
DEPUIS LE DÉBUT DE LA CRISE SANITAIRE  
ailleurs, en dépit d’un retour à la croissance en 2021, les finances  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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Sur les huit premiers mois de l’année 2021, alors même que le gou-  
vernement affiche un objectif de recettes budgétaires particulièrement  
faible pour cette année (15,1% du PIB contre une moyenne de 17% sur  
la période 2015-2019), celles-ci n’ont atteint que 58% de la cible an-  
nuelle.  
Cette baisse s’explique par l’absence de dividende exceptionnel versé  
par Petronas, lequel était à l’origine de 4,4% des recettes en 2020 (0,7%  
du PIB). Le gouvernement cherche en effet à réduire sa dépendance aux  
revenus du pétrole, en forte hausse depuis la suppression de la taxe sur  
les biens et services en 2018.  
Dans le même temps, alors que le gouvernement avait initialement  
prévu une hausse des dépenses budgétaires de 1,1 point de  
pourcentage (pp) par rapport à 2020, elles ont déjà excédé leur cible  
annuelle (fixée à 20,5% du PIB) sur les huit premiers mois de l’année.  
Dans son budget initial, le gouvernement avait prévu des dépenses  
liées à l’épidémie de Covid-19 d’un montant supérieur à 1% du PIB.  
Mais avec la propagation de l’épidémie et les mesures de confinement,  
cette somme a été réajustée à la hausse. Entre les mois de mars et juin  
FINANCES PUBLIQUES  
Somme sur 12 mois en % du PIB  
Solde budgétaire (é.g.)  
Recettes  
0
26  
-1  
Dépenses  
24  
-
-
-
-
-
2
3
4
5
6
22  
20  
18  
16  
14  
-7  
-8  
-
9
12  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
2021  
2
021, le gouvernement a annoncé l’adoption de quatre programmes  
GRAPHIQUE 2  
SOURCES : MOF, CEIC  
budgétaires complémentaires (d’une valeur totale de RM 225 mds soit  
1
6% du PIB) dont l’impact direct sur le budget devrait toutefois être  
limité à 2% du PIB.  
Sur les huit premiers mois de l’année, le déficit a presque été  
entièrement financé par le marché domestique. Le gouvernement  
n’a eu aucune difficulté à émettre des obligations même si les taux  
d’intérêt sont en hausse depuis le début de l’année (les rendements  
des obligations à dix ans ont augmenté de 50 points de base sur les  
huit premiers mois de 2021).  
LA SITUATION POLITIQUE POURRAIT ÊTRE MOINS INS-  
TABLE  
Depuis les élections de 2018, la situation politique est instable, la coa-  
lition au pouvoir, composée de plusieurs petits partis, ne bénéficiant  
que d’une très faible majorité au Parlement. La démission en février  
Dans un tel contexte, le ratio de dette rapportée au PIB a continué  
de se dégrader sur la première moitié de l’année 2021. La dette du  
gouvernement fédéral (hors garanties du gouvernement et dette  
de 1MDB) s’élevait à 64,3% du PIB au T2 2021 (62% du PIB selon la  
définition retenue pour le calcul du plafond fixé par le Parlement),  
soit 12pp de plus que fin 2019. Par ailleurs, en incluant toutes les  
expositions contingentes, l’ensemble de la dette publique atteindrait  
2
020, du Premier ministre, Mahathir Mohamad, n’a fait que renforcer  
l’instabilité. Après 18 mois de tensions politiques dans un contexte de  
crise sanitaire, Muhyiddin Yassin, nommé par le roi suite au départ de  
Mahathir Mohamad, a finalement été contraint de démissionner, lui  
aussi, en août 2021, car il ne bénéficiait plus du soutien d’une partie de  
l’Organisation nationale de l’unité des malais (UMNO).  
L’arrivée d’un nouveau Premier ministre, Ismail Sabri Yaakob, le 20 août  
dernier, pourrait restaurer une certaine stabilité, au moins à court-  
terme. Bien que cette nomination marque le retour de l’UMNO (dirigé  
par Anwar Ibrahim), le parti politique au pouvoir de 1957 à 2018, le  
nouveau Premier ministre ne disposera toujours que d’une très faible  
majorité au Parlement (il a obtenu le soutien de 114 voix sur 220).  
Aussi, pour parvenir à adopter les mesures de soutien à l’économie, le  
premier ministre vient de signer un protocole d’accord avec le principal  
bloc d’opposition, le Pakatan Harapan (HP) qui dispose de 88 sièges. Cet  
accord porte sur le plan de soutien mais aussi sur l’indépendance de  
la justice et la réforme parlementaire. Un tel accord devrait permettre  
d’assurer une certaine stabilité au moins pendant plusieurs mois. Les  
prochaines élections auront lieu en 2023. il n’est néanmoins pas exclu  
que des élections anticipées se tiennent d’ici là.  
9
1,3% du PIB, selon nos estimations.  
Le ratio de dette (tel que défini par le Parlement) étant supérieur au  
seuil légal fixé à 60% du PIB, le gouvernement va demander en octobre  
prochain son relèvement de 5 pp à 65% du PIB, pour la deuxième fois  
depuis la crise de la Covid-19. Le gouvernement présentera par la  
même occasion son budget 2022. Or, il prévoit de continuer à mener  
une politique budgétaire expansionniste pour atténuer les effets  
de l’épidémie de Covid-19. La consolidation des finances publiques  
sera, une fois encore, reportée. Le financemement des besoins du  
gouvernement ne constitue pas, à ce jour, un problème. Le marché  
domestique local étant abondant, le gouvernement n’a pas besoin  
d’émettre sur les marchés internationaux. Ainsi, fin juin 2021, la dette  
du gouvernement était détenue à près de 76% par les résidents et  
libellée presque exclusivement en monnaie locale. En revanche, la  
hausse, depuis 2018, de la charge d’intérêts est une source d’inquiétude  
car cela réduit les marges de soutien du gouvernement à l’économie.  
Sur les six premiers mois de l’année, elle a représenté 17% des recettes  
Achevé de rédiger le 30 septembre 2021  
Johanna MELKA  
johanna.melka@bnpparibas.com  
(
contre seulement 11% il y a cinq ans).  
La banque  
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qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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