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Pandémie de COVID-19 et marchés actions américains

Eco week 20-19 // 15 mai 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
PANDÉMIE DE COVID-19 ET MARCHÉS ACTIONS AMÉRICAINS  
Les commentaires de Jerome Powell sur ce qu’il adviendrait si la récession venait à se prolonger ont considérablement  
pesé sur les marchés actions américains. Historiquement, les récessions s’accompagnent de fortes baisses des  
cours boursiers. Le recul observé depuis le début de l’année, relativement limité, est sans commune mesure avec  
l’effondrement de l’activité. Le soutien monétaire et budgétaire massif a induit une réévaluation de la distribution des  
risques, expliquant dans une large mesure le rebond des marchés actions. L’attention se concentre désormais sur les  
perspectives de résultats des entreprises, d’où l’importance du débat sur la configuration de la reprise.  
Quand le président de la Fed s’exprime, Wall Street tend l’oreille. soutien votées par le Congrès américain avoisinent 14 % du PIB. Pour  
Le recul marqué des marchés actions américains, dans le sillage reprendre les mots mêmes de Jerome Powell : « Alors que le choc éco-  
des commentaires de Jerome Powell du 13 mai dernier sur ce qu’i1l nomique du coronavirus apparaît d’une ampleur inégalée, la réponse  
adviendrait si la récession venait à se prolonger, en a été l’illustration.  
budgétaire a aussi été la plus rapide et la plus puissante jamais appor-  
Il est frappant que ses propos aient eu davantage d’impact que la tée face aux récessions depuis la guerre. » Ceci ne sera probablement  
publication de très mauvaises données économiques ou que les pas sans impact sur les anticipations de croissance, ne serait-ce qu’en  
mises en garde de grands gérants de fonds quant au niveau élevé des réduisant le risque de scénarios extrêmes.  
valorisations.  
Un troisième facteur est lié spécifiquement à la distribution des risques.  
Historiquement, les récessions s’accompagnent de retracements Durant 2019 et au début de 2020, les enquêtes ont montré que les  
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baissiers majeurs des marchés actions (cf. Graphique 1). Dans chefs d’entreprise américains estimaient le risque de récession éle-  
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ce contexte, le recul de cette année apparaît limité. Il est, en tous vé à l’horizon prévisible. Partant du principe que les marchés actions  
cas, sans commune mesure avec l’effondrement de l’activité et des chutent en période de récession, on peut en conclure que l’équilibre  
dépenses, ou encore avec l’envolée du chômage. Comment expliquer des risques tendait plutôt vers une baisse : la probabilité d’une baisse  
cette situation en apparence anormale ?  
Un premier facteur évident est l’assouplissement massif de la politique  
monétaire. La Réserve fédérale a clairement décidé de ne pas « rechi-  
gner sur les moyens ». En particulier, sa décision de rachat de papier  
émis par des sociétés a considérablement réduit le risque de défail-  
lance de nombreuses entreprises, ce qui a – par ricochet – contribué  
à soutenir le sentiment boursier. La baisse des rendements d’État va  
dans le même sens. En outre, l’assouplissement quantitatif peut inciter  
les investisseurs à rééquilibrer leurs portefeuilles, avec un impact po-  
sitif sur le cours des actions.  
ÉTATS-UNIS : ÉVOLUTION DU SP500 ET PÉRIODES DE BAISSE  
SP500, baisse en % depuis le pic (é.g.)  
LOG(SP500 Composite)  
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10  
20  
30  
40  
3.6  
3.4  
3.2  
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2.8  
2.6  
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Deuxième facteur possible, la politique budgétaire. Les mesures de  
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« Une récession prolongée et une reprise peu dynamique seraient suscepꢀbles de décourager  
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.4  
l’invesꢀssement des entreprises et leur expansion, limitant plus encore le rebond de l’emploi, ainsi  
que la croissance du stock de capital et le rythme des avancées technologiques. Cela pourrait dé-  
boucher sur une longue période de faibles gains de producꢀvité et de stagnaꢀon des revenus. »  
Source : discours prononcé par Jerome H. Powell, Président de la Réserve fédérale américaine, le  
2.2  
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-50  
-60  
1
.8  
1
2
3 mai 2020 au Peterson Insꢀtute for Internaꢀonal Economics de Washington D.C.  
Un retracement baissier (drawdown) est défini comme le pourcentage de baisse des marchés  
depuis leur dernier pic.  
Le graphique est établi à parꢀr des données mensuelles. Les données journalières montrent  
en grisé, périodes de récession  
85 90 95 00 05  
1.6  
65  
70  
75  
80  
10  
15  
20  
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un retracement important mais pas extrême (-34 % entre le 19 février et le 23 mars). Toutefois,  
après le rebond, le S&P500 se traite aujourd’hui 16 % en deçà de son plus haut niveau historique  
SOURCES : STANDARD & POOR'S, NBER, BNP PARIBAS  
(source : Bloomberg).  
Wall Street a rebondi dans le sillage de l’annonce d’un programme  
de relance massif et d’une réévaluation de la distribution des  
risques. Désormais, l’attention se concentre entièrement sur les  
perspectives de résultats des entreprises, d’où l’importance du  
débat sur la configuration de la reprise.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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importante était plus forte que celle d’une hausse de même ampleur.  
Considérant la baisse des marchés depuis la pandémie, et compte tenu  
de la réponse des politiques monétaire et budgétaire, on est en droit  
de penser que le risque est aujourd’hui moins asymétrique qu’au début  
de l’année.  
ISM MANUFACTURIER DURANT LES PÉRIODES DE RÉCESSION  
(
DÉBUT RÉCESSION = M0)  
7
6
0
5
juil.53  
Quatrième facteur possible, les incertitudes entourant la récession. On  
s’interroge notamment sur son ampleur et sa durée, ainsi que sur la  
vigueur de la reprise qui suivra. Comme le montre le Graphique 2, les  
récessions peuvent varier considérablement dans leur durée comme  
dans leur ampleur. Cette dernière se mesure ici par l’indice manufac-  
turier ISM, un indicateur très approximatif mais qui permet la prise  
août 57  
avr.60  
60  
5
5
déc.69  
nov.73  
jan.80  
50  
4
4
5
0
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en compte des données de la récession actuelle. Si l’on considère le  
juil.81  
postulat selon lequel le bas de cycle est atteint lorsque les indicateurs  
d’activité amorcent un redressement, la récession en cours devrait être  
de très courte durée : la contraction a été induite par le confinement, et  
la reprise devrait démarrer avec le déconfinement progressif. Il découle  
de ce dernier point que l’incertitude habituelle concernant la durée de  
la récession devrait être moins élevée que par le passé, ce qui autorise  
les investisseurs à regarder davantage « de l’autre côté de la vallée »,  
et s’intéresser moins aux profondeurs de la récession.  
juil.90  
35  
mar.2001  
déc.2007  
jan.2020  
3
2
0
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m0 m2 m4 m6 m8 m10 m12 m14 m16 m18  
SOURCES : ISM, NBER, BNP PARIBAS  
Ces divers facteurs contribuent à expliquer le comportement observé  
des marchés actions, sans toutefois permettre de prévoir leur orienta-  
tion. Compte tenu de la faiblesse des rendements d’État, qui devraient  
probablement augmenter avec la reprise économique, l’attention des  
investisseurs devrait dorénavant se focaliser principalement sur les  
perspectives bénéficiaires des entreprises. Ceci explique la réaction des  
marchés à l’avertissement lancé par Jerome Powell quant aux consé-  
quences négatives à plus long terme d’une reprise qui s’avérerait atone.  
William De Vijlder  
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On suppose que le cycle économique a aꢁeint son pic fin 2019. Le comité de dataꢀon des  
cycles économiques du NBER annonce les dates de fin de cycle avec un décalage considérable.  
La banque  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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