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Pandémie de Covid-19 et marché du travail

Eco week 20-13 // 3 avril 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
PANDÉMIE DE COVID-19 ET MARCHÉ DU TRAVAIL  
Dans la zone euro, la composante « emploi » des indices des directeurs d’achats (PMI) est en baisse, tandis qu’aux  
États-Unis les demandes initiales d’allocation chômage ont grimpé en flèche. Les entreprises ont besoin de souplesse  
pour gérer leur base de coûts, mais la perte de revenu des ménages, en cas de hausse du chômage, agirait comme un  
vent contraire pour la reprise une fois le confinement terminé. Aux États-Unis, le gouvernement fédéral complétera  
les indemnités de chômage qui varient d’un État à l’autre. En Europe, plusieurs pays ont pris des mesures pour faci-  
liter le chômage partiel dans les entreprises, tout en limitant l’impact sur les ménages.  
Les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 sont de variables. À un moment donné, elles pourraient être contraintes pour  
plus en plus visibles jour après jour. Cette semaine, l’indice IHS Markit des raisons financières de réduire leurs coûts fixes, y compris des em-  
PMI composite pour la zone euro a enregistré sa plus forte baisse plois. Le comportement des ménages en matière de dépenses pendant  
mensuelle, atteignant un creux historique de 29,7. C’est la chute de le confinement, mais aussi une fois que les choses seront revenues à  
l’indice des services qui entraîne l’indicateur global, le PMI du secteur la normale, dépendra beaucoup du fait qu’ils aient, ou non, un emploi  
manufacturier faisant preuve d’une certaine résilience.  
et s’ils peuvent espérer le garder dans les mois à venir. Ainsi, en raison  
de la hausse du chômage et de la peur de perdre son poste, une crise  
sanitaire temporaire finirait par avoir un impact négatif durable sur  
l’économie.  
La composante ‘emploi’ de cet indicateur des directeurs d’achats  
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accuse aussi une forte baisse, la plus marquée depuis juin 2009 .  
Cela a de quoi inquiéter étant donné sa corrélation avec les créations  
d’emploi et, avec retard, les dépenses des ménages. Aux États-Unis, les Même lors d’une récession ordinaire, la dynamique du marché du tra-  
conditions du marché du travail se détériorent très rapidement. Après vail peut expliquer pourquoi certaines reprises prennent du temps. Une  
avoir atteint 3 millions la semaine dernière, le nombre de demandes façon d’y remédier est d’avoir recours au chômage partiel. Après la  
initiales d’allocation de chômage a grimpé en flèche, atteignant récession de 2008-2009, celui-ci a connu une hausse significative dans  
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millions cette semaine.  
plusieurs pays européens, bien que le niveau absolu soit resté bas :  
environ 3% en Allemagne et en Italie, moins de 1% en France.  
Le US Congressional Budget Office (CBO) prévoit une forte contraction  
de l’économie au deuxième trimestre avec un taux de chômage qui  
dépasserait les 10%. Loretta Mester, la présidente de la Réserve  
fédérale de Cleveland, a déclaré que le chômage pourrait finir par se  
situer entre 15% et 30% aux Etats-Unis. Il s’agirait d’une augmentation  
spectaculaire par rapport aux 4.4% atteint en mars, mais certaines  
estimations sont beaucoup plus sombres : d’après une estimation de  
ZONE EURO : INDICE COMPOSITE DES DIRECTEURS D'ACHATS  
PMI Composite  
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la Réserve fédérale de Saint-Louis , selon l’impact du confinement  
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sur différents secteurs et catégories professionnelles, au deuxième  
trimestre 2020 47 millions de personnes pourraient perdre leur emploi,  
ce qui porterait le taux de chômage à 32 %.  
Pour le prix Nobel Paul Krugman, « nous entrons dans l’équivalent  
économique d’un coma artificiel dans lequel certaines fonctions cé-  
rébrales sont délibérément arrêtées pour donner au patient le temps  
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de guérir. » En attendant le réveil, il faut toutefois continuer de payer  
les factures et les salaires. Larry Summers l’a très bien dit : « le temps  
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économique s’est arrêté, mais pas le temps financier. » Appliqué aux  
entreprises, cela signifie que leurs revenus diminuent ou disparaissent  
complètement du fait du confinement, et il en va de même des coûts  
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2000  
2004  
2008  
2012  
2016  
2020  
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Source: IHS Markit Eurozone Composite PMI® – final data, communiqué de presse, 3 avril  
020.  
Back-of-the-Envelope Estimates of Next Quarter’s Unemployment Rate, Miguel Faria-e-  
SOURCES : MARKIT, BNP PARIBAS  
Castro, Federal Reserve Bank of St Louis, mars 2020  
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Paul Krugman, Notes on Coronacoma Economics, 31 mars 2020  
Larry Summers sur Bloomberg TV, 6 mars 2020  
Il est difficile d’envisager, après le confinement, une accélération  
durable de la croissance si un grand nombre de ménages subit une  
importantepertederevenusparrapportàlasituationpré-pandémique.  
La banque  
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qui change  
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Aux États-Unis, où congédier des collaborateurs coûte moins cher aux entreprises, le pourcentage de salariés en chômage partiel était resté  
négligeable. Le chômage partiel permet de conserver son emploi, ce qui a l’avantage, au-delà de l’intérêt financier, de réduire l’incertitude. En  
outre, les entreprises peuvent reprendre progressivement leurs activités lorsque les choses s’améliorent sans avoir à consacrer du temps et  
de l’argent à de nouveaux recrutements.  
Dans la crise actuelle, cette approche est encore une fois très largement adoptée en Allemagne. En mars, l’Office fédéral de l’emploi (OFE) a  
reçu environ 470 000 demandes d’entreprises. Cela signifie que 13,5 % des entreprises allemandes ont demandé à mettre en place du chômage  
partiel. En 2019, la moyenne mensuelle était de 1 300. En février 2020, le nombre de demandes d’entreprises atteignait 1 900. Confrontée à  
cette forte hausse, l’OFE a adapté ses procédures afin d’accélérer l’approbation des demandes.  
Plusieurs autres pays européens ont pris des mesures pour faciliter le recours des entreprises au chômage temporaire ou partiel tout en ai-  
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dant financièrement les ménages . Aux États-Unis, dans le cadre du Coronavirus Aid, Relief, and Economic Security Act (CARES), l’État fédéral  
transférera, sous forme de crédit d’impôt ou extensions de droits, quelque USD 630 mds aux ménages américains. Aussi chacun d’entre eux  
recevra-t-il, sous condition de revenu, un « chèque » d’un montant maximum de USD 3 000. Les indemnités chômage, variables selon les États  
mais qui, en moyenne, se montent à USD 300 par semaine, seront augmentées d’une part fédérale de USD 600 par semaine, pour une période  
de quatre mois devant s’achever le 31 juillet 2020.  
Si le confinement dure plus longtemps que prévu, ou si la création d’emplois prend du temps après le déconfinement, un soutien plus impor-  
tant sera nécessaire : il est, en effet, difficile d’envisager une accélération durable de la croissance si un grand nombre de ménages subit une  
importante perte de revenus par rapport à la situation pré-pandémique.  
William De Vijlder  
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La liste des différentes mesures prises se trouve dans notre EcoFlash Covid-19 : mesures prises par les banques  
centrales, les gouvernements et les institutions internationales, BNP Paribas.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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