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EcoEmerging// 4 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Egypte  
Performance mitigée du commerce extérieur  
Bien que toujours largement déficitaire, la balance commerciale s’est sensiblement améliorée depuis 2017. Elle a bénéficié du  
redressement des exportations d’hydrocarbures, alors que la forte dépréciation de la livre égyptienne n’a eu que des conséquences  
limitées sur les échanges de biens hors hydrocarbures. Une grande partie des importations sont incompressibles, tandis que des  
contraintes structurelles pèsent sur le potentiel exportateur du pays. De plus, la réappréciation de la livre depuis un an est  
défavorable à la compétitivité prix. Des mesures de soutien aux exportations sont mises en place, mais nous restons prudents  
quant aux possibilités d’une amélioration significative du commerce extérieur à moyen terme.  
En 2016, l’Egypte était dans une impasse économique dramatique.  
1
- Prévisions  
En plus d’une détérioration significative des finances publiques, le  
creusement du déficit courant et l’absence d’entrées de capitaux ont  
conduit l’économie au bord de l’asphyxie en raison du manque de  
devises disponibles. Le développement accéléré de la production  
gazière et le retour de la confiance des investisseurs dans le cadre  
d’un programme de réformes, soutenu par le FMI, ont permis une  
amélioration spectaculaire des comptes extérieurs. Le déficit  
courant s’est fortement réduit et la liquidité en devises est de  
nouveau à un niveau acceptable.  
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017  
2018 2019e 2020e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, var. annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB 1  
Dette du gouv. central, % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
4,2  
23,3  
-10,4  
103  
-6,1  
41  
5,3  
21,5  
-9,5  
93  
5,6  
13,4  
-8,6  
89  
5,8  
10,4  
-6,7  
88  
-2,4  
37  
-2,7  
33  
-3,0  
31  
Dette externe, % du PIB  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
Taux de change USDEGP (fin d'année)  
31  
44  
44  
43  
5,5  
7,2  
6,8  
6,2  
Cependant, les performances du commerce extérieur ont été  
décevantes en 2017/18 et 2018/19. Malgré la dépréciation de moitié  
de la livre suite à la libéralisation du marché des changes en  
novembre 2016, le solde commercial reste lourdement déficitaire  
18,1  
17,9  
16,7  
17,4  
Années budgétaires du 1er juillet de l’année t au 30 juin de l’année t+1  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
(
2
respectivement USD 37,3 mds et USD 38 mds en 2017/18 et  
018/19).  
2- Solde commercial  
Amélioration en demi-teinte  
USD milliards  
Hors hydrocarbures  Hydrocarbures  
L’amélioration des comptes extérieurs du secteur des  
hydrocarbures est significative depuis deux ans. Tandis que son  
déficit s’élevait à USD 5,4 mds en 2016/17, les données provisoires  
pour 2018/19 affichent un excédent symbolique de USD 8 millions.  
Depuis octobre 2018, le solde gazier est redevenu positif. Les  
exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) ont repris grâce à la mise  
10  
0
-10  
1
en production du champ gazier Zohr et ont atteint, selon JODI , 500  
-20  
3
mm en moyenne mensuelle au S1 2019 après un arrêt total en  
-
30  
40  
2
014 et 2015. Par ailleurs, les importations de GNL ont cessé  
3
depuis novembre 2018 après avoir atteint 740 mm en moyenne  
mensuelle en 2017. Si le pays reste largement importateur net de  
produits pétroliers, le déséquilibre s’est réduit depuis deux ans. En  
moyenne, les exportations ont triplé depuis 2016 pour atteindre  
-
09/10 10/11 11/12 12/13 13/14 14/15 15/16 16/17 17/18 18/19p  
Sources : BCE, BNP Paribas  
0
,127 million de barils par jour (mb/j) au premier semestre 2019,  
tandis que les importations se sont réduites de 9% en moyenne  
durant la même période (0,293 mb/j en S1 2019). Il semble que la  
hausse du prix du pétrole au cours de l’année fiscale 2018/19 (+8%  
pour le Brent) ait eu des conséquences plutôt positives étant donné  
la hausse du volume des exportations de pétrole.  
Les exportations ont été pratiquement stables en valeur en 2017/18  
et 2018/19 après avoir progressé de plus de 10% les deux années  
précédentes. Si on considère la forte hausse des exportations  
d’hydrocarbures en volume (+10% pour le pétrole et dérivés, +240%  
pour le GNL) et la progression de 11% des exportations totales de  
biens en volume, calculée par le FMI , on peut estimer que le  
volume des exportations non pétrolières se soit contracté en  
2018/19. De leur côté, les importations ont continué de progresser  
2
Le bilan est pour le moment beaucoup moins flatteur concernant le  
solde commercial de l’économie hors hydrocarbures. Son déficit a  
atteint le niveau record de USD 38 mds en 2018/19, équivalant à  
12,7% du PIB.  
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Joint Oil Data Initiative  
World Economic Outlook, octobre 2019  
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economic-research.bnpparibas.com  
régulièrement depuis 2016/17. Elles sont pour une large part  
incompressibles, tant du côté des biens d’équipement que des  
biens de consommation. Elles ont augmenté de 9% en valeur en  
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- Taux de change réel contre USD  
Indice 2007=100  
2
017/18 et 2018/19.  
 Egypte ▪▪▪ Maroc  Turquie  
1
80  
Des contraintes multifactorielles  
160  
La raison la plus évidente des performances décevantes des  
exportations hors pétrole est la hausse des coûts de production qui  
a suivi le flottement de la livre égyptienne. La forte hausse du coût  
des importations et les augmentations salariales généralisées, dans  
un contexte d’inflation galopante, n’ont pas permis aux exportateurs  
de profiter du gain de compétitivité prix.  
140  
120  
100  
80  
60  
40  
2
0
Plus généralement, même si l’on sait que les effets positifs d’une  
forte dépréciation du change sur les exportations sont limités dans  
le temps, une comparaison internationale effectuée par la Banque  
0
janv.-16 juil.-16 janv.-17 juil.-17 janv.-18 juil.-18 janv.-19 juil.-19  
3
mondiale a souligné la faible élasticité des exportations  
Source : BNP Paribas  
égyptiennes à une forte dépréciation du taux de change. Selon cette  
étude, le positionnement des biens exportés en termes de  
caractéristiques et de destination géographique ne favorise pas leur  
intégration dans le commerce mondial. Environ 25% des  
exportations de biens sont à destination des pays arabes dont le  
commerce international est parmi les moins dynamiques. En  
moyenne, la croissance en volume des importations des pays  
arabes étaient de 1,6% entre 2014 et 2018 (+3,3% au niveau  
mondial). Les difficultés politiques en Afrique du Nord, notamment  
en Libye, et le faible dynamisme économique des pays du Golfe ont  
affecté les exportateurs égyptiens. A contrario, l’Asie, qui est la  
zone économique la plus dynamique (+4,2%), ne reçoit que 10%  
des exportations égyptiennes.  
1
0% du montant des exportations et sera lié à certains critères afin  
de favoriser les PME ou encore les exportations vers le reste du  
continent africain.  
 Perspectives mitigées  
La balance commerciale des hydrocarbures devrait continuer à  
s’améliorer à court terme avec la poursuite des exportations de GNL.  
Cependant, étant donné la hausse continue des besoins  
énergétiques intérieurs, seule la mise en production d’un nouveau  
champ gazier important pourrait empêcher le solde énergétique de  
redevenir négatif d’ici 2 à 3 ans.  
Concernant le solde commercial du secteur des biens hors  
hydrocarbures, les perspectives restent mitigées et nous ne  
prévoyons pas d’amélioration significative. A court terme,  
l’appréciation de la livre couplée à la baisse tendancielle de  
l’inflation devrait réduire la compétitivité des exportations  
égyptiennes. Le taux de change réel de la livre s’est apprécié de  
De plus, le contenu technologique des principales exportations est  
limité. Il s’agit principalement de produits extractifs bruts  
(
hydrocarbures, minéraux, produits agricoles) ou de produits  
manufacturiers à faible contenu technologique (textile, biens  
alimentaires). Par ailleurs, les avantages comparatifs égyptiens4  
sont concentrés sur des marchés faiblement porteurs (coton,  
engrais, tabac et oléagineux). Seules les exportations  
d’équipements électriques, d’huiles essentielles et de fruits et  
légumes se situent sur des marchés en croissance au niveau  
mondial. Or, elles ne représentent qu’un peu plus de 15% des  
exportations égyptiennes.  
47% depuis fin 2016 tandis qu’il s’est déprécié de 12% en Turquie  
et est resté pratiquement stable au Maroc. Etant donné la  
dynamique légèrement moins favorable des comptes externes à  
horizon d’une année et malgré la volonté de la banque centrale de  
contenir l’inflation, la livre devrait se déprécier modérément à court  
terme. Par ailleurs, les perspectives du commerce mondial sont  
négativement orientées à court terme.  
Selon la Banque mondiale, les barrières non tarifaires, telles que les  
contraintes administratives, les obligations techniques et sanitaires  
ou encore le manque d’infrastructures, affectent l’ensemble du  
commerce extérieur égyptien et constituent une contrainte au  
dynamisme des exportations.  
Les investissements directs étrangers (IDE) pourraient être un  
moyen de faire face aux contraintes structurelles pesant sur les  
exportations égyptiennes, en permettant notamment de monter  
dans les chaînes de valeur internationales. Quelques  
multinationales se sont d’ailleurs récemment installées en Egypte.  
Cependant, les entrées d’IDE hors hydrocarbure sont pour le  
moment bien en deçà des espérances.  
Le gouvernement a récemment relancé sa politique de soutien aux  
exportations par un certain nombre de mesures mises en place par  
le fonds de développement pour les exportations : soutien financier  
direct, avantages fiscaux et fourniture de services (formation,  
communication). Au total, ce soutien pourrait représenter environ  
3
Egypt Economic Monitor, July 2019  
Définis par le fait que la part des exportations d’un produit dans les  
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exportations totales d’un pays est supérieure à sa proportion dans le commerce  
mondial.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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