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EcoEmerging// 3 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Slovénie  
Perspectives favorables  
L’activité économique a rebondi significativement en 2017, notamment grâce à l’investissement productif et au dynamisme des  
exportations. A court terme, la consommation privée devrait aussi être un soutien important à la croissance. Dans ce contexte  
favorable et grâce à la modération des dépenses, l’équilibre budgétaire a été atteint et la dette publique est en baisse. Cette  
tendance devrait se poursuivre au moins à court terme, avec notamment la réduction du service de la dette. La situation du secteur  
bancaire s’améliore même si l’activité de crédit reste faiblement dynamique. Les principaux facteurs de vulnérabilité de la Slovénie  
sont liés aux perspectives économiques en zone euro, et à l’incertitude politique qui fait suite aux élections de juin dernier.  
Une croissance économique soutenue  
1-Prévisions  
A l’image des autres pays des Balkans occidentaux, la croissance  
2016 2017 2018e 2019e  
économique slovène a été soutenue en 2017. Le PIB réel a crû de  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation,HICP, var. annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
Dette du gouvernement , % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
Dette externe, % du PIB  
3,1  
-0,2  
-1,9  
79  
5,0  
1,6  
0,0  
74  
4,7  
1,9  
0,5  
69  
3,6  
2,0  
0,4  
65  
5
% (+3,1% en 2016) grâce au rebond de l’investissement productif  
(
(
+10,3%, principalement en biens d’équipement) et des exportations  
+10,6%). L’économie slovène, qui dispose d’un marché intérieur  
réduit (2,1 millions d’habitants), a bénéficié du cycle favorable de  
ses principaux marchés d’exportation. Plus de la moitié de ses  
exportations sont destinées à la zone euro (19% vers l’Allemagne),  
et une majeure partie des biens exportés sont à haute valeur  
ajoutée (notamment des biens d’équipement et des produits  
pharmaceutiques), et bénéficient de marchés de niche. La part de la  
haute technologie dans le total des exportations de biens est  
passée de 9,3% en 2007 à 11,8% en 2017. Grâce à ce  
positionnement spécifique et à la modération des salaires réels (au  
moins jusqu’au S1 2017), la Slovénie a regagné les parts de  
marché à l’exportation perdues après la crise de 2008. Entre 2007  
et 2012, la part de marché slovène dans le commerce mondial avait  
chuté de 20%, et de 5% dans le commerce intra-européen.  
5,2  
6,4  
6,6  
99  
5,2  
96  
106 105  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Contributions à la croissance du PIB  
PIB réel en g.a., % et contributions en p.p  
Consommation  Investissement  Exportations nettes  PIB  
6
4
2
0
2
Etant donné les perspectives économiques un peu moins favorables  
en zone euro en 2018, la croissance slovène pourrait légèrement  
ralentir (4,7%) mais devrait rester soutenue. La croissance  
enregistrée au cours du T1 2018 ne montre pas de réel signe de  
fléchissement (+4,9% en rythme annuel). La baisse continue du  
taux de chômage (8,3% de la population active en avril 2018 contre  
-
-4  
-6  
10,8% fin 2016) et la hausse des salaires devraient stimuler la  
2011  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
consommation intérieure. Les salaires réels sont clairement repartis  
à la hausse depuis le T4 2018 (+3,3% a/a en moyenne par rapport  
à 1.8% en 2016). Par ailleurs, la progression du crédit aux ménages  
Source : BNP Paribas  
baisse du chômage, certaines tensions sont apparues sur le marché  
du travail, et le taux d’emplois vacants par rapport au nombre de  
chômeurs est en hausse. Ceci pourrait favoriser une hausse des  
coûts salariaux dans certains secteurs.  
(
+6% g.a. en mai 2018) devrait être un autre élément de soutien de  
la demande des ménages. Une des principales incertitudes  
concernant les perspectives de la demande intérieure est liée à  
l’évolution des dépenses publiques. Les difficultés du parlement  
nouvellement élu à former une majorité en vue d’un gouvernement  
sont plutôt des facteurs de modération des dépenses budgétaires. A  
contrario, le cycle électoral en cours (des élections locales sont  
prévues en novembre 2018) pourrait favoriser un regain  
d’investissements publics.  
Amélioration sensible des finances publiques  
Après plusieurs années de déficits importants (6% du PIB en  
moyenne entre 2012 et 2016), l’équilibre budgétaire a été atteint en  
017. Le solde primaire, positif depuis 2015, a atteint 2,5% du PIB  
2
en 2017. L’accélération de la croissance a eu un effet positif sur  
l’ensemble des revenus fiscaux (+6,5% en nominal), et plus  
particulièrement sur les recettes de la fiscalité des entreprises, dont  
le taux d’imposition sur les bénéfices est passé de 17% à 19%.  
Cependant, c’est surtout la modération des dépenses budgétaires  
qui a ramené le budget à l’équilibre. En 2017, les dépenses  
Dans ce contexte d’accélération de la croissance, l’inflation est  
restée faible (1,6% en moyenne en 2017), proche de la moyenne de  
la zone euro. La progression attendue de la consommation privée et  
l’augmentation des prix de l’énergie devraient modérément accroître  
les pressions inflationnistes en 2018 et 2019. Par ailleurs, avec la  
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budgétaires totales étaient équivalentes à 43% du PIB contre 50%  
en 2014. L’investissement public avait baissé de 50% en 2016 et a  
progressé de 13% en 2017. Les fonds européens ont permis cette  
modération des dépenses d’investissement. Par ailleurs,  
l’amélioration des fondamentaux économiques et une gestion active  
de la dette ont permis une baisse du service de celle-ci. De 3,2% du  
PIB en 2014 et 2015, le service de la dette a atteint 2,5% du PIB en  
3
- Crédit bancaire  
g.a. en %  
Gouvernement central Entreprises non financières Ménages  
60  
4
0
0
0
2
017. A court terme, le budget pourrait être légèrement en excédent  
2
grâce aux bonnes perspectives de croissance et à une baisse de la  
charge d’intérêt.  
Dans ce contexte favorable, la dette du gouvernement s’est réduite  
(
de 83% du PIB en 2015 à 74% en 2017) mais reste élevée. Elle est  
-20  
inférieure à la moyenne de la zone euro (91,5% du PIB en 2017).  
Cette orientation à la baisse devrait se poursuivre (65% en 2019)  
grâce aux excédents budgétaires primaires et à une croissance  
économique soutenue. La dette du gouvernement inclut les  
émissions liées à la constitution de la structure de défaisance des  
actifs bancaires en difficulté et la constitution d’un matelas de  
liquidités. En effet, le gouvernement a saisi l’opportunité d’un coût  
de financement favorable pour se constituer une réserve de  
liquidités équivalente à environ 12% du PIB. Par ailleurs, les  
garanties du gouvernement envers les secteurs financier et non  
financier sont en déclin. Elles équivalaient à 15% du PIB en 2017  
par rapport à 23% en 2013.  
-40  
2011  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
2018  
Source : BNP Paribas  
continue de s’améliorer. Tandis que les dépôts des agents non  
bancaires représentaient environ 50% des ressources bancaires  
totales en 2011, elles s’élevaient à 73% en février 2018.  
Etant donné une meilleure conjoncture économique, des  
effacements de dette et des transferts au BAMC, la qualité des  
actifs bancaires s’améliore. Cependant, le ratio des créances  
douteuses reste à un niveau assez élevé (6,9% à fin 2017 selon la  
BCE). Celles-ci sont principalement concentrées sur le portefeuille  
de prêts aux PME.  
En 2017, la dette du gouvernement était libellée à 88% en euros et  
à 12% en dollars. Afin de réduire le service de la dette (ainsi que le  
coût de la protection contre le risque de change), le gouvernement  
réduit la dette en USD en l’échangeant contre des titres en euros.  
Selon le ministère des Finances, le service de la dette externe  
Les perspectives économiques slovènes sont favorables mais  
restent vulnérables à un certain nombre d’éléments. La hausse des  
taux d’intérêt en zone euro aura a priori des conséquences limitées.  
L’endettement des entreprises est modéré. Même si l’Etat continue  
de supporter une dette élevée, le processus de baisse de la charge  
de la dette ne devrait pas être remis en cause. La conjoncture  
européenne est une autre source d’incertitude, et la Slovénie serait  
négativement affectée par un ralentissement du commerce intra-  
européen. Enfin, l’incertitude politique actuelle obscurcit quelque  
peu l’horizon, même si la nécessité de bâtir une coalition  
gouvernementale assez large réduit le risque d’un brusque  
changement de la politique économique.  
(
intérêt et principal) atteignait 60% et 35% du service total en 2018  
et 2019 respectivement. Il sera significativement réduit à partir de  
020 et deviendra résiduel à partir de 2025.  
2
Rétablissement progressif du secteur bancaire  
Le secteur bancaire slovène a été fortement affecté par la crise  
financière de 2008 en raison notamment du niveau trop élevé de  
l’endettement des entreprises. Les trois plus grandes banques ont  
été recapitalisées et un volume important de créances douteuses a  
été transféré à une structure de défaisance (BAMC). Actuellement,  
la part de marché des banques publiques est de 44%. Le montant  
des créances douteuses logées au BAMC est estimé à EUR 5 mds,  
soit 12% du PIB.  
Le crédit intérieur était en progression de 3,9% (g.a.) en mai 2018,  
entraîné principalement par le crédit aux ménages (+6% a/a) qui  
représente environ 40% du crédit intérieur total. Après un retour en  
territoire positif dans la deuxième moitié de 2017, grâce à l’achat de  
biens d’équipement, le crédit aux entreprises est de nouveau en  
baisse (-1,7% g.a. en mai 2018). Pour le moment, les entreprises  
continuent de privilégier leurs ressources propres pour financer  
leurs investissements. Après les excès des années 2000,  
l’endettement des agents économiques atteint actuellement des  
niveaux raisonnables. Fin 2017, l’endettement des entreprises  
atteignait 49% du PIB (85% en 2009) et celui des ménages s’élevait  
à 27% du PIB. Du côté des ressources bancaires, leur structure  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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