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Politique monétaire et incertitude exogène versus endogène  
Un niveau élevé d’incertitude peut freiner la croissance ■L’assouplissement monétaire réussira-t-il à doper cette dernière? Cela dépend  
de la nature de l’incertitude. Si celle-ci est endogène, et découle donc de l’évolution normale du cycle conjoncturel, les baisses de taux  
devraient permettre de réduire cette incertitude en stimulant la confiance des agents économiques L’incertitude exogène est liée à  
d’autres facteurs que le cycle économique, tels que les tensions commerciales actuelles. Dans ce cas, l’efficacité de la politique monétaire  
est mise à mal et, malgré les baisses de taux, le ralentissement de la croissance devrait persister aussi longtemps que sa cause principale  
(
l’incertitude exogène) n’aura pas été traitée.  
On peut soutenir, sur le plan théorique comme sur le plan empirique, qu’un niveau  
d’incertitude durablement élevé freine la croissance économique. Il est alors possible  
de recourir à la politique monétaire pour enrayer le ralentissement et éviter ainsi qu’il  
ne se transforme en récession. Cependant, l’efficacité de l’assouplissement monétaire  
dépend de la nature de l’incertitude. Il en existe deux types. Tout d’abord, l’incertitude  
endogène qui résulte de l’évolution normale du cycle conjoncturel : le ralentissement  
économique suscite des interrogations sur ses causes, la durée de ce processus,  
l’ampleur du repli à venir de la croissance, son impact sur le revenu des ménages et  
les bénéfices des entreprises, etc. Une banque centrale crédible peut, grâce à un  
assouplissement suffisant de la politique monétaire, réduire le niveau d’incertitude. En  
effet, les agents économiques s’attendent à ce que les canaux de transmission  
monétaire jouent, en temps voulu, leur rôle. C’est ce type d’anticipation qui dope la  
confiance, encourage les ménages à accroître leurs dépenses, incite les entreprises à  
investir davantage, renforce la demande de crédit bancaire, etc. Résultat, l’incertitude  
endogène décroît, stimulant d’autant les dépenses.  
INCERTITUDE EXOGÉNE ET POLITIQUE MONÉTAIRE  
Incertitude  
exogène  
Ralentissement  
Incertitude  
endogène  
Assouplissement  
monétaire  
Baisse de  
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l’incertitude  
Reprise  
L’autre incertitude est de nature exogène. Celle-ci ne procède pas de l’évolution  
normale du cycle conjoncturel; elle est provoquée par d’autres facteurs tels que la  
géopolitique ou la politique économique. Les tensions commerciales, comme celle qui  
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Source : BNP Paribas  
oppose les États-Unis et la Chine depuis l’année dernière, en sont l’illustration. L’incertitude exogène a ses propres déterminants (ex. : tactique de  
négociation en matière de commerce international) quinfluence peu, voire pas du tout, l’évolution du cycle économique. Cela a d’importantes  
implications pour la politique monétaire dans le sens où la persistance de niveaux élevés d’incertitude neutralise les effets des baisses de taux,  
censées soutenir la confiance et déclencher un accroissement des dépenses. Après tout, quelle différence cela fait-il d’abaisser les taux directeurs de  
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5 points de base lorsque les entreprises et les ménages ne savent pas si, à terme, les droits de douane sur les importations seront relevés ou, suite  
à la conclusion d’un accord, abaissés? Ce même raisonnement vaut aussi pour d’autres exemples d’incertitude exogène, comme le Brexit. Du fait  
d’une moindre efficacité de la politique monétaire, il faut, pour enrayer le ralentissement de la croissance, commencer par en traiter les causes  
premières en prenant des décisions qui visent à réduire l’incertitude exogène.  
William De Vijlder  
Revue des marchés  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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