Perspectives

Pression sur la demande intérieure

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EcoPerspectives // 1 trimestre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
Belgique  
Pression sur la demande intérieure  
La croissance du PIB belge devrait ralentir à 0,8% en 2020, contre 1,3% en 2019. La demande intérieure, qui reste le principal moteur  
de l’économie, est partiellement contrebalancée par une contribution nette négative des échanges commerciaux. La consommation  
privée ralentit car, après quatre années de forte croissance, l'emploi augmente désormais à un rythme plus modéré. Soutenue par les  
dépenses publiques, la croissance des investissements, quant à elle, accélère. L'absence de gouvernement majoritaire a, par ailleurs,  
contribué à un nouveau dérapage budgétaire, ce qui constitue un risque majeur pour l'économie belge.  
La croissance économique belge s'est révélée remarquablement  
résistante, notamment au cours du deuxième semestre 2019. Tirée  
par la consommation privée, elle a été vigoureuse au troisième  
trimestre, et la confiance des consommateurs a connu un rebond  
modéré à la fin de l'année. La confiance des entreprises a poursuivi  
une hausse de quatre mois jusqu’à fin décembre, tandis que les  
investissements des entreprises ont maintenu le rythme de  
croissance enregistré en 2018. Les annonces récentes concernant  
un changement du régime fiscal flamand visant à soutenir  
laccession à la propriété sont à l’origine d’une volatilité du nombre  
de transactions au second semestre 2019. Ainsi, sur la base des  
chiffres actuels, il semble qu'une partie importante des transactions  
aient été avancées pour bénéficier de l'ancien régime.  
1
- Croissance et inflation  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
2,3  
2
,2  
2
,0  
1,5  
18  
1
,3  
1,2  
1
,1  
1,0  
0
,8  
0,9  
20  
1
7
19  
20  
21  
17  
18  
19  
21  
Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
Marché du travail  
Selon une étude récente de la BNB, les efforts de modération  
salariale n'ont que marginalement renforcé sa compétitivité-coût.  
Cet effet découle des caractéristiques particulières des flux  
d'exportation belges. Ceux-ci sont centrés sur les biens  
intermédiaires, avec un contenu technologique supérieur à la  
moyenne, et ces flux échangés entre entités de mêmes groupes  
multinationaux. Ils sont par conséquent beaucoup moins sensibles  
aux variations des coûts salariaux. L'étude souligne cependant le  
rôle à jouer des autorités belges à travers la promotion des  
exportations et l'élimination des barrières contraignantes.  
Le taux de chômage s'est établi à 5,6% en octobre 2019. Après une  
forte hausse entre 2014 et 2018, la création d'emplois a ralenti. La  
Banque nationale de Belgique (BNB) prévoit 169 000 nouveaux  
emplois entre 2019 et 2022, soit près d'un tiers de moins que lors  
les quatre années précédentes.  
Cette récente hausse a porté le taux d'emploi à 70% en 2018. Une  
nouvelle amélioration est attendue, mais l'objectif de 73,2% de la  
stratégie Europe 2020 restera hors de portée. L'intensité d'emploi  
de la croissance de l'activité devrait à nouveau baisser, après avoir  
augmenté ces dernières années. Le ralentissement de la croissance  
de l'offre de main-d'œuvre explique ce phénomène, les taux de  
vacance restant bien supérieurs à la moyenne de l'UE.  
La politique du gouvernement  
Tirées par les investissements des collectivités locales, les  
dépenses publiques ont fortement augmenté en 2019. Des  
dépenses publiques supplémentaires sont attendues en 2020 et  
D’après le Bureau fédéral du Plan, le mécanisme d'indexation des  
salaires entrera en vigueur en mars 2020. Ainsi, les transferts  
sociaux et les salaires des fonctionnaires augmenteraient de 2% au  
cours des deux mois suivants. Le pouvoir d'achat par habitant  
devrait augmenter d'environ 5% d'ici 2022 selon la BNB.  
2
021, pour financer un grand projet d'infrastructure près d'Anvers  
notamment.  
La dette publique s'est établie à un peu moins de 100% du PIB en  
2019, après une révision à la hausse du PIB dans le cadre d'une  
Prix et échanges commerciaux  
mise à jour majeure de la méthodologie de calcul des comptes  
nationaux. Le déficit budgétaire a atteint un plus bas d'après-crise  
de 0,7% en 2017 et 2018, et devrait se dégrader sensiblement à  
l'avenir. L'amélioration de ces 2 années résulte d’événements non  
récurrents, et l'absence d'un gouvernement majoritaire en 2019 a  
sans doute creusé le déficit de 2%. Les dépenses publiques  
augmentent, mais les recettes stagnent. Le Conseil supérieur des  
Finances prévoit des déficits supérieurs à ce niveau dans un avenir  
proche. Or, les dérapages fiscaux constituent un risque majeur pour  
l'économie belge.  
Parallèlement, les coûts salariaux repartent à la hausse, et leur  
croissance annuelle dépasse une fois de plus la moyenne de l'UE19.  
Au niveau national, cet effet ne devrait sans doute que partiellement  
gonfler l'inflation sous-jacente, le reste étant absorbé par des  
marges bénéficiaires plus faibles dans les entreprises.  
Pour une petite économie ouverte comme la Belgique, le niveau  
élevé des coûts salariaux constitue depuis longtemps une  
préoccupation majeure. La perte continue de parts de marché  
mondiales depuis le début du siècle a rendu le problème encore  
plus prégnant.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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