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EcoPerspectives // 3 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Suède  
Ralentissement de la croissance  
La croissance du PIB, robuste en 2018, devrait s’inscrire en baisse cette année. Le ralentissement de la croissance, qui touche les  
principaux partenaires commerciaux de la Suède, aura un effet négatif sur la dynamique des exportations, et le rythme modéré des  
créations d’emplois pèsera sur la consommation des ménages. Toutefois la diminution de l’investissement résidentiel devrait le plus  
fortement obérer la croissance de l’activité au cours des prochains mois. Le taux d’inflation s’approchera de la cible de 2% de la  
banque centrale d’ici la fin d’année, mais celle-ci devrait maintenir une politique monétaire accommodante au cours des prochains  
mois en raison des incertitudes entourant l’évolution de la situation économique.  
L’économie suédoise bénéfice d’un fort acquis de croissance du PIB  
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- Croissance et inflation  
pour 2019 grâce à une croissance de respectivement 1,2% t/t et  
,6% t/t au T4 2018 et T1 2019. Le taux de croissance du PIB,  
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Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
robuste entre 2014 et 2018, devrait toutefois s’inscrire en nette  
Prévision  
Prévision  
baisse cette année. De 2,3% en 2018, il devrait atteindre 1,8% en  
2,7  
2019 et un niveau comparable l’année suivante, soit un rythme  
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inférieur à son potentiel, de 2,1% g.a. en 2019 selon l’OCDE.  
2,1  
2,0  
1
,9  
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1,8  
1,7  
Une croissance obérée par la diminution de  
l’investissement résidentiel  
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,1  
Le ralentissement de la croissance au sein de la zone euro, en  
Norvège et aux Etats-Unis, les principaux partenaires commerciaux  
de la Suède, aura un effet négatif sur la dynamique des  
exportations au cours des prochains trimestres. L’ouverture de  
l’économie suédoise l’expose par ailleurs aux risques que font peser  
sur le commerce mondial les tensions commerciales entre les Etats-  
Unis et leurs partenaires commerciaux. De même, l’incertitude  
quant aux effets du Brexit, dont les modalités doivent encore être  
définies, sur le Royaume-Uni et le reste de l’Union européenne  
demeure. L’investissement en machines et biens d’équipement  
pâtira du ralentissement des exportations et de l’inquiétude des  
chefs d’entreprise, croissante selon les enquêtes de confiance.  
L’investissement résidentiel, qui souffre depuis l’été 2018 de la  
morosité du marché immobilier, continuera pour sa part à obérer la  
croissance au cours des prochains mois, après l'avoir fortement  
soutenue entre 2014 et 2017.  
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Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
que la dépréciation passée de la couronne suédoise, devraient  
également exercer des pressions haussières sur les prix à la  
consommation. Enfin, la progression, même modérée, des salaires  
devraient soutenir l’augmentation des prix à la consommation. La  
banque centrale de Suède, la Riksbank, qui a ramené son taux  
directeur de -0,5% à -0,25% en décembre 2018, devrait maintenir  
une politique monétaire accommodante. La Riksbank préfère en  
effet consolider la croissance de l’activité et des prix à la  
consommation. Elle souhaite par ailleurs ne pas fragiliser des  
ménages fortement endettés.  
Le ralentissement de la croissance ainsi que de nouvelles politiques  
budgétaires expansionnistes pèseront sur l’excédent budgétaire en  
2019, déjà en baisse en 2018 en raison d’une hausse des  
dépenses publiques. En effet, la Suède prévoit de réduire les  
cotisations sociales patronales et d’accroître ses dépenses dans le  
domaine de l’éducation, des services sociaux et de l’environnement.  
Elle continuera néanmoins à afficher un excédent budgétaire proche  
de 0,5% du PIB cette année (après +0,9% et +1,4% du PIB  
respectivement en 2018 et 2017). De même, le processus de  
réduction du ratio de la dette publique par rapport au PIB devrait se  
poursuivre. Celle-ci, de 38,8% en 2018, devrait se rapprocher de la  
limite de 35% que la Suède s’est imposée à partir de 2019, grâce à  
un excédent primaire, de bas taux d’intérêt et à une hausse du PIB  
nominal.  
Le rythme de croissance de la consommation privée devrait  
également ralentir en 2019. Le revenu disponible des ménages ne  
devrait en effet que légèrement progresser. Les salaires  
augmenteront probablement à un rythme légèrement plus soutenu.  
Le taux d’emploi a atteint un niveau historiquement élevé, et les  
tensions sur le marché du travail se sont accentuées au cours des  
derniers mois, la qualification des personnes actuellement sans  
emploi étant davantage en inéquation avec les postes à pourvoir.  
Toutefois, le rythme des créations d’emplois devrait ralentir en  
raison d’une croissance moindre de l’activité.  
Le léger repli du taux de croissance des prix à la consommation  
sera par ailleurs temporaire. Le taux d’inflation, de 2,1% g.a. en mai,  
devrait en effet légèrement diminuer jusqu’à l’automne en raison  
d’une progression plus modérée des prix de l’énergie cette année. Il  
devrait ensuite se rapprocher progressivement de sa cible de 2%.  
Les effets de base liés aux prix de l’énergie devraient en effet  
s’estomper. L’accélération des prix des aliments et des loyers, ainsi  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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