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EcoPerspectives // 4 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Finlande  
Ralentissement de la croissance  
La Finlande, qui n’avait retrouvé un certain dynamisme qu’en 2015, a vu sa croissance ralentir dès 2018. Celle-ci devrait à nouveau  
faiblir au cours des prochains trimestres. L’ouverture de son économie l’expose en effet à la détérioration de l’environnement  
économique mondial. L’investissement pâtira de la moindre progression des exportations et de l’incertitude liée aux politiques  
protectionnistes. En revanche, les ménages devraient bénéficier d’une plus forte progression des salaires. En effet, le taux de  
chômage, au plus bas depuis fin 2008, devrait continuer à reculer malgré la décélération du rythme des créations d’emplois.  
La croissance du PIB finlandais, en forte baisse en 2018 (de +1,7%  
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- Croissance et inflation  
contre +3% en 2017), devrait à nouveau ralentir cette année. Le PIB,  
en progression de 0,5% t/t aux premier et deuxième trimestres,  
devrait croître de près de 1,4% cette année et de 1,3 % en 2020.  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
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.0  
Prévision  
Prévision  
1.1  
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.2  
Un environnement international moins favorable  
1.2  
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1.3  
0.8  
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.4  
La Finlande continuera à récolter les fruits des réformes mises en  
0.4  
œuvre au cours de ces dernières années pour améliorer sa  
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compétitivité . Toutefois, son ouverture au commerce mondial  
l’expose aux politiques commerciales protectionnistes et au  
ralentissement de la croissance chez ses principaux partenaires  
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commerciaux, l’Allemagne particulièrement. La détérioration de la  
conjoncture internationale et la faiblesse de l’investissement à  
l’étranger qui en découle pèseront d’autant sur la dynamique des  
exportations de biens au cours des prochains mois, que près d’un  
tiers d’entre elles sont composées de biens d’équipement. En outre,  
l’incertitude quant aux effets du Brexit, dont les modalités doivent  
encore être définies, demeure.  
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Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
année, et les hausses de salaires devraient soutenir l’inflation  
jusqu’en 2020. Toutefois, ces pressions à la hausse demeureront  
contenues. Le taux de croissance des prix à la consommation, de  
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% g.a. en août, devrait par conséquent demeurer nettement en  
L’investissement non-résidentiel pâtira, au cours des prochains  
mois, de cette moindre progression des exportations.  
L’investissement résidentiel, qui a fortement soutenu l’activité entre  
deçà du seuil de 2% g.a. en 2019 et en 2020.  
La Finlande est parvenue, au cours des dernières années, à  
assainir ses finances publiques grâce à des mesures de  
consolidation budgétaire et au redressement de la croissance de  
l’activité. Elle devrait réduire légèrement son déficit budgétaire cette  
année encore (après -0,7% du PIB en 2018). La poursuite de la  
croissance et l’augmentation des taxes indirectes devraient en effet  
compenser la diminution de l’imposition des revenus et des  
cotisations de sécurité sociale. L’arrivée au pouvoir, en juin 2019,  
d’un gouvernement de coalition dirigé par le parti social-démocrate  
pourrait toutefois changer la donne à partir de 2020. Celui-ci,  
désireux de mettre fin à l’austérité, envisage, en effet, d’augmenter  
sensiblement les dépenses. Or, de nouvelles augmentations de  
taxes et des privatisations ne suffiront probablement pas à  
compenser totalement la hausse des dépenses au moment où la  
croissance ralentit. La dette publique, qui est repassée au-dessous  
du seuil de 60% du PIB en 2018 (à 58,9% du PIB), devrait à  
nouveau diminuer en 2019, grâce à un excédent primaire, de bas  
taux d’intérêt et à une hausse du PIB nominal. Elle pourrait ensuite  
diminuer plus lentement qu’escompté.  
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016 et le début 2018, devrait également croître plus modérément  
en raison du ralentissement de la hausse des prix immobiliers. La  
consommation privée des ménages devrait légèrement décélérer.  
Le rythme des créations d’emplois, soutenu en 2018 (de +2,7%  
g.a.), devrait en effet ralentir compte tenu du ralentissement de la  
croissance de l’activité. Les dépenses de consommation  
demeureront cependant un des principaux moteurs de la croissance.  
Le recul, même modeste, du taux de chômage devrait assurer une  
légère progression des salaires, longtemps contenue par l’accord  
«
Competitiveness Pact ». Les tensions sur le marché du travail se  
sont en effet accrues et le taux de chômage, de 6,6% en juillet, a  
rejoint un niveau proche de celui du NAWRU , soit 6,5% en 2019  
selon la Commission européenne. La progression du revenu  
disponible des ménages compensera vraisemblablement la très  
légère accélération du taux d’inflation. La hausse des taxes sur le  
tabac et les boissons devrait soutenir la hausse des prix cette  
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L’accord « Competitiveness Pact », conclu en 2016, entre le gouvernement et  
les partenaires sociaux a permis un allongement de 24 heures de la durée  
annuelle du temps de travail sans hausse de salaire, un gel des salaires en  
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017 et une diminution des cotisations sociales des employeurs.  
En 2018, 15,1% des exportations de biens étaient destinées à l’Allemagne.  
Le NAWRU (Non-Accelerating Wage Rate of Unemployment) est le taux de  
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chômage qui ne provoque pas d’accélération des salaires.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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