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EcoPerspectives // 4 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Éditorial  
Ralentissement de la croissance sur fond de montée des incertitudes  
La croissance marque le pas depuis le début de l’année, en zone euro, dans les pays en développement, mais pas aux États-Unis, où  
l’activité a bénéficié de baisses d’impôts considérables. Cette désynchronisation a entraîné une appréciation du dollar, notamment  
face aux devises émergentes, qui, pour certaines (peso argentin, livre turque) ont lourdement chuté. La croissance mondiale devrait  
encore décélérer en 2019, cette fois ci avec les Etats-Unis, où les effets de l’impulsion budgétaire se dissiperaient, tandis que ceux du  
resserrement monétaire apparaitraient. Même en l’absence de surenchère sur les droits de douane, l’investissement des entreprises  
américaines serait freiné et, avec lui, le commerce mondial.  
«
Vu les circonstances, difficile de faire mieux ! » : telle pourrait être  
PMI manufacturier et PMI services  
la conclusion des dernières prévisions de croissance du Fonds  
Monétaire International (FMI) pour les économies avancées (2,4 %  
en 2018 et 2,1 % en 2019, après 2,3 % en 2017). Peut-être la  
projection la plus importante est-elle celle relative à 2023, qui verrait  
la croissance américaine ramenée à 1,4 %. Il y aurait donc un  
important coup de frein par rapport au rythme de 3% actuel, qui  
marque une « surchauffe » en termes d’indicateurs du marché du  
travail et de prix des actifs, sinon de croissance des salaires et  
d’inflation. De quoi permettre à la Réserve fédérale de poursuivre  
son cycle de resserrement avec prudence, en fonction des données  
économiques, encourageant ainsi un fort appétit pour le risque chez  
les investisseurs. Le ralentissement prévu en 2019 et au-delà tient à  
un ensemble de facteurs : l’épuisement de l’impulsion budgétaire  
─ Zone euro ▪▪▪ Etats-Unis  Pays émergents  
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PMI manufacturier  
PMI services  
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dont l’économie n’avait pas véritablement besoin), la hausse des  
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2018  
taux d’intérêt, l’effet décalé de l’appréciation du dollar, le repli de la  
croissance bénéficiaire des entreprises, l’impact des hausses des  
tarifs douaniers (augmentation de l’inflation) et les mesures de  
représailles frappant les exportations. L’actuel bras de fer  
commercial avec la Chine implique des risques orientés à la baisse.  
Sources : Markit, BNP Paribas  
dernier rapport du FMI sur les perspectives économiques mondiales,  
montrent que les hausses de droits de douane et les mesures de  
représailles finissent par créer une situation « perdant-perdant ». Le  
mal pourrait être fait sans que dautres mesures se concrétisent. La  
simple crainte d’un échec des discussions entre les États-Unis et  
l’UE pèse déjà sur l’investissement allemand. La Chine, confrontée  
à un essoufflement de son activité économique, a dû faire face à  
des hausses de tarifs douaniers de la part des États-Unis. Cela ne  
fait qu’accroître les difficultés rencontrées par les autorités pour  
stimuler la demande intérieure en vue de compenser le  
ralentissement de la croissance des exportations.  
Alors que le cycle conjoncturel est arrivé à maturité aux États-Unis,  
il n’en va pas de même dans la zone euro,  l’expansion devrait se  
poursuivre malgré le comblement de l’output gap et la convergence  
du taux de chômage vers son niveau structurel. De fait, la  
progression du revenu disponible, à la faveur des créations  
d’emplois et de l’accélération de la hausse des salaires, devrait  
soutenir les dépenses de consommation tandis que la facilité  
d’accès au financement, la croissance bénéficiaire et l’augmentation  
des taux d’utilisation des capacités créent un contexte propice à  
l’investissement des entreprises. Pour autant, la dynamique du  
cycle conjoncturel s’est essoufflée. La plupart des indicateurs de  
confiance se situent, actuellement, en deçà de leur point haut de la  
fin de 2017. Le secteur de la construction fait figure d’exception et  
les services affichent également une bonne tenue. Dans l’industrie  
manufacturière, toutefois, le recul a été plus marqué. Quoi qu’il en  
soit, compte tenu d’une base de départ élevée, les niveaux actuels  
des indicateurs ressortant des données d’enquêtes indiquent  
toujours une croissance supérieure au potentiel.  
Nervosité des marchés  
L’essoufflement de la croissance en Chine n’est pas de bon augure  
pour ses partenaires commerciaux, en particulier, les pays en  
développement. Plusieurs d’entre eux ont déjà connu une chute de  
leur monnaie, provoquant un mélange inconfortable entre hausse  
de l’inflation, resserrement monétaire, et écartement des spreads.  
La nervosité des marchés ne s’est pas limitée aux pays en  
développement. En effet, les dernières semaines ont aussi marqué  
un rebond de la volatilité sur les marchés obligataires et les  
marchés actions aux États-Unis, rappelant l’envolée déjà  
enregistrée en février dernier. Ce régime de volatilité élevée, s’il  
devait persister, constituerait un autre facteur susceptible de peser  
sur les perspectives de croissance.  
Risque protectionniste  
La zone euro est une économie ouverte ; aussi a-t-elle pâti, en 2018,  
de la décélération du commerce mondial. Elle est aussi, de ce fait,  
fortement exposée aux menaces protectionnistes venant des Etats-  
Unis. Les simulations réalisées à partir de modèles, comme dans le  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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