EcoWeek

Rééquilibrage difficile

Eco week 21-28 // 19 juillet 2021  
economic-research.bnpparibas.com  
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BAROMÈTRE  
CHINE : RÉÉQUILIBRAGE DIFFICILE  
La croissance économique a atteint 7,9% en glissement annuel (g.a.) au T2 2021, contre 18,3% au T1 2021. Cette normalisation – qui concerne  
les taux de croissance de l’activité de tous les secteurs et de toutes les composantes de la demande – était largement anticipée étant donné  
les effets de base beaucoup moins favorables constatés depuis le printemps. Elle explique la contraction de la zone bleue par rapport à la zone  
en pointillés sur notre baromètre. En glissement trimestriel corrigé des variations saisonnières, la croissance du PIB réel est passée de 0,4% au  
T1 2021 à 1,3% au T2 (données du Bureau statistique chinois), un léger rebond qui relativise le dynamisme de l’activité. En effet, le redressement  
de l’activité dans les services et de la consommation privée se poursuit mais reste fragile. Le secteur des services a néanmoins retrouvé un taux  
de croissance supérieur à celui de l’industrie depuis le mois de mars. L’activité dans les services a ainsi progressé de 8% en g.a. au T2 2021 (contre  
1
5,6% au T1) ; dans l’industrie, elle a progressé de 7% en g.a. au T2 (contre 24,4% au T1).  
Au cours des dernières semaines, les autorités se sont montrées plus prudentes dans la normalisation (i.e. le resserrement) de la politique  
économique, reconnaissant que la base du redressement de l’activité depuis un an reste déséquilibrée. Sur le plan monétaire, elles viennent  
même de réduire les coefficients de réserves obligatoires de 50 points de base pour l’ensemble des institutions financières (la baisse, effective au  
1
5 juillet, est la première depuis quinze mois). Cette mesure vise à maintenir des niveaux de liquidité domestique suffisamment confortables pour  
encourager une baisse des coûts de financement et soutenir, en particulier, le redressement des PME et des microentreprises. Par conséquent,  
la croissance des crédits totaux à l’économie, qui a ralenti depuis le mois d’octobre 2020, pourrait se stabiliser à très court terme, tirée par les  
prêts bancaires.  
Sur le plan budgétaire, la priorité est donnée à l’ajustement des comptes publics tout en maintenant les aides aux entreprises les plus fragiles. La  
modération des dépenses publiques s’est ainsi principalement traduite par un ralentissement marqué de l’investissement dans les infrastructures  
au cours des derniers mois. Au contraire, l’investissement manufacturier, qui a redémarré tardivement l’an dernier, semble enfin jouer le rôle  
de moteur de l’investissement intérieur. Il devrait continuer de se redresser au S2 2021, stimulé par le dynamisme des exportations (qui  
ont augmenté de 30% en g.a. au T2 2021), par des taux d’utilisation des capacités de production très élevés et l’amélioration des profits des  
entreprises.  
Christine Peltier  
CHINE : ÉVOLUTION TRIMESTRIELLE DES INDICATEURS  
Production industrielle  
Moyenne mobile sur 3 mois (actuel)  
3
2
1
0
.0  
.0  
.0  
.0  
-
-- Moyenne mobile sur 3 mois (il y a 4 mois)  
PMI services  
Ventes au détail  
-
-
-
1.0  
2.0  
3.0  
PMI manufacturier  
-4.0  
Exportations  
Inflation IPC  
Importations  
Investissement  
SOURCES : NBS, BNP PARIBAS  
Les indicateurs du radar sont transformés en « z-scores » (écarts par rapport à la valeur moyenne de long terme exprimée en écart-type). Ces z-scores ont une moyenne de zéro  
et leur valeur fluctue ici entre -4 et +3. Sur le radar, la zone en bleu indique les conditions économiques actuelles. Elle est comparée aux conditions 4 mois auparavant (pointillés).  
Un élargissement de la zone bleue indique une amélioration de l’indicateur d’activité.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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